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Éditorial«Balance ton porc» sur scène

Le harcèlement sexuel ronge le microcosme romand des arts de la scène. Le phénomène n’est certes pas nouveau, mais on aurait pu espérer que la vague #MeToo délie les langues, protège les victimes, remette à l’ordre les fauteurs de troubles. Il n’en est rien, ou si peu. Rares sont celles qui osent parler, dénoncer, encore moins déposer une plainte. Nos interlocutrices, qui s’expriment pour la plupart sous couvert d’anonymat, confient ne pas voir d’autre solution que de se passer le mot entre elles, se mettre en garde. Et serrer les dents.

La propagation de rumeurs, fondées ou non, ne fait qu’empoisonner un peu plus une situation déjà malsaine. La première étape consiste donc à sortir la tête du sable et à jouer cartes sur table. Oui, cela existe. Oui, des gens en souffrent. Non, la dévotion au plateau ne justifie pas tout. C’est pourquoi il est nécessaire de créer un cadre sécurisé et sécurisant pour que «les personnes légitimes à se plaindre se sentent enfin légitimes», selon les mots d’une danseuse que nous avons rencontrée.

Lire aussi: Malgré #MeToo, le harcèlement gangrène la scène

Depuis deux ans, le vernis commence à craqueler. Timidement. Écoles d’art et institutions scéniques mettent en place des chartes, ajoutent des clauses dans les contrats, engagent des personnes de confiance. Pour quels résultats? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ces dispositifs ont le mérite de poser un cadre clair où chacun connaît ses droits, ses devoirs, ses moyens d’action en cas de dérapage. A fortiori dans un milieu nimbé de notions nébuleuses telles que le rapport au corps, la nudité sur scène et le pouvoir du créateur sur l’interprète.

L’exemple de la Belgique, cité par plusieurs de nos interlocuteurs, est peut-être une des pistes à creuser. Une charte diffusée sur le site www.engagementarts.be compile les signatures d’artistes, membres d’institutions, spectateurs et formateurs brandissant collectivement et publiquement leur engagement contre le sexisme et le harcèlement sexuel. Un collectif d’artistes vaudois s’en inspire pour l’élargir à la Suisse. Un premier pas pour briser l’omerta.

1 commentaire
    CHARLES PITTET

    La physiothérapie n'existe pas sur scène, soyez prudente jeune femme, peu d'homme aujourd'hui son adroit, car ils sont mordus au tâlon, ils vivent tous une schizophrénie psycosomatique malhonnête, des ladrons désaxés.