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EditorialBaisser les réserves ne suffira pas

Soyons optimistes, la faible hausse des primes maladie pour l’an prochain est une bonne nouvelle. La crise du coronavirus a péjoré la situation économique de nombreux assurés qui, même sans forte augmentation de leur facture, auront du mal à boucler les fins de mois.

Lire aussi: «Les réserves des assureurs sont beaucoup trop hautes»

Selon Alain Berset, les primes ne devraient pas couvrir totalement les coûts l’an prochain. Dans la même logique, la Confédération a annoncé la semaine dernière sa volonté d’inciter les assureurs à réduire leurs réserves qui, désormais, s’élèvent à quelque 11 milliards de francs. La solution proposée, éminemment politique, est-elle suffisante? Faudrait-il se montrer plus strict face aux assureurs, voire s’éloigner du sacro-saint principe voulant que les primes doivent couvrir les coûts? On peut en discuter. Ce mardi face à la presse, le ministre de la Santé a d’ailleurs encouragé les caisses à jouer le jeu, si elles ne veulent pas que le gouvernement agisse.

«S’il est une période où il faut puiser dans les réserves, c’est bien celle-là»

Il fallait oser ce pas. S’il est une période où il faut puiser dans les réserves, c’est bien celle-là. Parce que les Suisses en ont besoin et parce que le bas de laine est suffisamment garni pour se le permettre. Cependant, les réserves ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Les abaisser reste une solution conjoncturelle, ces économies n’étant pas inépuisables. À plus long terme, si l’on veut maîtriser les primes, il faudra apporter des solutions au vrai problème, celui de la maîtrise des coûts.

Jusque-là, tout le monde semble d’accord. Parmi les pistes, il faut lutter contre les traitements inutiles ou encore baisser les prix des génériques. Le problème, c’est que, pour trouver des solutions concrètes, il faudra que les acteurs du système, dont les intérêts sont opposés, parviennent à tirer à la même corde.

8 commentaires
    Nicki

    Les réserves des assurances s'élèvent à 11 milliards de francs.

    Or, précisément hier, le Parlement a accepté le budget demandé par Ignazio Cassis pour l'aide au développement des pays du tiers monde : précisément 11 milliards. Et il les a obtenus !

    Donc nous avons 11 milliards pour des inconnus mais pas d'argent pour les suisses ?