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Sécurité aquatiqueLes 8 infos à connaître pour éviter les dangers du Rhône

La nage et la navigation se popularisent, mais les conseils de sécurité ne suivent pas toujours. Connaissez-vous les principes de base?

On l'oublie parfois, le Rhône n'est pas une piscine et certaines précautions sont indispensables.

La température du Rhône frôle les 18 degrés ce lundi 24 juin, mais l’eau est tentante en ce début de semaine estivale. Cependant attention: s’y lancer joyeusement sans connaître les règles de base serait une erreur. Le cours d’eau cache bien ses dangers et chaque année, les accidents de baignade sont nombreux et les noyades loin d’être rares.

Un jeune homme de 24 ans s’est blessé le 14 juin en sautant du Viaduc de la Jonction – ce qui est d’ailleurs interdit. Deux signalements les 16 et 20 juin font aussi craindre des disparitions, sans que les secours aient pu localiser de victimes.

Du chaud au froid et du calme au rapide, le fleuve peut réserver de mauvaises surprises. Voici huit points qu’il faut connaître avant de se glisser dans ses flots.

Cet article, publié une première fois en juin 2023, a été mis à jour.

Les ouvertures de vannes peuvent survenir à tout moment

En amont du barrage du Seujet, qui produit de l’électricité, la baignade est interdite et le danger au maximum car on risque d’être pris à l'intérieur des vannes. L’interdiction se poursuit après le barrage jusqu’au pont de Sous-Terre. «Dans cette zone, lorsque les vannes du barrage sont grandes ouvertes, il y a des turbulences très dangereuses, avertit  Nicolas Millot, lieutenant  au SIS. En été, le débit peut varier de 100 m3 jusqu’à 500 m3 d’eau par seconde.»

Si les vannes du Seujet peuvent s’ouvrir à tout moment, c’est parce que le barrage régule le niveau du Léman et doit permettre d’éviter les inondations tout autour du lac. Si on est pris dans le courant, il ne sert à rien de lutter contre lui, conseille l’officier. Le mieux est de se laisser porter et de se rabattre vers les rives.» Il y a trois pontons des deux côtés de la rivière qui permettent de sortir jusqu'à la pointe de la Jonction, avant que l’eau ne refroidisse de dix degrés à cause de l’Arve.

L’Arve refroidit brusquement le Rhône

Les changements brutaux de température sont aussi dangereux, même pour les personnes qui nagent bien. La jonction entre le Rhône et l’Arve est l’un des lieux les plus dangereux pour les loisirs aquatiques: en été, la température peut passer de 22 degrés à 12 car l’Arve, qui descend directement du Mont-Blanc, reste à 10 -15 degrés tout l’été, alors que le Rhône peut monter jusqu’à 25 degrés.

«Au contact d’un changement brutal de température, l’organisme cherche à vite se réchauffer, ce qui cause une grande agitation et un épuisement rapide, détaille le Dr Robert Larribau, médecin responsable des urgences santé 144. L'engourdissement arrive très vite. On risque de perdre conscience et de couler.»

Le contraste entre l’air chaud et l’eau froide peut aussi avoir des conséquences dramatiques pour le corps. C’est typiquement la situation d’un plongeon après une longue exposition au soleil. «Une trop grande différence de température air-eau peut causer une syncope dans l’eau, qui peut finir en arrêt cardio-respiratoire», prévient également le docteur. C’est pour cette raison qu’on conseille de rentrer progressivement dans l'eau.

Au 144, on identifie deux grands groupes de personnes à risque: les petits enfants qui ne savent pas nager et les jeunes adultes: «Ce deuxième groupe à parfois tendance à se surestimer et à se jeter à l’eau en ayant bu de l'alcool, constate le Dr Robert Larribau, responsable Urgence Santé 144. 40% des noyades sont dues à la prise d’alcool. Une bière suffit pour altérer ses capacités physiques.»La surveillance préventive est indispensable, selon le médecin. «Tous ceux qui survivent ont étés sortis par des témoins. Les secours arrivent après 10 minutes et c'est souvent trop tard.»

À souligner encore que la température de l’eau peut varier rapidement. «Lorsqu’on a ces grandes bourrasques qui viennent du Sud-Ouest, le vent crée des vagues et repousse la couche d’eau chaude à l’avant du lac, côté vaudois. Elle est remplacée par la couche du dessous, qui est beaucoup plus froide», explique François Pasquini, directeur du Service cantonal de l’écologie de l’eau. Conséquence: plusieurs degrés de moins en quelques heures à peine. «Cela peut aller très vite, même si le soleil brille.»

Le site Hydrodaten de la Confédération renseigne en temps réel sur le débit et la température du Rhône.

Sauter des ponts est interdit

Contrairement à ce qu’un visiteur pourrait constater en le traversant, sauter du pont de Sous-Terre est interdit, comme l’indiquent les panneaux qu’on y aperçoit. L’officier Nicolas Millot rappelle les raisons de cette interdiction: «On pourrait atterrir sur quelqu’un et le blesser, ou mal définir la profondeur, explique-t-il. Il faut aussi éviter de s’accrocher aux piles. C’est dangereux car l’eau s’écrase dessus et on pourrait se faire plaquer.»

