ItalieAprès le choc du séisme, l'évaluation des dégâts
Les secours commençaient jeudi d'évaluer les dommages liés aux deux secousses de la veille et de prendre en charge la population traumatisée.
Un puissant séisme, le deuxième en deux mois dans le centre de l'Italie, a provoqué mercredi soir d'importants dégâts et jeté à la rue des milliers de personnes. Les autorités cherchent à reloger les sinistrés deux mois seulement après la catastrophe d'Amatrice.
A deux heures d'intervalle, deux secousses d'une magnitude de 5,5 et 6,1, selon l'institut américain de géologie USGS, ont été enregistrées près de Visso (province de Macerata). L'Italie a craint un bilan aussi lourd que celui du 24 août à Amatrice (près de 300 morts). Le séisme de l'été dernier avait été d'une magnitude de 6,0.
Pas de disparu
Au grand soulagement des secouristes, aucune personne n'a été portée disparue. Les urgences des hôpitaux de la région de Visso, située à quelques dizaines de kilomètres au nord des localités détruites au mois d'août, n'ont reçu que quelques dizaines de personnes pour des blessures légères ou des malaises. «Vu la force des secousses, c'est miraculeux», a estimé le ministre de l'intérieur Angelino Alfano.
Selon Mario Tozzi, expert de l'Institut de géologie environnementale et géo-ingénierie du Conseil national de la recherche, ces secousses n'étaient pas des répliques du précédent séisme mais plutôt l'un de ces «doublés du centre des Apennins» qui frappent régulièrement la région (séismes par deux). Il est «impossible d'exclure» un autre tremblement de terre dans les semaines ou mois à venir, selon lui.
Ces secousses ont fait trembler tout le centre de l'Italie, jusqu'à Rome, où de nombreuses personnes sont sorties dans les rues.
«Apocalyptique»
Dans la nuit et sous la pluie, la protection civile a pris en charge de nombreux sinistrés, même si beaucoup ont préféré rester dans leur voiture, paniqués qu'ils étaient par la puissance et la fréquence des répliques, dont les plus puissantes sont montées jusqu'à 4,6.
«Le séisme a été très fort, apocalyptique, les gens hurlaient dans les rues, il n'y avait pas de lumière», a décrit Marco Rinaldi, le maire d'Ussita, un village perché à 600 mètres d'altitude. A 5 km en contrebas, les 2/3 des bâtiments de la commune voisine de Visso «ne sont plus utilisables», selon son maire Giuliano Pazzaglini.
«Hier au moment de la deuxième secousse, mon épouse et moi avons eu à peine le temps de sortir avant que la maison ne s'écroule», a encore témoigné un septuagénaire qui avait restauré une maison du XVe siècle dans le centre de Visso. «Mon épouse était pétrifiée, elle voyait les pierres tomber autour d'elle», a-t-il ajouté, choqué.
Expatriés à 80 km
De nombreux experts ont commencé à mener une première évaluation des dégâts avec l'aide de drones ou d'hélicoptères. Un millier de pompiers équipés de 450 engins de secours étaient déployés.
Le conseil des ministres a débloqué 40 millions d'euros (43,4 millions de francs) pour la zone touchée et a élargi l'état d'urgence déjà proclamé dans cette région en août dernier.
Le gouvernement a aussi promis que tous les bâtiments endommagés ou détruits seraient reconstruits. Dans l'urgence, il a invité les sinistrés à accepter d'être hébergés dans des hôtels sur la côte adriatique, à environ 80 km de Visso.
Il fait trop froid en cette saison dans les régions de moyenne montagne dans le centre de l'Italie pour envisager de maintenir des camps de toile autour des villages. A moyen terme, des villages de bois sont envisagés, mais leur construction prendra des mois.
Gare aux chacals
Les autorités réfléchissent à des systèmes de navettes pour permettre tout de même aux sinistrés de circuler et surtout pour rassurer ceux qui redoutent des pillages dans les maisons vides.
Domenico Ciaffaroni, le maire de Montefortino, une commune située sur l'autre versant du massif et qui avait été touchée par le séisme du 24 août, avait les nerfs à vif jeudi. Ces secousses «ont fini de détruire ce qui avait été abîmé», a-t-il dit à la presse. Avant d'ajouter: «Les gens commencent à craquer».
Par mesure de précaution, les écoles de la région étaient fermées jeudi. Plusieurs petits hôpitaux ont été évacués, tout comme une résidence universitaire, une maison de retraite et même une prison.
AFP
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