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Légende de la mise en scèneBob Wilson, au plus près de la lumière

Metteur en scène et plasticien à l’épure légendaire, l’Américain signe au Grand Théâtre «Le Messie», oratorio de Haendel revisité par Mozart. Rencontre ouatée avec un esthète tenace.

Bob Wilson: «Comme Kleist, je pense qu’un bon acteur est comme un ours: il ne bouge jamais le premier.»
Bob Wilson: «Comme Kleist, je pense qu’un bon acteur est comme un ours: il ne bouge jamais le premier.»
Magali Girardin

Sur le bureau de la suite d’hôtel qu’il occupe depuis quelques heures trônent déjà des feuilles saturées au feutre noir et des dossiers enfermant sans doute des centaines d’idées à concrétiser prochainement. Debout dans son costard et sa chemise rigoureusement noirs, Bob Wilson déambule d’un pas court, chaussettes aux pieds, silhouette légèrement voûtée, regard clair et un rien fatigué, avant de se plier d’un air résigné à l’exercice du portrait photographique. Le metteur en scène légendaire étonne par la prestance de sa carrure, par son physique de quarterback texan qui pourrait le placer bien en deçà des 79 ans déclarés. À Genève, l’Américain se tourne vers un oratorio, le célèbre «Messie» de Haendel, dans sa version remaniée par Mozart. Il nous parle de cette incursion dans le répertoire sacré, de cette aventure nouvelle et d’autres choses encore, d’une voix voilée, dont le débit lent renvoie à ses mises en scène vaporeuses.

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