MédiasAriane Dayer: «Un long entretien, c’est devenu disruptif»
Après avoir quitté «Le Matin Dimanche», la journaliste se lance le défi d’une interview hebdomadaire sur La Télé. Première ce dimanche 9 mars à 18 heures, avec Guy Parmelin.

- Ariane Dayer anime une nouvelle émission dominicale sur La Télé.
- Le programme inclura interviews, revues de presse et séquences intimes.
- L’émission est lancée ce dimanche avec Guy Parmelin comme premier invité en direct.
Comment est arrivé ce projet de «Banc public» avec La Télé?
J’ai été approchée par le directeur de La Télé, Thierry Bovay, que je ne connaissais pas très bien, mais qui m’a tout de suite intriguée. Il n’est pas dans les codes de notre milieu professionnel. C’est un type assez cash, direct. Il m’a dit très simplement qu’il voulait créer une émission du dimanche en me demandant ce que j’en ferais si c’était moi qui la menais. Il n’y avait rien de plus défini que ça. Je me suis piquée au jeu: c’est vrai, je ferais quoi? La télévision n’est pas mon univers.
Pourquoi proposer un face-à-face?
Rien n’était construit, ce qui était génial. Un talk-show? Une autre forme? Il était possible, à chaque étape, de proposer des choses sur le style, le fond, le décor, l’éclairage, le nom, et bien sûr le principe de l’émission. L’autre chose intéressante, pour moi, c’est que je ne sais pas faire de la télé, que j’ai tout à apprendre: l’idée de sortir de ma zone de confort et de me retrouver face à quelque chose que je ne maîtrise pas complètement reste un vertige.
Mais vous aimez depuis longtemps l’art de la grande interview et du portrait.
Oui, et des talk-shows, il y en a beaucoup. Cela m’intéressait plus de faire une vraie rencontre, en intimité. Il me semble qu’il existe des talk-shows formidables, il y en a que j’adore, mais cela participe aussi parfois au tintamarre du monde, avec quelque chose d’étouffant. Alors l’entretien, c'est une forme ultraclassique de notre métier. Et aujourd’hui, en faire sur un format de quarante minutes, c’est devenu presque disruptif. Prendre le temps d’écouter, voilà quelque chose dont, je le pense sincèrement, la société a besoin. Je fais le pari qu’il reste un public pour ça.
Le conseiller fédéral Guy Parmelin sera votre invité en direct ce 9 mars pour la première: c’était difficile d’avoir un ministre sur une chaîne locale?
Pas tellement. Je l’ai contacté en décembre, avec l’impression de lancer une bouteille à la mer. Et puis ses services m’ont répondu rapidement: oui, on a envie de faire ce cadeau à la chaîne, et à vous. Et on est tombé d’accord pour cette première émission. C’est évidemment un honneur d’avoir un conseiller fédéral. Et il y a une actualité autour du monde économique, dont il a le dicastère, assez extraordinaire; il ne peut qu’être intéressant à entendre. Je peux parler de tout. J’ai seulement dû signaler des thématiques, comme d’habitude, de façon large. L’émission est assez découpée. Au début, il y a une manière de revue de presse, ça s’appelle «Les têtes de l’actu», où je fais réagir l'invité. Puis, plusieurs modules d’interview, un micro-trottoir au milieu. Le dernier tiers de l’émission est la séquence plus intime, plus personnelle, basée sur les photos d’enfance, et qui s’appelle «Jardin intime». Un autre enjeu, ça, dire au ministre: «Au fait, est-ce que vous pourriez m’envoyer des photos de vous bébé?» Ça m’a toujours intéressée d’évoquer l'enfance, savoir comment les gens se sont construits, à quel moment ils ont fait le choix de prendre telle ou telle direction, pourquoi ils se sont politisés, ou pas, dans tel ou tel camp, etc.
La caméra change quoi?
Souvent, quand on fait une interview en tête à tête pour la presse écrite, avec son crayon et sa feuille, il y a des moments, quand il se passe quelque chose, où l’on se dit: il faudrait une caméra. Je me souviens d’une grande interview de Jean-Pascal Delamuraz pour «L’Hebdo»: il était extraordinaire, mimait tous les personnages rencontrés dans sa vie. Le général Guisan, des diplomates, des chefs d’État. C'était extraordinaire. En même temps, il me faisait justement découvrir à quel point la clé de l'enfance révélait un personnage. Ça paraît évident, mais c'est tellement fort.
Ce seront surtout des politiciens sur votre plateau?
Non, Dieu sait que j’ai un immense intérêt pour la politique suisse, mais j’aimerais aussi rencontrer des personnalités que je n’ai pas eu l’opportunité d’interviewer jusque-là: de la culture, de la société, pourquoi pas de la gastronomie ou du monde du sport.
Tendue, avant la prise d’antenne, Ariane Dayer?
Totalement (rires). Encore une fois, je suis une débutante dans l’exercice. C’est bien autre chose d’être invitée sur un plateau que de l’animer en regardant l’œil d’une caméra, d’essayer d’être convaincante et de ne pas perdre ses mots. Mais le défi me rend très heureuse.
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