Le décollage réussi d’Ariane 6, après des années d’attente, est une formidable opportunité pour la Suisse. Nous ignorons encore beaucoup trop que notre pays a une expertise reconnue dans le monde entier en industrie spatiale. Et celle-ci est menacée.
Plusieurs entreprises participent directement au programme qui a mené au lancement de mardi soir. À Aigle, APCO Technologies fabrique, entre autres équipements, des parties de booster de la fusée européenne. À Genève, ID Quantique développe quant à elle des systèmes de surveillance au sol. Et Beyond Gravity, filiale de RUAG basée à Zurich, a fourni la coiffe de la charge utile d’Ariane 6.
Or la Confédération doit en faire davantage pour que cette industrie puisse s’épanouir. L’Agence spatiale européenne (ESA), dont la Suisse est membre fondatrice, se fait déborder par l’Union européenne elle-même, qui souhaite ses propres programmes, excluant les pays qui ne sont pas dans l’UE. Nous devons donc accélérer la conclusion d’accords avec elle pour nous garantir l’accès à l’espace.
La Confédération souhaite également se séparer de Beyond Gravity, actuellement en mains étatiques via RUAG. Elle estime que sa privatisation lui permettra de mieux se développer sur le marché concurrentiel de l’espace. Mais conserver dans son giron une entreprise reconnue pour son expertise unique au monde permettrait à la Suisse d’avoir un important levier dans les négociations avec cette UE qui prend toujours plus de place dans la course à l’espace.
La guerre des étoiles n’est plus un simple film de science-fiction ou un rêve d’enfant. C’est une réalité tout actuelle à laquelle la Suisse doit prendre part. Ne minimisons donc pas l’importance des enjeux et continuons à briller dans ce domaine.
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Éditorial – Une industrie spatiale à booster
La Suisse a grandement participé au lancement de la fusée Ariane 6. Mais son secteur spatial a besoin de soutien.