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Covid: cas suisses en hausseAutorités vaudoises «attentives» mais pas alarmistes

Pour l’heure, aucune nouvelle mesure ne sera prononcée sur le territoire vaudois. Mais le médecin cantonal va être entendu.

La présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite, ne prend pour l’heure pas de nouvelles mesures sanitaires. Grégoire Junod, syndic de Lausanne, rappelle pour sa part que sa ville se cale sur les consignes cantonales.
La présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite, ne prend pour l’heure pas de nouvelles mesures sanitaires. Grégoire Junod, syndic de Lausanne, rappelle pour sa part que sa ville se cale sur les consignes cantonales.
ARC Jean-Bernard Sieber

Ne pas se hâter. Garder la tête froide. Et éviter de prendre des mesures mal ajustées. Voilà en somme ce que prône le Conseil d’État vaudois, alors que le nombre de cas positifs au Covid-19 en Suisse augmente, avec une soixantaine de contaminations annoncées mardi.

Le conseiller fédéral Alain Berset rappelle ce que dit la loi: il appartient aux Cantons de prendre les mesures nécessaires pour éviter une nouvelle flambée. Le cas d’une école dont les profs sont en quarantaine, mais aussi celui d’un club zurichois devenu foyer pour le virus font monter la pression sur les élus.

Pas de précipitation

Dans le canton de Vaud, huit cas étaient signalés le 29 juin. La présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite, ne se précipite pas pour autant sur des mesures et rappelle la méthode qui prévaut depuis le début de la crise sanitaire. «Nous allons d’abord auditionner le médecin cantonal pour avoir des informations sur la propagation du virus. Ensuite, toutes les mesures prises le seront non pas sur le coup de l’émotion ou de l’injonction, mais dans une logique sanitaire.»

De quelles mesures parle-t-on? Du port du masque, évidemment. Mais il pourrait aussi être question, indique la ministre socialiste, «d’améliorer la traçabilité ou encore de renforcer le respect des distances sanitaires». Nuria Gorrite insiste: «Le but est d’éviter de devoir prendre à nouveau des mesures drastiques et de prononcer des fermetures.»

Le 11 mai dernier, les TL distribuaient des masques aux passagers.
Le 11 mai dernier, les TL distribuaient des masques aux passagers.
Jean-Christophe Bott

Pour cela, la ministre rappelle que si la courbe est effectivement aplatie, «il faut maintenant apprendre à danser autour de ce virus et ne pas le laisser gagner». En somme: l’effort général de respect des consignes sanitaires ne doit pas se relâcher.

«Il est mieux que nous n’y allions pas chacun de notre petite musique»

Grégoire Junod, syndic de Lausanne

Car il n’y a pas que les bars et les boîtes de nuit qui pourraient faire les frais de nouvelles restrictions: églises, transports, espace public en général, magasins… Partout où la promiscuité est possible, elle doit être évitée.

L’application de traçage Swiss Night Pass est spécifiquement destinée aux clubbers.
L’application de traçage Swiss Night Pass est spécifiquement destinée aux clubbers.
Christian Brun

À Lausanne, le syndic Grégoire Junod attend les consignes venues d’en-haut. Et ne cède pas non plus à l’alarmisme. «Depuis le début, la position de la ville est la même: l’autorité sanitaire, c’est le Canton ou la Confédération. Nous nous en tenons donc aux directives émises. Il ne ferait pas de sens que chaque commune y aille de sa petite musique.»

Le week-end dernier, un relâchement s’est pourtant fait sentir, dans la capitale comme ailleurs. Des centaines d’intervention de police ont dû avoir lieu dans l’espace public. Pas de quoi inquiéter les responsables de la sécurité? Le municipal lausannois Pierre-Antoine Hildbrand indique qu’«un accent particulier sera mis sur les contrôles ces prochains jours». Tous types d’établissements confondus, Lausanne a réalisé, depuis le 14 avril, 835 «contrôles Covid».

Relâchement

Et combien de remises à l’ordre et de dénonciation? «Relativement peu, répond le libéral-radical. Mais, reprend-il, on constate un relâchement parmi les clients. Si une très grande majorité d’établissements jouent totalement le jeu, certains testent les limites…»

Le municipal de la Sécurité et de l’économie dit surveiller de près les chiffres de la contamination. Et replace la période actuelle dans son contexte habituel: «La fin de l’école, le début de l’été, c’est toujours des moments où les gens sortent, où il y a une soif de faire la fête. Cette année, c’est couplé à la crise que nous avons vécue. Alors nous devons être vigilants.» Les Lausannois croiseront donc plus souvent, ces prochains soirs, la police et les quatre membres de la Brigade de la vie nocturne et de prévention du bruit.