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AboAccusation de traite d’être humains à Genève
Les parents Hinduja et deux avocats absents au tribunal

Le procès reprendra mercredi afin que les avocats puissent être présents.
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Après avoir tout fait pour empêcher le procès pour traite d’êtres humains et usure, les quatre membres de la famille milliardaire Hinduja, autrefois installés à Cologny, allaient-ils répondre à la convocation du Tribunal correctionnel? Lundi matin, le couple de septuagénaire prévenu a fait valoir des certificats médicaux en provenance d’une clinique médicale de Dubaï, où ils se trouvent actuellement. En revanche, leur fils Ajay et son épouse, ainsi que leur homme de confiance à Genève, ont bien pris place sur le banc des accusés.

Les deux principaux prévenus n’étaient pas les seuls absents. Me Nicolas Jeandin, avocat du père, a fait valoir durant le week-end un certificat médical de SOS Médecins. Il est «souffrant» et «incapable de se présenter au Palais de justice».

Certificat médical

Ce certificat médical a occupé les juges durant le week-end, lesquels ont refusé de renvoyer les débats, samedi soir, au motif que le défenseur du père Hinduja pouvait se faire remplacer.

C’est alors que Me Romain Jordan, avocat de la belle-fille du couple, s’est à son tour déclaré malade. Photo d’un thermomètre à l’appui dans un e-mail, il a annoncé aux juges son absence lundi matin avant de faire parvenir un certificat médical à l’heure où les débats avaient débuté.

«Ces gens méprisent la loi, la justice suisse et les victimes.»

Yves Bertossa, premier procureur

Alors que faire en l’absence de deux prévenus et deux avocats? Après ouverture des débats, les trois juges du Tribunal correctionnel ont décidé de saucissonner l’audience afin de répondre aux diverses exigences légales. Formellement, ils ne reportent pas les débats. Ainsi, ce mercredi 17, les avocats pourront poser les questions préjudicielles (la première phase d’un procès qui permet aux parties de contester les questions de procédure). Puis les prévenus seront convoqués, pour leur audition, à partir du jeudi 25 janvier.

Avant cette décision, le premier procureur Yves Bertossa ainsi que les avocats des trois parties plaignantes – trois anciens employés de la famille – n’avaient pas de mots assez forts pour fustiger l’attitude du couple et de «certains de leurs défenseurs», dont les «manœuvres dilatoires» ont été vertement critiquées jusqu’au Tribunal fédéral. «Ces gens méprisent la loi, la justice suisse et les victimes», pour Yves Bertossa.

«Même les personnes fortunées ont droit à une défense.»

Me Yaël Hayat, avocate de l’un des prévenus.

«À ce stade, ce n’est plus un manque de respect, c’est une insulte à l’endroit des plaignants», proteste Me Eve Dollon quand Me Lorella Bertani cite la condamnation du couple Hinduja datant de 2007 (non-paiement des charges sociales des employés notamment) dans lequel, déjà, leur stratégie de défense faite d’absences répétées était qualifiée d’«inadmissible».

«Arguments populistes»

Dans cette salle du Tribunal, le sentiment de malaise a donc continué de se renforcer lundi matin. «Cette stratégie de guérilla procédurale de Prakash Hinduja et son épouse, avec le soutien de leur conseil, consiste à utiliser tous les subterfuges», pointe Me Olivier Peter.

L’objectif est-il de jouer la montre compte tenu du fait que certains volets du dossier pourraient être prescrits en 2024? «Une prescription serait une honte pour la justice», insiste l’avocat de l’un des anciens employés de maison, sans douter de l’objectif du camp Hinduja.

Lundi en fin de matinée, la défense de la famille milliardaire indienne – Me Assaël, Hayat et Kinzer n’étaient pas malades – a donc perdu une manche, elle qui voulait le report pur et simple des débats. Plus tôt, elle évoquait «des absences malheureuses» en reprochant au Ministère public de faire le «procès des riches» à coups d’«arguments populistes». «Ma cliente (ndlr: l’épouse du patriarche) a toujours eu la volonté d’être présente à son procès, mais sa santé en a décidé autrement», assure Me Assaël.

Pour Me Yaël Hayat, «même les personnes fortunées ont droit à une défense», si bien qu’il est inenvisageable que les débats ne se tiennent sans les avocats et leurs clients. La prescription? La pénaliste s’est employée à démontrer que seuls des éléments marginaux pourraient être éjectés de la procédure en raison du temps écoulé. Au passage, c’est la lenteur du Ministère public qu’elle fustige.

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