Fiat propose une firme à 37 milliards

AutomobileUne fusion entre Renault et Fiat pourrait mener à d'importants changements sur le marché mondial de l'automobile.

Petit-fils de Gianni Agnelli et actuel PDG de Fiat Chrysler Automobiles, John Elkann présidera la holding néerlandaise qui pilotera le futur groupe.

Petit-fils de Gianni Agnelli et actuel PDG de Fiat Chrysler Automobiles, John Elkann présidera la holding néerlandaise qui pilotera le futur groupe. Image: Reuters

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Un montant à couper le souffle! Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a en effet proposé à Renault de constituer une société valant 32,6 milliards d’euros (près de 37 milliards de francs), en procédant à une fusion «fifty-fifty» entre les deux parties. La valorisation moyenne des deux sociétés, au cours des six derniers mois, s’élevait il est vrai à 17,5 milliards d’euros pour Fiat Chrysler Automobiles et 15 milliards pour Renault.

Une nouvelle série de pourparlers, au cours des derniers mois, s’est donc achevée sur cette ambition. Cette étape devrait induire de rapides changements des rapports de force sur le marché mondial de l’automobile.

La première étape du processus de fusion vise en effet à créer le troisième constructeur automobile, derrière Volkswagen et Toyota Motor & Co. et devant le leader américain General Motors. L’opération peut cependant prendre une dimension encore plus importante si les deux grands partenaires japonais de Renault, Nissan et Mitsubishi, acceptent d’en faire partie.

Une pacification des relations entre les deux premières de ces trois sociétés permettrait tout particulièrement de former le nouveau leader mondial de la branche. Ses ventes annuelles porteraient sur 15 millions de véhicules, soit près de 50% de plus que celles de Volkswagen ou de Toyota.

FCA et Renault semblent déjà s’être entendus sur plusieurs points. Le futur groupe sera piloté par une holding néerlandaise, dont FCA et Renault se partageront le capital à parts égales. John Elkann, héritier de la famille Agnelli, fondatrice de Fiat, présidera le conseil d’administration de la nouvelle société batave. Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, prendra la tête de son directoire.

D’autres questions, plus complexes, restent à régler. L’État français, principal actionnaire de Renault avec 15% du capital, exige des garanties: en termes d’emplois, de localisation industrielle et d’intérêts patrimoniaux. Autrement dit, Paris tient à garder la possibilité d’influencer des décisions stratégiques de la firme.

Ces exigences tendent d’ailleurs à susciter des irritations en Italie, notamment dans les rangs de la Lega, le parti du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Ces tiraillements n’empêchent pas de laisser apparaître le projet de fusion annoncé comme un chef-d’œuvre de complémentarité. FCA dispose d’une forte présence sur les marchés états-unien et latino-américain. Renault se distingue en Europe, en Russie, en Afrique et au Moyen-Orient.

Renault brille à la corbeille

Fiat Chrysler peut certes faire valoir des marques de valeur, à l’instar de Maserati ou d’Alfa Romeo. Face aux défis électriques, le partenaire français dispose pour sa part d’une position de leader déjà confirmé sur le Vieux-Continent, avec sa fameuse «petite» ZOE. La réunion des forces facilitera en outre les gigantesques investissements à prévoir dans les voitures connectées, voire autonomes.

Le conseil de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi devrait se prononcer mercredi sur ce mariage de raison. Le conseil d’administration de Renault devrait prendre sa décision finale le mois prochain. Sans attendre ces échéances, les investisseurs ont manifesté leur enthousiasme. L’action de Renault gagnait 15% à Paris lundi, au milieu de l’après-midi, et celle de Fiat progressait de plus de 10% à Milan.

(24 heures)

Créé: 27.05.2019, 19h35

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