La mobilité de demain

ProspectiveFace au casse-tête des transports urbains, les concepteurs ne cessent d’innover.

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La mobilité urbaine fait partie des problématiques récurrentes de nos sociétés modernes. Pour faire face à ce défi considérable, les constructeurs rivalisent d’imagination. Chaque année, de nouveaux moyens de transport, collectifs ou individuels, font irruption dans notre environnement.

Recyclés ou issus de nos rêves les plus fous, ils sont censés désembouteiller nos chaussées, ne pas surcharger un air déjà saturé et nous simplifier la vie. En 2012, les Londoniens iront donc travailler en téléphérique, les Américains survoleront les bouchons, les Parisiens zigzagueront en Autolib’, les Chinois rouleront sous les bus et les Portugais partiront en vacances en dirigeable. Tour d’horizon des innovations.

La Tamise en télécabine

Le concept n’est pas nouveau. Mais, jusqu’à présent, il était plutôt réservé aux skieurs. En vue des Jeux olympique 2012, Londres s’est lancé dans la construction d’un téléphérique survolant la Tamise. Cinq minutes suffiront pour passer d’une rive à l’autre et rejoindre ainsi les différents sites de compétition. Avec ses 54?mètres de haut et une longueur de 1?100?mètres, le câble et ses 34 cabines permettront le transport de 2500 voyageurs à l’heure, ce qui correspond à «une ligne de bus avec 30 véhicules en service», précise Boris Johnson, le maire de la capitale britannique.

Autre atout, cette installation – qui restera en service après les festivités sportives – devrait fortement contribuer à revitaliser les docks de l’est de Londres, laissés à l’abandon depuis les années 1980. Ce nouveau mode de transport a déjà fait ses preuves à Taipei (sur l’île de Taïwan), à Medellín, en Colombie, à Hongkong ou encore pour désenclaver les favelas de Rio, mais aussi à Barcelone ou à Grenoble, qui dispose d’un téléphérique urbain (le premier) depuis 1934. Le métro aérien présente plusieurs avantages: pas compliqué à réaliser, peu gourmand en énergie, sa construction est aussi nettement moins chère que celle d’un tram. A méditer donc pour la traversée de la rade.

Survoler les embouteillages

Vous en avez rêvé, les Américains l’ont fait. La première voiture volante a été homologuée l’été dernier. Les carnets de commandes sont pleins, les premiers engins seront livrés en juin. Le coût du joujou? 200?000?francs. Baptisée Transition, l’auto volante de la société Terrafugia est la première du monde à obtenir l’autorisation de circuler à la fois dans les airs et sur terre. Pas question en revanche de décoller de l’autoroute au premier embouteillage. Pour vous envoler, il vous faudra trouver un aérodrome disposant d’une piste d’au moins 762?mètres. Autre précision: n’espérez pas prendre l’air sans une licence de pilote.

A part ça, le véhicule révolutionnaire peut se faufiler partout, propulsé par une hélice. Vitesse maximale? 150?km/h sur le bitume, 185 dans les airs. Le bijou à quatre roues peut s’élever jusqu’à 3000?m d’altitude. Et grâce à ses ailes rétractables, il trouvera aisément sa place au garage.

Le bus antibouchon chinois

Avec une population de 1,3 milliard d’habitants et des gigapoles à la pelle, la Chine se doit de mettre l’imagination au pouvoir. Et les concepteurs de l’Empire du Milieu n’en manquent pas. Leur dernière trouvaille? Le straddling bus, traduisez bus volant, écolo et antibouchon. Son principe est simple. Cet engin sur rails d’une hauteur de 4,5?m est conçu pour enjamber les grandes artères. En marche ou à l’arrêt, les véhicules passent donc sous le bus.

Quant à la cabine passagers, elle surplombe la chaussée. Silencieux car électrique, le straddling bus est aussi écologique parce que rechargeable grâce à ses panneaux solaires. Sa capacité est à la mesure de la démesure chinoise: de 1200 à 1400 voyageurs. Selon ses promoteurs, sa construction est trois fois plus rapide que celle d’un métro et dix fois moins chère. Un premier tronçon d’essai de 40?kilomètres devrait être opérationnel cette année dans la banlieue ouest de Pékin.

Les taxis sans chauffeur

Autre moyen d’affronter la jungle urbaine: le Heathrow Pod. Plus besoin de conducteur, tout est automatique, sauf la destination, qui est à la carte. Ou presque. Pour l’heure, ce système de navettes électriques unique en Europe – et réservé aux business class – ne dessert que les différents terminaux du gigantesque aéroport londonien. Il suffit de se rendre à un arrêt et d’appuyer sur un bouton – comme un ascenseur – pour que l’un des 21 véhicules passe vous prendre. Il vous déposera ensuite dans le terminal de votre choix.

«L’engin utilise des capteurs laser pour mesurer la distance qui le sépare des trottoirs et adapter sa direction», précise son concepteur. Les capsules (4?places maximum) se déplaçant sur un circuit fermé, leur installation coûte trois fois moins cher qu’un transport urbain sur rail. Depuis son inauguration, en septembre dernier, le Pod ne transporte pas moins de 800 passagers par jour.

De l’Autolib’ au dirigeable

L’Europe n’est décidément pas en reste en matière d’innovation. Galvanisée par le succès du Vélib’, la ville de Paris vient de lancer l’Autolib’. Deux cent cinquante voitures électriques en libre-service ont été réparties dans 253 stations en Ile-de-France, dont 180 à Paris. Objectif: atteindre les 3000 véhicules et 1100 stations dans 45 communes à la mi-2012.

Quant aux Portugais, ils planchent activement sur la réhabilitation du dirigeable. Un défi relevé par la compagnie Nortavia, qui propose un vaisseau écologique conçu pour transporter des gens et des marchandises. Propulsé à l’hélium, un gaz non inflammable, il est moins dangereux que ses prédécesseurs. Il y a quelques jours, il a même traversé l’Atlantique (en pièces détachées) pour être présenté en première mondiale à Seattle.

Créé: 02.01.2012, 23h00

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