Plus nerveuses en technicolor

Encore!Des petites voitures de ville colorées qui font du bien aux yeux.

La BMW M3 GT2, oeuvre commune du constructeur allemand et de l'artiste américain Jeff Koons

La BMW M3 GT2, oeuvre commune du constructeur allemand et de l'artiste américain Jeff Koons Image: Jeff Koons/BMW, DR

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Lorsqu’en 2010, on lui a demandé d’imaginer un habillage sur mesure pour une BMW M3 GT2, l’artiste américain Jeff Koons a utilisé toutes les couleurs de sa palette. Le résultat? Un incroyable mélange! Un patchwork sauvage mêlant des éléments graphiques d’une voiture de course, des formes symbolisant la vitesse ou encore une explosion. Depuis 1975, BMW a ainsi pris l’habitude de faire appel à des artistes pour réaliser un projet baptisé Art Car. C’est à Alexander Calder qu’est revenu l’honneur de réaliser le premier. Puis, des artistes comme Frank Stella (1976), Roy Lichtenstein (1977), Andy Warhol (1979), Ernst Fuchs (1982), Sandro Chia (1992),David Hockney (1985) ou Jenny Holzer (1999) lui ont succédé. Ces œuvres d’art sur roues sont destinées à demeurer des pièces uniques et n’entrent jamais en production. Mais la plupart d’entre elles ont quand même eu l’honneur d’être engagées en compétition et quelques-unes ont pris part aux 24 Heures du Mans!

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Voir circuler des voitures aussi colorées dans les rues ferait du bien aux yeux! Parce qu’il faut bien admettre que, depuis des années, les «non-couleurs» règnent sur nos routes: en Europe, près de trois quarts des automobiles sont ainsi soit gris métallisé, soit noires ou blanches. Première vraie couleur, le bleu pointe en quatrième position avec 10% du marché, suivi du rouge et du brun. Et encore: le rouge fait immanquablement penser aux véhicules badgés Mobility.

De façon générale, les voitures aux couleurs trop éclatantes sont réputées difficiles à revendre. Et comme la plupart des conducteurs ont visiblement le sens des affaires plus développé que celui du style, ils les évitent. Est-ce parce que ses clients ne s’embarrassent guère de réflexions aussi triviales que «valeur de revente», toujours est-il que Rolls-Royce n’hésite pas à produire son modèle Phantom dans une livrée deux tons classique, proposant même, pour le cabriolet Dawn, une capote en toile dont la teinte criarde contraste volontairement avec celle de la carrosserie.

Voir circuler des voitures aussi colorées dans les rues ferait du bien aux yeux.

De la même façon, on voit passer de plus en plus souvent des modèles de Range Rover rouges avec un toit noir (ou l’inverse). Mais il faut bien admettre que c’est parmi les petites voitures que l’on trouve les plus colorées. Leurs constructeurs ciblent avant tout une clientèle jeune pour laquelle la joie de la découverte prime encore sur les lois économiques du marché de la revente.

