Ferrari mise sur l'hybride, le SUV renvoyé à 2022

Automobile Le constructeur italien entend produire plus de la moitié de ses nouveaux modèles autour de moteurs hybrides d'ici à 2022.

Ferrari veut faire bondir son chiffre d'affaires d'ici à 2022.

Ferrari veut faire bondir son chiffre d'affaires d'ici à 2022. Image: Keystone

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Le fabricant italien de voitures de luxe Ferrari va mettre un coup d'accélérateur sur l'hybride, tout en misant sur des séries spéciales, dont un nouveau concept baptisé «Icona» (Icône) pour booster ses bénéfices d'ici à 2022.

Le lancement du premier SUV, un créneau extrêmement porteur et sur lequel Ferrari est l'un des derniers à se positionner, est en revanche retardé «à la fin du plan» stratégique 2018-2022.

Le plan a été dévoilé mardi à Maranello, siège historique du groupe, par le nouveau directeur général, Louis Camilleri. Ce dernier a pris les commandes de Ferrari le 21 juillet après la brusque dégradation de l'état de santé de Sergio Marchionne, décédé quelques jours plus tard.

Ferrari entend faire passer son chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros en 2017 à près de 5 milliards en 2022, une hausse portée par de nouveaux produits. Entre 2019 et 2022, le constructeur lancera 15 nouveaux modèles, avec une augmentation «significative» du prix moyen de vente, a expliqué le directeur commercial, Enrico Galliera.

Conséquence: les bénéfices doivent aussi bondir. L'Ebitda ajusté doit quasi doubler, de quelque 1,1 milliard d'euros prévu en 2018 à 1,8-2 milliards en 2022. Ce chiffre représente néanmoins une légère révision de l'objectif fixé par M. Marchionne, qui visait 2 milliards d'euros.

«Ambitieux, mais faisable»

A la Bourse de Milan, vers 12H50 GMT, le titre était presque revenu à l'équilibre, en baisse d'un petit 0,09% à 113,05 euros, après avoir perdu un temps près de 4%. Le 1er août, il avait chuté de 8,35% alors que les investisseurs se demandaient si Ferrari pourrait tenir ses objectifs 2022, M. Camilleri les ayant ce jour-là qualifiés d'«ambitieux».

«Je n'aime pas promettre des choses» que je ne suis pas capable de réaliser, «c'est un plan ambitieux, mais faisable», a-t-il souligné mardi.

Un des axes stratégiques sera l'hybride, pour lequel le constructeur n'a pour le moment lancé qu'un modèle, LaFerrari.

«D'ici à 2022, près de 60% des modèles que nous produisons seront construits autour de moteurs hybrides», a déclaré M. Camilleri, ex-patron du cigarettier Philip Morris et membre du conseil d'administration de Ferrari depuis octobre 2015.

«Clairement, nous allons aller au-delà de cela au fur et à mesure des années afin de respecter les exigences en terme de régulation mais aussi pour satisfaire les désirs de nos clients», a-t-il souligné.

Parallèlement, Ferrari va miser sur les séries limitées, dont un nouveau concept baptisé «Icona» et inspiré des bolides du Cavallino des années 1950.

Les deux premiers modèles ont été présentés mardi, les Ferrari Monza SP1, un monoplace, et SP2, un biplace.

Seuil des 10'000 véhicules/an

Sans toit, ces bolides, vendus maximum à 500 exemplaires, s'inspirent de la célèbre «barchetta» de compétition, mais avec une puissance et des matériaux modernes. Dotés du moteur le plus puissant jamais sorti de Maranello --un V12 de 810 chevaux--, ils atteignent 200 km/h en 7,9 secondes.

Leur prix sera communiqué lors du salon de Paris début octobre, mais les analystes de Mediobanca anticipent 2 millions d'euros.

Le tant attendu SUV (Sport Utility Vehicle), sorte de 4X4 urbain de luxe, est lui en revanche encore repoussé. M. Marchionne avait évoqué en janvier un lancement «probablement fin 2019-début 2020», mais celui-ci n'aura pas lieu avant 2022.

Baptisé «Purosangue» (pur-sang), ce SUV n'aura pas d'équivalent sur le marché, a assuré M. Camilleri, en soulignant «détester entendre SUV dans la même phrase que Ferrari». M. Marchionne évoquait lui-même un FUV (Ferrari Utility Vehicle), et non un SUV.

Il «sera unique de nombreuses manières et redéfinira les attentes», a promis M. Camilleri.

Ferrari, qui dépassera à terme les 10'000 véhicules produits, contre 8398 en 2017, tient dans le même temps à préserver la notion d'«exclusivité» qui lui permet de vendre ces véhicules des centaines de milliers d'euros.

«Depuis son entrée en Bourse (fin 2015), Ferrari est un énorme succès, avec une capitalisation qui atteint 25 milliards de dollars. M. Marchionne a réussi à positionner Ferrari comme une marque de luxe et non de voitures», souligne Umberto Bertelè, professeur à l'école de commerce de Polytechnique à Milan.

«Le SUV est un choix juste, mais le problème sera de maintenir une distinction très forte par rapport aux autres marques», juge-t-il. (ats/nxp)

Créé: 18.09.2018, 15h45

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