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SuisseCO2: les voitures neuves peinent avec les limites

De 2015 à 2019, la valeur cible des émissions de CO2 par kilomètre n'a jamais été atteinte. En cause, des véhicules toujours plus grands et toujours plus lourds.

La diminution de la part de véhicules au diesel peut aussi avoir contribué à rater les objectifs d'émission.
La diminution de la part de véhicules au diesel peut aussi avoir contribué à rater les objectifs d'émission.
Keystone

Les voitures neuves importées en Suisse ne respectent pas les prescriptions entourant les émissions de CO2. Les valeurs d'émission ont même augmenté en 2017 et 2018, selon un rapport publié mardi par le Département fédéral de l'environnement.

Les prescriptions introduites en 2012 obligent les importateurs suisses à limiter les émissions de CO2 à 130 g/km en moyenne, comme c'est le cas dans l'Union européenne. Cette valeur s’applique de manière contraignante à toutes les voitures neuves depuis 2015 et jusqu'à fin 2019. Depuis le début de cette année, la valeur a été réduite à 95 g de CO2/km.

De 2015 à 2019, la valeur cible n'a jamais été atteinte. Elle a été dépassée de 5 grammes en 2015 et de 4 grammes en 2016 et 2017. En 2018, la valeur a même atteint 137,8 g CO2/km, soit une hausse de 2,8% par rapport à l'année précédente.

Sans l’influence des véhicules électriques, cette moyenne aurait été de 141,6 g/km, relève le rapport rédigé à l'intention des commissions compétentes du Conseil national et du Conseil des États. En 2018, la part des véhicules à batterie électrique et des véhicules électriques hybrides rechargeables s’élevait à 3,2%.

Hausse explicable

La hausse des émissions peut s’expliquer entre autres par une proportion toujours plus importante de véhicules tout-terrain et de modèles de SUV et par l'augmentation du poids à vide des véhicules. La diminution de la part de véhicules au diesel peut aussi avoir contribué à ces résultats.

Le passage à la nouvelle procédure de mesure WLTP, plus réaliste, à partir de septembre 2017 a également une certaine influence sur les émissions de CO2, selon le rapport. Les évaluations ont montré que les émissions de CO2 ainsi calculées étaient supérieures de 5 à 6% aux émissions d’un véhicule comparable mesuré selon l'ancienne méthode NCEC. En 2018, cela concernait environ un quart des véhicules nouvellement immatriculés.

Près de la moitié des importateurs ont manqué les objectifs en 2018. L’écart était minime pour la majorité d’entre eux, mais important dans quelques cas. Le montant total des sanctions prononcées à leur encontre s'est élevé à 31,7 millions de francs contre 12,6 millions en 2015.

L'efficacité des prescriptions sur les émissions de CO2 est difficile à évaluer. Au vu du nombre de kilomètres parcourus de 2012 à 2018, il ressort aussi que les mesures ont permis de freiner la hausse des émissions de CO2 générées par le trafic. Il apparaît que depuis l'entrée en vigueur des valeurs cibles, les émissions ont baissé, avant toutefois de remonter en 2017 et 2018.

Les prescriptions n'ont en revanche eu aucun effet sur les ventes de voitures qui sont restées élevées.

Les transports génèrent environ un tiers des émissions de CO2 en Suisse. Les véhicules individuels sont responsables d’environ deux tiers de ces émissions. En 2018, 301'000 voitures de tourisme neuves ont été mises en circulation. La part des véhicules à quatre roues motrices n’a cessé de progresser, passant de 24,9% en 2006 à 49,1% en 2018.

ats

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