Personnaliser sa carrosserie

La mode des modèles néorétro est aussi un exemple prouvant que les clients souhaitent acquérir une voiture qui a plus d’une couleur. Chez Mini, par exemple, 70% des acheteurs optent pour un toit d’une teinte différente de celle de la carrosserie. Et quand Fiat a relancé sa 500, en 2007, elle a prévu toute une palette de tons combinables, pour multiplier les possibilités de personnalisation, le spectre allant du toit d’une couleur différente à des bandes de couleurs courant sur l’entier de la carrosserie, en passant par des séries spéciales. Ainsi le modèle Gucci s’est-il vu paré de bandes colorées sur les côtés, en accord avec le style de la maison de la mode. Traditionnellement, ces bandes sont plutôt le signe distinctif des voitures de sport sur lesquelles on pouvait différencier les bandes Rallye,GTou Racing. Lamode est née dans les années 1970, quand les pilotes ont commencé à les utiliser: pour eux, une bande s’étirant sur la longueur de la carrosserie symbolisait le dynamisme. Selon l’historien de l’art Christian Janecke, ces bandes pourraient être interprétées comme la représentation stylisée d’un circuit. Voilà un moment déjà qu'elles ont passé de la compétition automobile– où elles servaient à distinguer les véhicules des différentes équipes – au monde normal. Le meilleur exemple de leur utilisation aujourd’hui est sans doute à trouver du côté des modèles Cooper S de chez Mini. La plupart de ces bandes sont en réalité des autocollants apposés sur la carrosserie. Un procédé qui revient nettement moins cher qu’une vraie peinture. Ce procédé de collage a, depuis une dizaine d’années, largement dépassé le stade des simples bandes à coller. On peut désormais changer la couleur de tout ou partie de la carrosserie de sa voiture en y apposant un film autocollant coloré. L’un des modèles qui ont le plus de succès est un motif «camouflage». Mais via le filmage, on pourrait tout aussi bien déguiser sa voiture en vache fribourgeoise… Sauf que la mise en place du film coloré est loin d’être simple. Et celui qui n’est pas expert en la matière ferait mieux de confier le relookage de sa voiture à un professionnel.

Une nouvelle technologie de filmage

Parce que si des bulles d'air restent coincées sous l'autocollant, le véhicule donnera l'impression d'avoir attrapé la rougeole... Une technologie nouvelle pourrait éviter ce genre d'ennui: le film en spray. L'autocollant est vaporisé à l'aide d'une bombe sur la carrosserie. Une fois sec, le film se décolle facilement.

Cette technologie de filmage rappelle un peu la mode des toits en vinyle, qui ont fleuri dans les années 1960 et 1970. A cette époque, de nombreuses marques américaines, mais aussi Opel et Ford en Allemagne, proposaient des voitures plutôt haut de gamme dont le toit était recouvert de vinyle noir. Le procédé permettait d'0ffrir une voiture deux tons à un prix bien inférieur à ce qu'il aurait été s'il avait fallu vraiment peindre le toit en noir. Las, le vinyle vieillissait très mal et finissait par se désolidariser de la carrosserie... La mode du bicolore était née un peu plus tôt, dans les années 1950. Les grandes limousines américaines étaient souvent peintes en deux tons, ce qui permettait de souligner leurs ailes arrière proéminentes. En Europe, c'est surtout Opel qui a alors produit des voitures carrosserie foncée et au toit blanc.

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Chez Citroën, plus de la moitié des clients ont opté pour une version bicolore!

Aujourd'hui, les variations sur le thème sont plus ludiques: c'est avant tout le toit que l'on obtient dans une teinte différente, accompagné, parfois, des coques de rétroviseur. C'est très à la mode sur les nouveaux petits SUV. Ainsi, chez VW, on peut commander le T-Roc avec toit et coques de rétroviseur blancs, rouges ou bruns. C'est aussi possible pour l'Arona de Seat qui, dans sa version Style, propose un toit noir, gris ou orange. Chez Hyundai, le Kona décline dis teintes de carrosserie et deux de toit, et on en trouve neuf pour la carrosserie et quatre pour le toit chez la Stonic de Kia. Chez Citroën, pour la C3, on a le choix entre neuf teintes principales et des toits contrastés en rouge, blanc ou noir. Plus de la moitié des clients ont opté pour une version bicolore! Et ce n'est pas fini: Renault offre 35 combinaisons de couleurs pour son Captur tandis qu'Opel promet des "possibilités de personnalisation infinies" pour son Adam Rocks, le modèle qui doit faire oublier la réputation de "voiture de papy" que traîne la marque auprès des jeunes. Mais le toit n'est pas la seule possibilité de "contraste"! Sur sa remuante sportive 208 GTi, c'est le hayon arrière que Peugeot a choisi pour faire la différence: il est rouge pétant alors que le reste de la carrosserie est noir.

Retrouvez le magazine Encore! le 22 avril prochain dans le Matin Dimanche (Encore!)

Créé: 14.04.2018, 13h06

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