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Semaine politiqueAucune vision commune

Cette semaine, l’Association de communes vaudoises (AdCV) a jugé nécessaire de publier un nouveau communiqué de presse au sujet de son départ de la table des négociations avec le Canton. Elle en avait déjà diffusé un au début du mois pour dire à peu près la même chose. Auparavant, l’association représentant les communes dites «riches» avait tergiversé de longues semaines sur cette rupture.

En soi, c’est anecdotique. L’AdCV ne pèse pas lourd en comparaison de l’Union des communes vaudoises (l’UCV compte 281 membres sur 309 communes vaudoises). Néanmoins, cette communication chaotique est une bonne illustration de l’état des négociations sur la répartition de la facture sociale.

L’UCV continue seule les «discussions» avec le gouvernement. Mais elle reconnaissait le 6 juillet dernier qu’il n’y avait «pas encore» de résultat. Cela fait des années que les négociations butent sur ces questions financières.

La dernière intervention sérieuse sur la facture sociale remonte au début du siècle. Les communes ont dû prendre la moitié de l’ardoise à leur compte. Contre un tiers auparavant. Ainsi, en seize ans, elles ont supporté 3,5 milliards de dépenses sociales supplémentaires pour décharger le Canton. Avec le temps, cette bascule a appauvri les Communes. Le pot commun de la péréquation intercommunale s’est amenuisé. À l’inverse, les caisses cantonales sont pleines depuis de nombreuses années.

Sans surprise, les Communes aimeraient un retour à la clé de répartition précédente. Elles négocient en ordre dispersé face à un gouvernement rigide. Le grand argentier défend très bien les intérêts financiers de l’État. Trop bien. À l’image du berger allemand qui garde si férocement la maison que même ses maîtres n’osent plus mettre un pied dans le jardin. Parce qu’il ne faut pas perdre de vue que cette situation a un coût pour une majorité de Vaudois. Plus de 500’000 d’entre eux vivent dans une commune dont la santé financière est précaire.

Comme les deux «partenaires» n’arrivent pas s’entendre, le Grand Conseil doit prendre ses responsabilités. Il l’avait fait au début des années 2000 en tranchant pour le partage fifty-fifty de la facture sociale. Pour l’instant, les députés ont fait le «vœu», via une résolution, d’être tenus informés de l’avancée des négociations entre le Conseil d’État et les Communes. Le degré zéro de l’acte parlementaire.