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PolarBernard Minier piège son lecteur au fond d’une vallée des Pyrénées

L’ancien contrôleur des douanes, devenu l’un des auteurs français de thrillers les plus lus, revient pour l’été avec d’atroces crimes ritualisés à élucider.

L’écrivain est de retour avec un récit palpitant.
L’écrivain est de retour avec un récit palpitant.
Bruno Levy

Martin Servaz, c’est toujours une joie de le retrouver. D’autant plus qu’il débarque avec l’été dans un volume palpitant de 522 pages livré par Bernard Minier. Le commandant de la police judiciaire de Toulouse a habitué son lecteur à crapahuter sur ses traces dans les Pyrénées. C’est beau, les Pyrénées, sauvage, violent, dépaysant. Mais très mal fréquenté. S’y déroulent des crimes atroces que Martin Servaz s’échine à élucider.

Il s’agit cette fois de meurtres ritualisés qui ont tous un rapport avec l’élément liquide. Un alpiniste a été étendu, vivant et nu, sur un lac gelé, puis aspergé d’eau jusqu’à ce que mort s’ensuive. On lui a aussi ouvert le ventre pour y introduire un poupon en plastique. Un dealer a péri noyé après avoir été agenouillé et maintenu avec des pierres sous une cascade se déversant dans son abdomen. Et ce n’est pas terminé: 522 pages, on vous dit.

Des nouvelles de Marianne

Pour les besoins de l’enquête, Martin Servaz retrouve sa collègue et amie Irène Ziegler. Mais dans «La Vallée», c’est elle qui mène les investigations. En réalité, Martin n’est pas là pour ces assassinats. Il a reçu un appel de Marianne, la femme aimée, jamais oubliée, puis disparue en lui laissant un fils, Gustav. Le cœur à 180, Servaz s’enfile dans la vallée vers une abbaye enténébrée pour retrouver la trace de cet unique coup de fil. Pour revoir Marianne.

Mal lui en a pris. Le policier se retrouve piégé comme le saumon dans une nasse. Difficile pour lui de distinguer ses amis de ses ennemis. Dans quelle catégorie classer le père Adriel, l’abbé qui règne sur Aiguesvives? Ou Gabriela Dragoman, la psychiatre qui vit parmi des œuvres d’art mêlant SM et religion? On le saura une fois avalées les 522 pages. Opération dont on s’acquitte avec un vif plaisir et sans la moindre trace de lassitude. Car Minier et Servaz, c’est un duo qui fonctionne à merveille.

«La Vallée» par Bernard Minier, XO Éditions, 522 p.