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AboBarry Callebaut
Le roi du chocolat suisse accumule les déconvenues

Les temps sont durs pour Barry Callebaut, le plus grand fabricant de pâtes chocolatées industrielles au monde.
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«Une mise à jour stratégique complète!» C’est la promesse faite en juillet par Peter Feld, le nouveau CEO de Barry Callebaut. Prévue pour le 1er novembre prochain, jour de publication des résultats annuels du plus grand fabricant de pâtes chocolatées industrielles au monde, la présentation de cette réorientation sera suivie de près par les investisseurs. L’espoir est qu’elle offre enfin un rayon de soleil dans un ciel rempli de sombres nuages noirs.

Les temps sont durs pour Barry Callebaut. Le groupe suisse accumule les déconvenues depuis plusieurs trimestres. Sur le plan boursier, c’est la débandade. Son titre n’a cessé de baisser depuis le pic historique atteint en 2021 à 2300 francs (contre 1559 francs actuellement). La baisse est à l’image d’un groupe qui, après avoir égaré sa boussole, ne parvient plus à savoir où se trouve le nord.

Direction chamboulée

Est-ce la faute aux multiples chamboulements survenus au sein de sa direction? C’est l’hypothèse défendue par certains analystes. Depuis trois ans, il est vrai que l’entreprise a enchaîné les départs. Et l’hémorragie a pris sa source au plus haut niveau. Au cours des deux dernières années, Barry Callebaut a notamment perdu son directeur financier, son directeur de l’innovation, son directeur des opérations et son directeur général à deux reprises. Peter Boone, qui avait pris la suite d’Antoine de Saint-Affrique au mois de septembre 2021, n’a pas tenu deux ans. Le printemps dernier, il laissait la place à Peter Feld.

Cette instabilité managériale se couple à une source de préoccupation encore plus perturbante: le désengagement progressif et conséquent des Jacobs, l’actionnaire historique du groupe. Entre 2018 et 2022, la Jacobs Holding et les membres de la famille ont réduit leur participation de 58,6 à 35,1%.

De quoi provoquer doutes et incertitudes au sein des investisseurs. «Il est aujourd’hui très difficile d’évaluer les intentions de Jacobs Holding», s’inquiète Jean-Philippe Bertschy. L’analyste financier chez Vontobel espère «une déclaration claire de leur part ainsi que du conseil d’administration» au mois de novembre.

Le prix du cacao renoue actuellement avec des sommets plus atteints depuis vingt-deux ans.

Volumes en baisse

La nécessité de régler ces soucis de management est d’autant plus urgente que les affaires du groupe ne sont pas au mieux de leur forme. Durant les trois premiers trimestres de son année fiscale 2022-2023, malgré des revenus en hausse de 3,6% à 6,3 milliards, Barry Callebaut a vu le volume de ses ventes baisser de 2,7% en comparaison annuelle. Au total, le groupe a livré quelque 1,7 million de tonnes de pâtes chocolatées à ses clients tels que Mondelez, Nestlé ou Unilever.

Dans une période où le prix du cacao renoue avec des sommets plus atteints depuis vingt-deux ans, l’entreprise suisse paie cher le prix de l’épidémie de salmonellose survenue l’an dernier dans son usine de Wieze, en Belgique. «Alors qu’une telle affaire est en soi un désastre pour une entreprise du secteur de l’alimentation et des boissons, elle s’amplifie lorsqu’elle concerne la plus grande chocolaterie du monde», souligne Jean-Philippe Bertschy.

Même si l’analyste de Vontobel salue les mesures prises pour régler cette crise, il décrit cet incident comme «une aubaine pour les concurrents de Barry, qui se sont retrouvés en position de force pour renégocier certains contrats à plus long terme».

Dégâts d’image

À ce premier dégât d’image, il faut en rajouter un autre: son changement de calendrier en termes de développement durable. Au mois de mai, le géant suisse du chocolat annonçait qu’il lui faudrait cinq années de plus pour produire un chocolat 100% durable. La faute, selon Barry Callebaut, à la «complexité des chaînes d’approvisionnement pour certains ingrédients» et son manque d’influence dans certaines régions du monde.

«Barry Callebaut a un besoin urgent de rétablir une forme de stabilité.»

Jean-Philippe Bertschy, analyste financier chez Vontobel

Pour la plupart des entreprises agroalimentaires, que ce soit dans le cacao, le café ou encore l’huile de palme, la gageure est pourtant la même. Et des solutions existent, à l’instar de celle mise en place par Nestlé pour son approvisionnement en huile de palme. Le géant veveysan fait aujourd’hui appel à Airbus et sa flotte de satellites pour surveiller l’état des forêts et sélectionner de manière plus pertinente ses producteurs sur place pour lutter contre la déforestation.

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Faibles perspectives

Vu les premiers avertissements émis par le roi du chocolat pour les mois à venir – son nouveau patron évoque déjà «une croissance faible» –, la date du 1er novembre s’annonce comme cruciale. Elle permettra de réévaluer l’état dans lequel se trouve le groupe. «Barry Callebaut a un besoin urgent de rétablir une forme de stabilité après le récent flux de mauvaises nouvelles», affirme Jean-Philippe Bertschy, qui préfère rester très prudent sur l’évolution de l’entreprise et son cours en Bourse à moyen terme.

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