Les essais continuent malgré l'accident d'Uber

Etats-UnisLe choc qui a coûté la vie à une piétonne n'a pas freiné les ambitions des constructeurs de produire une voiture autonome rapidement.

Image: Archives/Photo d'illustration/AFP

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Malgré les craintes ravivées par l'accident mortel qui a impliqué une voiture autonome d'Uber, la course effrénée - et coûteuse - au véhicule sans conducteur continue de plus belle. Un lancement est attendu pour 2019 ou 2020.

Uber a suspendu tous ses tests de voiture autonome sur route le 19 mars, au lendemain d'un accident qui a coûté la vie à une piétonne dans les environs de Phoenix, en Arizona, où plusieurs autres entreprises (Waymo et autre General Motors) testent aussi des véhicules sans conducteur.

Lundi, les autorités de cet Etat ont interdit à Uber de faire rouler de tels véhicules sur ses routes, invoquant la «sécurité publique».

L'Arizona, qui autorise les tests de voitures autonomes depuis des années, dispose de la législation la plus souple en la matière: il est même possible d'y faire rouler des voitures sans aucun humain derrière le volant, pas même un opérateur de sécurité, ce que fait déjà Waymo, la filiale conduite autonome d'Alphabet/Google, depuis quelques mois.

Une première en 2019 ou 2020

De nombreuses entreprises (groupes technologiques, constructeurs et équipementiers automobiles), seules ou via des alliances, travaillent sur la conduite autonome, vue comme l'avenir des transports.

Elles se livrent une bataille acharnée, à coups de milliards de dollars, dans la course à qui mettra la première voiture complètement autonome sur les routes; une promesse généralement faite pour 2019 ou 2020.

Waymo, qui promet même l'ouverture d'un service de taxis autonomes cette année, a annoncé mardi un partenariat avec le constructeur britannique Jaguar Land Rover, preuve que la course continue malgré les craintes exprimées.

L'association de consommateurs Consumer Watchdog juge ainsi que «les voitures sans chauffeur ne sont pas prêtes pour les routes». Le sénateur démocrate Richard Blumenthal affirme lui que «la conduite autonome a encore du chemin à faire avant d'être complètement sûre».

Waymo, considérée comme l'une des plus avancées dans cette technologie, a d'ailleurs pris soin de donner des gages: «C'est en partie notre responsabilité de nous assurer que les villes dans lesquelles nous sommes présents et que les régulateurs qui gèrent ces villes comprennent notre technologie», a dit mardi sur la chaîne CNBC son patron John Krafcik.

Samedi, ce dernier avait même assuré que sa technologie aurait évité le crash qui a impliqué un véhicule d'Uber, en raison notamment du fait que Waymo a accumulé depuis 2009 plus de 8 millions de kilomètres sur des routes fréquentées par des piétons sans être impliqués dans un accident mortel.

Beaucoup d'avantages

Uber lui, subit de plein fouet les conséquences de l'accident. Il a indiqué mardi ne pas avoir demandé le renouvellement de l'autorisation pour tester ses véhicules autonomes sur les routes californiennes.

Le fabricant de microprocesseurs Nvidia, dont certains composants étaient utilisés sur le véhicule Uber impliqué dans l'accident, a quant à lui décidé mardi la suspension de ses tests sur véhicule autonome sur route dans l'attente des résultats de l'enquête.

Si le japonais Toyota a aussi décidé de suspendre ses tests de conduite autonome, l'allemand BMW a pour sa part annoncé maintenir ses projets.

L'accident mortel ne devrait cependant pas fondamentalement remettre en cause la conduite autonome en général, estime Adie Tomer, du groupe indépendant de recherche The Brookings Institution.

«Il va certainement y avoir des appels à stopper tous les tests de véhicules autonomes, pas seulement le programme d'Uber. La colère pourrait ralentir le rythme d'autorisation de tests dans d'autres villes et Etats», écrit-il.

«Mais les progrès technologiques sont difficiles à arrêter», poursuit ce spécialiste de l'espace urbain. «Les véhicules autonomes offrent beaucoup d'avantages, comme une plus grande sécurité sur de longs trajets ou le fait de pouvoir voyager les mains libres», ajoute-t-il, relevant aussi l'enjeu économique: «Il y a trop d'investissements privés déjà engagés pour que l'on puisse s'en passer». (ats/nxp)

Créé: 28.03.2018, 08h58

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