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Budget de l’État de VaudAprès quinze ans dans les chiffres noirs, le Canton prévoit une année 2021 dans le rouge

Le projet du budget de l’État est déficitaire de 163 millions. Est-ce à cause de la pandémie? «Oui et non», répond le ministre des Finances.

Un budget «crédible et solide», estime Pascal Broulis, avant d’ajouter: «Mais nous n’avons aucune lisibilité sur ce qui va se passer.» Pour la première fois depuis quinze ans, le Canton a présenté mardi un projet de budget avec un déficit. Ce trou de 163 millions peut-il être imputé à la pandémie? Le chef du Département des finances a une réponse de Normand: «Oui et non. Il n’y a pas de coût direct lié à la seconde vague dans ce budget et la première est entièrement financée en 2020, développe le ministre des Finances. En revanche on observe un ralentissement sur le revenu des impôts.»

350 postes créés

Le total des charges prévues en 2021 s’établit à 10,38 milliards. L’augmentation des dépenses de fonctionnement est maîtrisée (+2,29%). La hausse était de +2,43% dans le budget précédent. Le Canton accompagne sa croissance démographique, notamment avec l’allongement de l’enveloppe pour formation. L’État prévoit la création de 350 postes, dont 223 nouveaux enseignants. Pour le reste, comme à son habitude il saupoudre un peu partout: social (+49 millions), accueil de jour des enfants (+8 millions), environnement et énergie (+12 millions), etc.

De l’autre côté, l’État espère engranger 10,22 milliards en 2021. Soit une «faible hausse» de 94 millions par rapport à budget 2020. Pour rappel, en 2019 (dernière année pour laquelle nous avons les comptes) l’exercice s’est finalement soldé par une entrée d’argent de 10,48 milliards, alors que le budget 2019 tablait sur des revenus à hauteur de 9,77 milliards.

Plus précisément, l’État projette de récolter 5,85 milliards de recettes fiscales 2021. Soit 57 millions de moins que le budget 2020. Ce n’est pas une surprise. Une baisse d’impôt (un point du coefficient cantonal) était prévue avant la crise et elle est maintenue pour 2021. «Si nous étions pessimistes par rapport à la situation actuelle, nous aurions dû abaisser les prévisions des recettes du groupe impôts de 500 à 600 millions», note Pascal Broulis, pourtant réputé prudent en la matière.

Juste sous la barre du frein à l’endettement

En effet, comme il le rappelle «construire un budget dans un contexte aussi mouvementé n’est pas évident». Mais on sait compter, au Département des finances: le déficit annoncé se situe juste sous la barre des 170 millions. Au-delà de cette limite, le mécanisme du frein à l’endettement se déclenche, comme le prévoit l’article 165 de la Constitution. Avec 163 millions de déficit, on reste dans les clous du «petit équilibre». Les recettes permettent de couvrir les charges avant amortissement. Ce budget devra néanmoins être adopté à la «majorité absolue» du Grand Conseil.

40 mesures pour 466 millions

Le ministre des Finances a profité de la présentation du budget pour faire le point de la situation sur les sommes engagées dans la crise du Covid-19. Le Canton a pris plus de 40 mesures depuis le début de la pandémie, pour un «montant total de 466 millions». «Un demi-milliard pour six semaines de confinement, je n’ai jamais vu ça de ma vie», s’émeut Pascal Broulis. En mars dernier, l’État avait modifié en catastrophe les écritures de bouclement des comptes 2019 pour allouer déjà 403 millions à la crise.

Le gros de la somme va dans la santé et le social (206 millions) et dans l’économie (150 millions). Les transports publics (54 millions), les crèches (19 millions) et la culture (20 millions) reçoivent également des soutiens de l’État. Aux engagements du Canton viennent s’ajouter les mesures financées par la Confédération à hauteur de 86 millions.

6 commentaires
    Michel Buttin

    Dans des situations exceptionnelles la BNS avec ses bénéfices phénoménaux pourrait être beaucoup plus généreuse, non ?