Mais l’ouvrage fascine et jeunes et moins jeunes continuent de se risquer à plonger, en escaladant la barrière une fois le bateau de la police passé. Parfois en immortalisant leur exploit pour les réseaux sociaux, où le plongeon est à la mode.

Récemment, une pratique très dangereuse trouve de nouveaux adeptes chez les plus jeunes: plonger depuis le Viaduc de la Jonction d’une hauteur de 28 m. En plus d’être interdit, sauter d’une telle hauteur présente des risques significatifs de blessures graves, voire fatales. Le plongeur atteint environ 85 km/h au moment de l’impact avec l’eau. Cela peut provoquer, même en cas de réception parfaite, de graves traumatismes, qui peuvent conduire à la noyade et à la mort.

À noter aussi que les sauts depuis les ponts sont amendables. Les passages de la brigade de la navigation sont réguliers mais «dans un premier temps, des messages de prévention sont donnés avec un rappel des règles». Le tarif officiel de l'amende d'ordre pour plongeon depuis un pont est de 150 francs.

Il n'y a pas de tourbillons aspirants ni de sables mouvants

À bon usage, pour dissuader les nageurs téméraires, un bruit courait que le long de ses rives, la rivière cachait des sables mouvants, ce qui est faux. «Il peut y avoir des tronçons avec des alluvions et de la vase, mais pas de quoi vous piéger», explique l’officier Nicolas Millot. 

Autre idée reçue, les tourbillons qui se forment au-dessus de l’eau ne peuvent pas vous aspirer et vous tirer vers le fond. C’est un phénomène qui est dû à la topologie du sol. Le tourbillon se crée à la scission de deux courants. «On pourrait tourner sur nous-même, mais sans risque de se faire happer», assure le spécialiste.

Les branches d’arbres peuvent être très dangereuses

Les branches d’arbres qui jonchent les rives peuvent-elles s'avérer être des pièges redoutables. Elles sont parfois sous la surface de l’eau, ce qui peut surprendre. Par fort courant, on risque d’y être poussé, notamment lorsque le Rhône tourne à gauche. Le danger est qu’on y reste accroché. Plus on se débat, plus on est plaqué.

Les embarcations gonflables peuvent, elles, se crever à leur contact. Il faut donc toujours se munir de rames afin de pouvoir contrôler son embarcation et manoeuvrer pour éviter les dangers.

Le fleuve est aussi utilisé par de grands bateaux

De grands bateaux naviguent sur le Rhône et peuvent créer de mauvaises surprises. La barge des SIG, notamment, un navire de 56 mètres de long qui pèse 370 tonnes, transporte des déchets du quai de chargement de la Jonction à l’usine des Cheneviers. Elle utilise une grande partie de la largeur du Rhône au cours de sa manœuvre.

Un panneau et un signal sonore ont été installés à la station de pompage de Saint-Jean pour informer les baigneurs. Lorsque le pilote de la barge actionne l’alarme, c’est pour signaler sa présence afin d'écarter les différents usagers du Rhône (nageurs, paddle, bouées, etc.). La barge est désormais précédée par un bateau pour ses trajets de l’après-midi afin d’alerter les baigneurs. 

Sur le Rhône, on ne s’attache pas

Attacher ses embarcations peut s’avérer très dangereux indique le SIS.

Le SIS recommande de ne jamais accrocher les embarcations gonflables ensemble, ni d’attacher la jambe à son paddle. «Il arrive souvent que des embarcations accrochées ensemble prennent la pile du pont Butin, le groupe est séparé en deux avec des bateaux de chaque côté. Les gens ainsi entrelacés à un obstacle subissent la pression de l’eau et n’arrivent pas à se dégager de cette situation. Ils ne savent plus quoi faire et les risques de noyade sont grands», explique Yann Weber, responsable aquatique du SIS. Les obstacles fixes comme les grandes branches d'arbres créent le même effet.

La police patrouille et verbalise

La brigade de la navigation patrouille sur le Rhône de 14 h à 21 h.

Sur les plans d’eau tels que le Rhône, l’Arve ou le lac, trois patrouilles se relaient lors des journées de forte affluence. En haute saison, la Brigade de la navigation patrouille constamment sur le Rhône entre 14 h et 21 h. Des amendes sont distribuées aux nageuses et nageurs ou aux embarcations qui ne respectent pas les règles.

La police genevoise travaille conjointement avec d’autres acteurs tels que le Service incendie et de secours (SIS) ou encore la Société internationale de sauvetage (SISL).

Le SIS réalise une trentaine d’interventions sur l’eau chaque année. Avec le succès croissant des descentes sur le Rhône et la nage en rivière, ce chiffre pourrait bien être largement dépassé cette année. En 2023, il y a eu 42 départs pour noyade dont 29 sur le Rhône. Fin juin, nous en sommes à 13, dont 7 sur le fleuve.

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