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Tensions à La Tour-de-PeilzAttaqué, l’Exécutif maintient son projet de resto dans le donjon

La quasi-totalité des formations politiques ont demandé que le préavis soit retiré. En vain. Il devrait être voté le 24 mars.

Le donjon de l’An Mil accueillera-t-il un restaurant bistronomique? Réponse le 24 mars.
Le donjon de l’An Mil accueillera-t-il un restaurant bistronomique? Réponse le 24 mars.
Rémy Gindroz

«Je demande à la Municipalité de retirer son préavis.» C’est la phrase la plus prononcée, mercredi soir au Conseil communal de La Tour-de-Peilz. Pas moins de huit élus de cinq formations ont ainsi défilé au perchoir pour demander à l’Exécutif de surseoir à son projet de restaurant dans le donjon de l’An Mil, ainsi que de rénovation du château qui abrite le Musée suisse du jeu, le tout pour 8 millions (2 millions ayant déjà été dépensés).

La bataille avait été soigneusement préparée, faisant suite à la pétition lancée par le groupe interpartis réunissant La Tour-de-Peilz Libre, le PBD, Les Verts, l’UDC et le PS («24 heures» du 10 février): chaque orateur a avancé des arguments différents à l’appui de sa demande. «C’est le moment de se mettre en colère», a clamé Anne-Marie Arnaud, suscitant les rires du PLR. L’élue questionne depuis 2018 l’Exécutif sur l’avenir du donjon. Selon elle, ce projet modifierait l’aspect du périmètre du château et est donc «illégal. On est à peu près sûrs qu’il appartiendra au Tribunal fédéral de trancher

Michel Bloch (PS) a attaqué un préavis «incomplet», ne fournissant pas «les éléments nécessaires et suffisants pour prendre une décision en pleine connaissance de cause». L’élu souhaiterait comprendre la répartition des coûts entre les rénovations pour le Musée suisse du jeu, les dépenses pour la création du restaurant et les travaux dans la Maison du jardinier. Les aspects financiers ont aussi inquiété tant Gabriel Ranzato (UDC) que Geneviève Pasche (Les Verts), qui a questionné: «N’est-ce pas s’offrir une Rolls-Royce?»

«N’est-ce pas s’offrir une Rolls-Royce?»

Geneviève Pasche, cheffe du groupe Les Verts au Conseil communal de La Tour-de-Peilz

«Que se passe-t-il si on ne fait rien? a interrogé le PLR Guy Chervet, membre de la Commission des finances et du conseil de fondation du Musée suisse du jeu. Parfois cela coûte au final plus cher. Je peux entendre que le préavis est incomplet. Mais il faut laisser le temps à la commission de poser les questions.»

La Municipalité maintient son préavis, prenant ainsi le risque de le voir refuser le 24 mars, puisque les cinq formations opposées totalisent 43 des 85 voix du Conseil.

«Pour arriver au magnifique projet mis à l’enquête publique», le municipal en charge Olivier Martin a rappelé les différentes étapes depuis 2009, dont deux crédits, totalisant 2 millions. Qui «étaient soumis au référendum facultatif mais n’ont fait l’objet d’aucune démarche dans ce sens». Et Olivier Martin de conclure: «Toutes les interventions intempestives dans la presse et sur les réseaux sociaux en amont des débats de ce Conseil ne sont que des démarches injustifiées ayant un fort relent électoraliste.»

«Toutes les interventions intempestives dans la presse et sur les réseaux sociaux en amont des débats de ce Conseil ne sont que des démarches injustifiées ayant un fort relent électoraliste.»

Olivier Martin, municipal en charge du projet de rénovation du château de La Tour-de-Peilz
4 commentaires
    Mendrisiotto

    On veut protéger les monuments historiques à justes titres, et faire un bistrot dans un donjon, quelques chose ne colle pas,