Au Salon, les enfants sont rois, quand ils ne dorment pas ni ne s’ennuient

PalexpoOn croise les têtes blondes le week-end, disparaissant dans la foule. On les retrouve le mercredi, acteurs au volant des voitures filmées par les parents.

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Ce Salon n’est pas exactement conçu pour eux mais ils sont là quand même, en pièce rapportée familiale, affichant un degré de motivation, d’intérêt et de patience qui dépend de leur âge. De la petite jusqu’à l’adolescence, l’enfance envoie donc ses «punis» à Palexpo. Les voici pour une journée entière dans le monde des adultes, disparaissant dans la foule qui, le week-end, envahit les allées comme aux entrées d’un stade les soirs de grand match. C’était particulièrement le cas samedi et dimanche derniers, avec une météo à ne rien faire dehors et tout dedans.

Visite en poussette

Des milliers de sorties en famille convergeant vers le même endroit, la poussette embarquée remplaçant la banquette arrière pour assurer, à l’heure de la sieste, la fluidité de la visite. Les parents sont organisés, ils ont calé leur horaire sur les rythmes naturels des petits derniers; les pleurs sont l’exception, on anticipe la «mauvaise heure» en terminant dans les temps la tournée des stands.

Ceux-là ont dormi et rien vu. Il faudra revenir dans quelques années pour admirer les écrans géants à la résolution impressionnante. Les voitures qui surgissent à l’horizon paraissent plus vraies que celles exposées. Sur le cyclorama animé d’un constructeur italien de prestige, la jeune escaladeuse qui achève son ascension dans un gros plan glamour, écrase du regard les dimensions du classique mur de grimpe.

A ses pieds, bébé dort et s’en moque. Son frère aîné, lui, veut tout voir. Il muscle les avant-bras de sa mère, avant de passer sur les épaules de son géniteur. «Comme au concert à Paléo» commente ce dernier, en exhibant ses tatouages motorisés. Il fait chaud dans la halle 6, on tombe le survêtement, on termine la visite en marcel.

De père en fils

Bref, il n’y a pas d’âge pour aller à Palexpo et, à dire vrai, les punis de l’enfance sont minoritaires. Cette sortie annuelle se décline de père en fils, elle a été préparée de concert, le sac-à-dos du cadet se remplit de flyers, ses yeux ne sont jamais fatigués. Il passe des fabricants nippons à ceux de l’Europe du Nord avec la même curiosité pour les chevaux et les châssis. Ce visitorat inépuisable génère sa propre relève. Passion bien transmise, assez loin de la mobilité douce et du vélo de seconde main.

Futur champion

On revient le mercredi pour vérifier cette relève au travail. Il y a moins de monde que le jour du Seigneur et la circulation entre les podiums est plus aisée. Les enfants prennent leur revanche, ils occupent le terrain, c’est-à-dire les habitacles flambant neufs, s’asseyant au volant ou sur le siège passager. Double transgression, filmée en direct par les parents. Ce futur champion roulant Porsche ou Mercedes est déjà sur la tablette des grands-parents restés à la maison.

Enfant roi, plastron de ce cinéma familial, volant la vedette aux hôtesses qui font de la figuration à la marge de ces séquences improvisées qui se tournent d’une main sans trop se soucier du cadrage. Investi de la sorte, le Salon ressemble à un parc d’attractions, offrant à chacun toutes sortes d’appropriations joyeuses, rendant presque inutile le développement d’une offre ludique digne de ce nom.

Personnel dansant

Elle existe pourtant. Certains stands font danser leur personnel dans des chorégraphies simplifiées qui tiennent sur une demi-page de fiche artistique. C’est «sympa» comme les animations qui surgissent ici et là, du jongleur de ballon de foot au concours permettant de gagner une nuit dans un container alpin (waouh!), entre barre rocheuse et lac de montagne.

Quant aux petites voitures de collection, elles s’achètent le long de la coursive couverte faisant le lien extérieur entre les halles. Jusqu’à 6000 pièces différentes chez l’un des vendeurs historiques. Il prétend répondre à toutes les demandes. On cherche sans la trouver l’Alfa Romeo Spider Duetto, modèle 1967, conduite par Dustin Hoffmann dans Le Lauréat. Encore une frustration d’adulte. L’enfant tire le bras de son père: «Papa, on rentre, j’en ai marre…» (24 heures)

Créé: 15.03.2018, 15h58

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