La Rolls-Royce des motos renaît du côté de Toulouse

IndustrieLa marque Brough superior livre les premiers modèles de sa seconde vie, entièrement montés à la main. Visite de l’usine.

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Seule une passion totale pouvait permettre de relever un défi aussi démesuré: celui de faire renaître Brough Superior, la Rolls-Royce des motos. Une marque mythique, légendaire, qui a produit près de deux mille machines entre 1919 et 1940 (voir encadré) et dont les quelques exemplaires encore existants s’échangent contre des centaines de milliers de francs dans les ventes aux enchères.

Lorsqu’il a racheté la marque en 2008, Mark Upham avait déjà l’envie de lui redonner vie. Encore fallait-il trouver la structure capable d’y parvenir. Mais grâce à l’entremise d’un journaliste spécialisé anglais, il rencontre Thierry Henriette, fondateur de Boxer Design à Saint-Jean, dans la banlieue de Toulouse. Avec sa petite équipe d’une quinzaine de personnes, Thierry Henriette possédait la structure et les compétences idéales: tant en matière de design que d’expérience de montage. La passion commune permettant de passer au-dessus des clivages franco-britanniques, une première maquette fut présentée au Salon de Milan en 2013.

«Le challenge était compliqué, se souvient Laurent, ingénieur ayant participé à la conception. Il fallait concevoir une moto moderne, tout en gardant un maximum de références historiques. Et surtout plaire à tous ceux qui ont continué de faire vivre la marque pendant son interruption.» Mais l’équipe tape dans le mille: les retours sont unanimes, des gens s’annoncent spontanément comme acheteur potentiel ou distributeur.

Cinq ans plus tard, la première série de trois cents SS100 (pour Super Sports et 100 mph) est en cours de construction dans la banlieue toulousaine. Dans l’usine dessinée et construite par l’équipe de Boxer Design, tout respire la passion. Designers, ingénieurs, soudeurs, ponceurs, monteurs ou selliers, tous font partie de la même équipe, chacun apportant sa pierre à l’édifice. Avec un rythme de cent motos par année, le montage des Brough confine à l’artisanat. Chacune des 2600 pièces composant une SS100 est montée manuellement, puis vérifiée. La marque soigne ainsi son image de très haute qualité, mais s’offre aussi la possibilité de s’adapter à toutes les demandes. Comme celle du futur propriétaire de cette machine prête à être livrée, qui a souhaité que le logo sur le réservoir soit réalisé en feuilles d’or plutôt qu’en peinture.

Dans les bureaux au premier étage, les concepteurs travaillent encore sur la Pendine, un «sand racer» qui sera prochainement mis en production, ainsi que sur un modèle marquant le 100e anniversaire de la marque l’an prochain. Brough Superior sera alors une centenaire pleine d’avenir (24 heures)

Créé: 14.07.2018, 19h56

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