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Romans pour préados et adosAuteurs pour adultes, ils écrivent aussi
pour les jeunes

Du conte fantastique au récit d’aventure, de plus en plus d’écrivains déclinent leurs plumes pour la jeunesse. Exemple en trois livres récents.

Il n’y a pas que Dan Brown, l’auteur du «Da Vinci Code», qui se soit essayé à la littérature jeunesse. Le phénomène des auteurs pour adultes qui écrivent pour les enfants, les préados ou les ados se généralise.

L’an passé, il a gagné la Suisse romande avec les premiers textes de Marc Voltenauer et Nicolas Feuz pour la collection Frissons suisses.

Le chanteur-compositeur Jérémie Kisling avait aussi convoqué l’enfant en lui pour dérouler, dans «Aurore», l’histoire d’une jeune fille de 15 ans qui découvre qu’elle a été adoptée. Nouvel exemple avec trois livres écrits ou édités en Suisse romande.

Conte fantastique

L’écrivain et philosophe français Fabrice Hadjadj publie avec «L’attrape-malheur» son premier roman jeunesse.
L’écrivain et philosophe français Fabrice Hadjadj publie avec «L’attrape-malheur» son premier roman jeunesse.

Dans une écriture très soignée, l’écrivain et philosophe français Fabrice Hadjadj narre l’histoire de Jakob dans «L’attrape-malheur», publié par l’éditeur jeunesse suisse La Joie de lire. Pour son bonheur, le corps de ce fils de meunier se régénère malgré les pires atteintes. Pour son malheur, il attrape ceux des autres, pour peu qu’il les aime. Et s’il ne craint pas les blessures, il semble sensible aux maladies.

Le récit épouse le style du conte, avec son lot d’épreuves initiatiques, sentiments impossibles, coups du sort ou injustices criantes. Et avec, en prime, des scènes spectaculaires.

Le premier tome de ce qui sera une trilogie, intitulé «Entre la meule et les couteaux», prend son temps pour poser les bases de cette fable sur l’amour et la différence, qui se déplie dans un temps indéterminé et dans un territoire morcelé en royaumes ennemis.

La traversée des 280 pages ponctuées par les belles illustrations de Tom Tirabosco générera sans nul doute à la fois compassion et indignation pour le sort du garçon chez les jeunes lecteurs. On se réjouit la suite.

Aventure

Avec «Astor Pastel et les vilains gamins», l’auteur Philippe Battaglia rend hommage aux récits d’aventure.
Avec «Astor Pastel et les vilains gamins», l’auteur Philippe Battaglia rend hommage aux récits d’aventure.
Chantal Dervey

Malicieusement adressé en quatrième de couverture aux «valeureux lecteurs de 7 à 377 ans», ce livre captivera effectivement des jeunes qu’on verrait néanmoins un peu plus âgés que 7 ans, et bénéficiant d’une lecture accompagnée. Tout comme le père de Léa Jolicoeur lui raconte les valeureuses histoires du Capitaine Astor Pastel et sa clique de pirates.

Car Philippe Battaglia se plaît à mélanger les époques, naviguant entre le XVIIIe siècle et aujourd’hui, et jette aussi le trouble sur l’âge des protagonistes, les plus jeunes n’étant pas forcément ceux que l’on croit.

Dans ce roman fantastique qui emportera également les grands enfants dans son sillage, le rêve va aussi rattraper la réalité. Ainsi Léa Jolicoeur, qui raconte ses histoires de pirates aux animaux du zoo que ses parents dirigent, va bientôt voir arriver de vrais méchants surnommés les Vilains gamins.

«Le récit happe sans peine dans un monde imaginaire»

Illustré seulement en couverture et au dos du livre, le récit happe sans peine dans un monde imaginaire. L’on pense entre autres à «L’île mystérieuse», mais aussi à Peter Pan, et pas seulement à cause des pirates.

Également à l’origine de la collection «Gore des Alpes», qui n’a, elle, rien de tout public, l’auteur montheysan a gommé ici l’hémoglobine, mais l’on retrouve sa propension au second degré, notamment dans de délicieuses notes de bas de pages à destination des plus grands. Un récit épique et fantastique qui mérite le détour, avec ou sans enfants!

Suspense

L’archéologue et auteure de polars Catherine May a mis ses passions dans son premier livre jeunesse.
L’archéologue et auteure de polars Catherine May a mis ses passions dans son premier livre jeunesse.

Dans un style beaucoup plus simple, qui permettra une découverte autonome dès 10 ans, Catherine May, archéologue et auteure de polars («London Docks» notamment), signe pour la collection Frissons suisses «Le disparu du vieux cimetière», (Éd. Auzou).

Dans un collège, d’importants travaux de rénovation mettent au jour une sépulture ancienne. Il n’en faut pas plus pour que l’imagination d’un groupe d’amis s’emballe, quitte à braver le danger.

De facture classique, l’histoire au suspense bien mené a le mérite d’introduire par petites touches des notions d’archéologie, tout en rappelant qu’il n’est jamais bon de s’aventurer sur un chantier.