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AboArena de Genève
«L'héritage Goldman», à la pointe du marché de la nostalgie

«L'héritage Goldman», groupe de reprises des tubes de Jean-Jacques Goldman, avec Michael Jones à la guitare (deuxième depuis la gauche).
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Un prologue d’inspiration baroque sur instruments à cordes. Les sœurs Bertholet, violoncelle et violon, passent les plats. Les voix se déploient en douceur. Tomislav Matosin pour commencer, un presque inconnu au bataillon, interprète «Il suffira d’un signe». Suivent Lilian Renaud, Marghe et Mentissa, Cyprien Zeni dans «Puisque tu pars», Jessy Elsa Palma encore pour «Comme toi» et on en passe.

Qui sont ces chanteurs et ces chanteuses? Pour une grande part, des participants de «The Voice», de «Nouvelle star», ou de l’Eurovision, à l'instar du jeune Céphaz. D’autres, Nérac, Marina Kaye, ont déjà une bonne carrière, idem pour Anne-Sophie Seba, membre du Chœur Gospel de Paris, qui donne sa couleur générale à l’enregistrement.

«Nous ne voulions surtout pas d'un tribute, mais plutôt faire comme si on jouait des standards de jazz.»

Michael Jones, guitariste historique de Jean-Jacques Goldman

De cet «Héritage Goldman», il y a eu d'abord deux albums en 2022. Gros succès. À présent, il y a la tournée. Avec passage en Suisse le 6 octobre à l’Arena de Genève, avant le 30 novembre 2024 dans la Vaudoise aréna de Lausanne. Le gabarit des salles indique l'intérêt du public, 4000 spectateurs attendus vendredi au bout du lac.

Il faut rappeler alors combien les chansons de Jean-Jacques Goldman, en retraite depuis une vingtaine d'années, restent incrustées dans le paysage francophone. Et combien il vaut la peine de servir une nouvelle fois le répertoire à ses fans vieillissants, voire intéresser de nouveaux publics.

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Noter qu’en 2013 déjà «Génération Goldman» livrait une première grande relecture discographique de ses tubes, avec les «plus belles voix de la nouvelle scène française». On avait là M. Pokora, Amel Bent, Christophe Willem, Zaz et Soprano.

À son tour, «L'héritage Goldman» réunit ses troupes. Pour l’Arena ce vendredi 6 octobre, on annonce les «musiciens et l’équipe artistique» d'origine. Parmi eux, Michael Jones, qui prête sa guitare et sa voix. Le «frère» de Jean-Jacques, fidèle depuis le groupe Thaï Phong dans les années 70, dont on retient également le trio vocal Fredericks Goldman Jones, avec Carole Fredericks, disparue en 2001.

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Cet «Héritage», on le doit à Erick Benzi, arrangeur des derniers albums de «JJG», également pour Céline Dion, dont les premiers succès ont été composés par Goldman. Considérer également Michel Boulanger, ancien directeur artistique chez Sony. Ajouter Cyril Prieur, longtemps manageur de Patricia Kaas – autre artiste ayant bénéficié des talents du prolifique compositeur, dont le claviériste historique, Jacky Mascarel, fait lui aussi acte de présence. Le clan Goldman est vaste.

Michael Jones à présent. Le voici, attablé au café du Musée d’ethnographie de Genève. Avec le septuagénaire, on discute rugby, cross et football, passage obligé pour les écoliers du Pays de Galles, dont il est originaire.

Quelques-uns des chanteurs présents sur la tournée «L'héritage Goldman».

Dans «L’héritage Goldman», Michael Jones est arrivé par «accident», dit-il. Erick Benzy complétait son casting. «On était en train de jouer au golf. J’ai dû réfléchir au moins deux minutes, le temps de poser la balle et la taper.» Qui mieux que Michael Jones, alors, pour faire la promotion du projet.

«On est là pour passer le témoin», indique le musicien gallois. «Le plus important, ce sont les chansons et l’identité de chaque interprète. Nous ne voulions surtout pas d'un tribute, mais plutôt faire comme si on jouait des standards de jazz. C’est ce que les compositions de Jean-Jacques sont devenues: des standards.»

Copie non conforme

S'agit-il de se distinguer des nombreux cover bands interprétant les chansons à l'identique, ainsi des Goldmen? «Je les connais très bien, réagit Michael Jones. Ils sont bons. Leur chanteur est allé très loin dans la copie, avec presque la même voix, presque la même gueule, et les gestes. C’est pour les nostalgiques qui ont envie de voir Jean-Jacques Goldman comme il y a vingt ans. Nous, on veut faire le même répertoire mais pour des gens qui ne sont pas forcément nostalgiques.»

Grande ambition. Qui semble fonctionner. Est-ce un cas unique en France? «Il y a ce chanteur qui a réussi avec les chansons de Johnny…» Jean-Baptiste Guégan, c'est cela. Mais Hallyday est mort. Pas Goldman. Que dire encore de cette comédie musicale, «Je vais t'aimer», avec les titres de Michel Sardou? «Je suis allé voir le spectacle, c’est très bien foutu. Le seul truc qui me dérange, c’est qu’il n’y a pas de musiciens sur scène. Nous, on est quinze, avec un vrai band

«Ce que je sais, c’est que Jean-Jacques aime que les chansons vivent, autrement si possible.»

Michael Jones

Ressasser de l’ancien, ce n’est pas nouveau. Mais avons-nous plus que de coutume besoin de regarder en arrière? «Ça a toujours existé. Les premiers albums des Beatles sont constitués essentiellement de reprises. Les Beatles importaient en Grande-Bretagne les tubes américains de rock’n’roll.»

Outre la nostalgie, et l’intérêt musical des chansons, le guitariste gallois, qui a participé à l’écriture de «Je te donne» en 1985, défend la qualité des paroles. Pour les valeurs humanistes, le parti pris pour les petites gens, les déracinés, les ouvriers et les mères célibataires, tout ce qu'analyse l'auteur Ivan Jablonka dans le livre «Goldman» paru en 2023. «Le public, nous certifie Michael Jones, adhère à ces textes.»

Le gospel, un vieil ami

Faire différemment des originaux? «C’est vachement dur», confie notre interlocuteur avec ce léger accent d’outre-Manche qui le caractérise. Y mettre un chœur gospel? Ce choix constitue un hommage en soi. Le premier groupe de Jean-Jacques Goldman se nommait The Red Mountains Gospel. «Le gospel constituait également notre point commun lorsqu’on jouait en trio avec Carole Fredericks. On est tous les trois passés par là. Au Pays de Galles aussi, il y a beaucoup de chorales. Voilà pourquoi les arrangements vocaux sont très importants.»

Enfin, on s’interroge sur les questions de droits. «Il y a des choses que je peux dire», répond, laconique, Michael Jones. Qui conclut: «Ce que je sais, c’est que Jean-Jacques aime que les chansons vivent, autrement si possible. Mais il est resté en dehors du projet, il n’intervient jamais.»

«L'héritage Goldman», vendredi 6 octobre 2023, Arena, Genève; samedi 30 novembre 2024, Vaudoise aréna, Lausanne. Infos: opus-one.ch

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