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Critique de théâtre«Après la vague», l’amour nimbé de mélancolie

Saisissante, la nouvelle pièce de Mélanie Chappuis tient l’affiche du 2.21, dans une mise en scène d’Anne Vouilloz. Monotone.

François Karlen et Mali Van Valenberg dans le rôle de Juan et d’Anna, dans «Après la vague».
François Karlen et Mali Van Valenberg dans le rôle de Juan et d’Anna, dans «Après la vague».
ANNE VOEFFRAY

Un homme, une femme. Une rencontre dans un hangar décati, dans une lumière blafarde, quelque part en Argentine. Sur le sol, des débris et les feuilles mortes d’un lierre racontent le délabrement. Mais Juan et Anna ont perdu bien plus que leurs richesses dans la crise financière. Comment aimer, séduire, désirer quand l’opulence et l’apparat d’hier ne sont plus que souvenirs? Sous la plume de Mélanie Chappuis, les deux protagonistes d’«Après la vague», pièce de théâtre tout juste parue aux Éditions BSN Press, nouent un habile dialogue amoureux, où le marivaudage des premiers instants cède le pas à un tango de séduction empreint de nostalgie.

Elle, brûlante, passionnée, obnubilée par l’urgence de vivre: «M’enivrer et me sentir magnifiquement et douloureusement vivante pour oublier… la vieillesse… et la mort.» Lui, homme de tempérance et de raison, figé dans ses anticipations inquiètes: «S’enivrer comme vous dites y conduit, à la mort. On peut finir broyé de passion.» Ondoyant, jouant sur le «tu» et le «vous», laissant poindre les affres de la jalousie, leur jeu de séduction prendra un tour inattendu. «Tu as mêlé jeu et réalité, reproche Anna, pour que je ne puisse plus défaire le vrai du faux.»

Hélas, les mots de Mélanie Chappuis perdent de leur résonance sur le plateau du Théâtre 2.21 à Lausanne. La langueur subtile et nuancée du dialogue se fait monotonie dans la mise en scène d’Anne Vouilloz. La sève ne monte pas. Et si Mali Van Valenberg, vêtue d’une robe aux couleurs d’automne, délivre une prestation touchante dans le rôle d’Anna, François Karlen récite trop son texte et peine à convaincre en Juan. Dommage, car la scénographie et la création lumières habillent la scène d’une atmosphère trouble, qui n’attendait qu’à laisser éclore le texte de Mélanie Chappuis.

Lausanne, Théâtre 2.21
Jusqu’au 4 oct.
www.theatre221.ch

1 commentaire
    Isabelle Naggar

    Madame, Monsieur,

    Je suis particulièrement outrée de la critique faite par Mme N. Rossel sur cette magnifique pièce "Après la vague" au Théâtre 2.21.

    Commencer un article avec le mot SAISISSANTE et le terminer avec des jugements gratuits, injustifiés et si peu constructifs, qui n'ont été écrits visiblement que dans le but de descendre en flèche tout un travail d'équipe... me désole.

    Je ne vois pas là un travail de journalisme... mais bien celui d'un sabotage gratuit.

    A l'heure où tout l'Univers de l'art souffre de la crise il me semble qu'un minimum de retenue, de soutien et d'objectivité seraient plus adéquats.

    Je tiens à dire qu'il y a longtemps que je n'ai été aussi touchée et émue par un spectacle... tant par le texte, la mise en scène et les comédiens, et je sais que nous étions nombreux dans ce cas.

    Quel dommage de payer un abonnement pour votre journal qui cautionne et rétribue un article pareil...

    Il est clair que dorénavant je serai plus attentive à la signature du journaliste...

    Et je terminerai cette réflexion par une grande invitation à tous à aller voir cette magnifique pièce et se faire sa propre opinion...

    Bien à vous,

    Isabelle Naggar