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CinémaBienne fait écran au virus

Du 16 au 20 septembre, le Festival du film français d’Helvétie (FFFH) convie œuvres et vedettes dans la cité bilingue. Un pari de longue haleine qui, bien qu’en format réduit, devrait s’avérer payant.

Le joliment titré «Adieu les cons» sera au programme du FFFH, parmi les 40 avant premières françaises et suisses au menu biennois.
Le joliment titré «Adieu les cons» sera au programme du FFFH, parmi les 40 avant premières françaises et suisses au menu biennois.
DR

«On a fait un sondage auprès des amis du festival – plus de 400 personnes – pour leur demander s’ils viendraient à une édition 2020: on a eu un taux de «oui» de 87,5%. Alors on y est allés!» Au téléphone, le directeur du Festival du film français d’Helvétie (FFFH) a l’enthousiasme des coureurs de fond en vue de la ligne d’arrivée. Depuis six mois, Christian Kellenberger et son équipe se sont battus pour maintenir la tenue du rendez-vous cinématographique qui, inlassablement depuis 2005, jette des ponts entre territoires linguistiques, célébrant le septième art francophone auprès des populations germanophones, assumant – mieux, revendiquant! – sa position bilingue en bonne ville de Bienne.

Le challenge n’était de loin pas gagné. Il fallait parier sur la présence des invités, mais avant tout sur les films qu’ils viendraient représenter – l’offre serait-elle là en septembre? Et les cinémas ouverts pour les projeter? «De mars à juin, il y avait tellement d’incertitudes que tout le monde nous conseillait d’annuler. Je suis fier que l’équipe ait gardé le cap et soit restée mobilisée», continue le cofondateur et directeur. Qui a pu compter sur les amis de longue date du festival, à l’écoute au plus fort de la crise et «immédiatement partants dès que les feux sont passés au vert».

Ainsi de Patrick Bruel, qui viendra présenter «Villa Caprice», le réalisateur Lucas Belvaux, très attendu pour «Des hommes» (avec Jean-Pierre Darroussin, lui aussi présent à Bienne), Kacey Mottey Klein, venu 11 fois au FFFH, Jean-Pierre Améris pour «Profession du père», avec Benoît Poelvoorde. Et aussi Nicole Garcia, Benoît Magimel, Daniel Cohen et bien d’autres.

Masques dans les couloirs

En tout, du 16 au 20 septembre, 35 longs métrages et 6 courts garniront les cinémas de Bienne. Covid oblige, un siège sur deux sera vide, ce qui a poussé l’organisation à mobiliser une quatrième salle et à réduire son budget en même temps que ses attentes. Le FFFH a rassemblé 20’000 spectateurs l’an dernier; il sera satisfait si 8000 répondent présent cette année.

«Le Canton de Berne n’oblige pas le port du masque, mais nous avons opté pour un consensus car notre public vient des quatre coins de la Suisse: le masque sera demandé, mais seulement jusqu’à l’installation sur son siège.» Le nombre de projections (65) sera similaire aux années précédentes, puisque certains films seront projetés deux fois. Largement encouragé par la Ville de Bienne, le Canton et la Confédération, le FFFH jouit d’un autofinancement de 90% qui lui permet d’affronter la crise avec plus d’assurance que bien d’autres festivals.

Parmi les grandes premières, on retrouve entre autres «Profession du Père» de Jean-Pierre Améris, les drames sensibles «Des hommes» de Lucas Belvaux et «Amants» de Nicole Garcia et des comédies telles «Adieu les cons» d’Albert Dupontel, «Miss» de Ruben Alves, «30 jours max» de Tarek Boudali et «Le discours» de Laurent Tirard. Plusieurs compétitions rythmeront les quatre jours de projection, qui se poursuivront en version itinérante, entre le 15 octobre et le 6 novembre, au gré de sept villes germanophones du canton de Berne.

Festival du film français d’Helvétie, Bienne, du 16 au 20 septembrewww.fffh.ch