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Hockey sur glaceAvec Charles Hudon, le Lausanne HC a créé le buzz

Depuis que l’ancien joueur du Canadien de Montréal est arrivé à la Vaudoise aréna, on parle quotidiennement du LHC au Québec.

Charles Hudon (à droite) retrouvera Michal Ngoy (Ambri) vendredi soir à la Vaudoise aréna.
Charles Hudon (à droite) retrouvera Michal Ngoy (Ambri) vendredi soir à la Vaudoise aréna.
Keystone

Responsable des relations médias du Lausanne HC depuis bientôt trois ans, Thierry Meyer n’avait jamais été confronté à une situation aussi inouïe. Depuis une dizaine de jours, lorsque son téléphone cellulaire tinte, il est plus fréquent que le numéro de l’appelant commence par «+1 514» que par «+41 79».

Pourquoi tant d’appels en provenance de la région de Montréal? Parce que la présence de Charles Hudon (26 ans) au sein du club vaudois de National League depuis le 14 octobre soulève, sinon de la curiosité, au moins une montagne de questions.

Ce rapide ailier, qui était parvenu à se tailler un poste régulier dans l’effectif du Canadien de Montréal en 2017-2018 avant d’être confiné à un rôle marginal par l’entraîneur Claude Julien la saison suivante, puis d’être rétrogradé au Rocket de Laval en AHL en 2019-2020, a-t-il coupé le cordon avec l’organisation du Centre Bell qui détient toujours ses droits NHL? Est-il amer du traitement qui lui a été réservé par l’équipe qui l’avait repêché en 2012? Pourquoi Lausanne? Une expérience temporaire pour mieux rebondir outre-Atlantique? D’ailleurs se plaît-il en Suisse?

Quelques flèches aux Habs

Ces derniers jours, plusieurs journalistes du beat du Canadien de Montréal ont posé ces questions, et bien d’autres, à un Charles Hudon, qui en a profité pour lancer quelques flèches à la direction des Habs tout en dressant un tableau enjôleur de ses premières impressions lausannoises.

Le nouveau 55 des Lions s’était d’abord confié à Guillaume Lefrançois, de «La Presse» en évoquant notamment le numéro qu’il porte avec le LHC (il avait le 54 à Montréal): «C’est juste le numéro que le Canadien m’a donné. Ils ont choisi pour moi, comme pendant pas mal toute ma carrière.»

Il a ajouté: «Avec tout ce que le Canadien m’a fait vivre, je savais qu’ils allaient me qualifier (ndlr: Hudon a reçu une offre qualificative le 4 octobre). Je n’ai pas reçu beaucoup de services d’eux pendant ces années-là. J’ai donc décidé de penser à moi, à mes enfants et à ma carrière.»

L’ancien partenaire de trio du Sierrois Guillaume Asselin à Chicoutimi dans les rangs juniors a ajouté: «Tout le monde dira que j’ai joué, que j’ai eu ma chance. Mais avoir une vraie chance, c’est quand tu te sens apprécié, quand tu reçois de la communication. C’est ce que j’ai ici (ndlr: à Lausanne).»

Hudon s’est ensuite confié à Jean-François Chaumont dans un article qui a occupé deux pages du «Journal de Montréal».

Deux pages dans «Le Journal de Montréal».
Deux pages dans «Le Journal de Montréal».
Capture «Journal de Montréal»

Un premier extrait: «C’est drôle à dire, mais après deux périodes avec Lausanne, j’avais déjà plus de minutes qu’après mes deux matches en séries avec le Canadien (ndlr: il avait été aligné deux fois avec les Habs contre Philadelphie dans le bulle de Toronto durant l’été).» Un deuxième: «Je crois aussi qu’un nouveau départ ne fait jamais de tort. Pour l’instant, ça va super bien. Je sais aussi que je peux réaliser de belles choses ici (ndlr: à Lausanne).» Un troisième: «Je voulais partir en Europe. J’avais besoin de jouer. La décision est prise. Je ne sais pas s’il s’agit du bon choix. Seul l’avenir me le dira. Mais pour l’instant, je suis heureux d’être ici à Lausanne.»

Des débats à la télévision et à la radio

Des propos qui ont été encouragés jeudi par Maxim Lapierre, l’ancien attaquant Lugano aujourd’hui à Berlin, lors d’une émission de télévision de «TVA Sports»: «Il devrait se concentrer sur lidée de rester là, vivre la belle vie, le confort dêtre avec sa famille, jouer deux matches par semaine. Il y a moins de blessures, moins de voyagement, cest beaucoup plus plaisant côté familial.»

Les mots de Charles Hudon ont aussitôt été commentés et débattus par des experts à des heures de grande écoute sur l’autre canal de télévision sportif québécois, «RDS». Et à plusieurs reprises sur les ondes du «91.9», une station de radio sportive.

Cette exposition ravit Thierry Meyer, qui supervise l’organisation des interviews en fonction des impératifs horaires des médias canadiens et du décalage horaire. «Charles Hudon est au LHC pour des raisons sportives, c’est une évidence, explique le responsable des relations médias. Mais semble avoir un très bon contact avec les médias québécois, et indirectement, c’est bon pour notre image.»

‹‹Les propriétaires du club ont l’intention de faire du Lausanne HC une marque››

Thierry Meyer, responsable des relations médias du Lausanne HC

D’ailleurs, il ne s’en cache pas: «Les propriétaires du club ont l’intention de faire du Lausanne HC une marque. La marque la plus connue du hockey francophone à l’extérieur du territoire nord-américain.»

Aujourd’hui, avec la présence d’un Hudon qui a amassé quatre points personnels lors de ses deux premières sorties, les planètes sont alignées pour que le club vaudois se retrouve en vitrine. D’autant plus que le championnat de NHL ne reprendra pas avant le mois de janvier 2021.

Un auditoire de centaines de milliers de personnes

D’ici-là, au Québec, où le hockey est une religion, l’actualité de Charles Hudon continuera à être épiée. Thierry Meyer et ses collègues tenteront de comprendre la signification de certaines expressions québécoises au bout du fil. Et les images, dans les journaux ainsi qu’à la télévision, du maillot du LHC toucheront un auditoire de plusieurs centaines de milliers de personnes.