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Écrire pour être entendu à LausanneAux «Utopiques», des mondes fantasmés

En musique, dix écrivains romands partagent leurs rêves et cauchemars. Samedi soir au jardin Aux 1000 Mains.

La Maison éclose propose de nouvelles formes de médiations littéraires. Ici, en 2016, les «Gourmandises» au Jardin botanique de Lausanne.
La Maison éclose propose de nouvelles formes de médiations littéraires. Ici, en 2016, les «Gourmandises» au Jardin botanique de Lausanne.
Anne Bichsel

Transporter le lecteur dans un monde fantasmé, là où l’injustice ou l’hypocrisie n’existent pas. En 1516, le philosophe et juriste anglais Thomas More s’était brillamment prêté à l’exercice, signant «L’Utopie», un texte aux accents toujours modernes. Alors chancelier du roi Henri VIII, l’homme désirait une autre société, sans malheurs et donc sans argent, à mille lieues du système féodal, désolant à en mourir…

C’est certainement aussi un coin de paradis, bien ailleurs, qu’a recherché le collectif la Maison éclose pour fêter ses cinq années d’existence, en organisant une halte en plein cœur du jardin lausannois Aux 1000 mains, le temps d’une soirée ce samedi 29 août intitulée – justement – «Les Utopiques». Aimant les mots, l’association pousse depuis sa création les auteurs d’ici à partager de vive voix des textes originaux, lors de rencontres imaginées dans des cadres reculés.

«C’était quand même une gageure. On a vraiment senti que le Covid était passé par là. Il est clair que les textes plongent davantage dans la dystopie que l’utopie»

Pierre Crevoisier, journaliste, auteur et président de la Maison éclose, initiatrice du projet

Des univers improbables

Cette année, l’endroit mêlera la culture et la nature sauvage, à l’image du concept qui réunit des écrivains lisant à voix haute des textes préparés et des musiciens portés par l’improvisation. Tout est parti d’un concours lancé en février dernier auprès des plumes romandes, un appel à textes sur le thème des utopies. Six nouvelles ont été sélectionnées, puis quatre auteurs confirmés ont été invités à se joindre au bal: Quentin Mouron, Catherine Lovey, Catherine May et Yves Gaudin.

Un dessin de l’artiste suisse Tom Tirabosco a été utilisé pour l’affiche des «Utopiques».
Un dessin de l’artiste suisse Tom Tirabosco a été utilisé pour l’affiche des «Utopiques».
Tom Tirabosco

Le résultat, ouvrant le champ aux univers improbables parfois angoissants, est à découvrir dès 17h sur les hauts de Lausanne, ainsi que dans le prochain numéro du journal littéraire lausannois Persil, à paraître le même jour. «C’était quand même une gageure, explique Pierre Crevoisier, journaliste, auteur et président de la Maison éclose, initiatrice du projet. On a vraiment senti que le Covid était passé par là. Il est clair que les textes plongent davantage dans la dystopie que l’utopie.»

Le public, qui doit s’inscrire à l’avance à cause du nombre de places limité, profitera d’un repas sous la forme de verrines, en plus des dialogues entre textes et musiques. De quoi faire vibrer tous les sens.