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Maladies saisonnières
«Booster son immunité» contre les virus, un «mythe» tenace

Une personne verse le remède naturel Echinaforce d’A. Vogel dans un verre à Zurich, le 16 septembre 2020.
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Sur les réseaux sociaux, dans des publicités ou même en pharmacie, des dizaines de produits proposent de «booster son immunité» face à la période hivernale et ses maladies saisonnières. Mais cette promesse «marketing» n’a souvent rien de scientifique.

Vitamines B, C, D ou oligo-éléments: près d’un tiers de la population suisse prend au moins un complément alimentaire, estime l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Parmi les objectifs recherchés: renforcer ses défenses naturelles, notamment pour combattre la grippe, très virulente cet hiver.

Un «mythe» pour la virologue française Océane Sorel, alias The French Virologist sur les réseaux sociaux: «Sur le papier, c’est séduisant. Mais ce n’est que du marketing. «Booster son immunité», ça ne veut pas dire grand-chose.»

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Pour bien fonctionner, notre système immunitaire a besoin d’un cocktail de nutriments, vitamines et minéraux. Toutefois, ces apports sont en général assurés par l’alimentation.

Parfois, les femmes enceintes, les personnes âgées ou ceux qui suivent un régime végane peuvent présenter des carences. «Mais pour le savoir, encore faut-il aller consulter un médecin, et il ne s’agirait alors pas de «booster» le système immunitaire mais juste de rétablir son fonctionnement normal», insiste Océane Sorel.

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de «potion magique» pour le «rendre plus efficace», renchérit la Pr  Irène Margaritis, adjointe au directeur de l’évaluation des risques à l’agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses.

De vrais risques

À la différence des médicaments, les compléments alimentaires ne sont en principe soumis à aucune autorisation. Seule l’ordonnance du Département fédéral de l’intérieur sur les compléments alimentaires (OCAl) en fixe les conditions d’utilisation, notamment les quantités maximales. Cette base légale les définit comme des denrées alimentaires «ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés» et dont «le but est de compléter le régime alimentaire normal».

Elle précise également que l’étiquetage, la présentation et la publicité des compléments alimentaires «ne peuvent porter aucune mention affirmant ou suggérant qu’un régime alimentaire équilibré et varié ne constitue pas une source suffisante de nutriments en général».

En Suisse, les consommateurs se procurent ces produits principalement en pharmacie, en droguerie ou au cabinet médical. Plus d’un quart sont achetés sur internet ou par correspondance, et près d’un cinquième dans le commerce de détail ou les supermarchés.

Sur Instagram, temple des astuces bien-être, les collaborations commerciales mettant en avant ces produits pullulent. Ce phénomène croissant inquiète la Pr  Irène Margaritis: «Les produits vendus sur internet sont bien moins contrôlés, et certains produits ont une composition bien différente de celle affichée.»

Et si les bénéfices face aux virus sont souvent nuls, les risques ne le sont pas, alertent les professionnels. Le zinc crée par exemple des carences en cuivre. Quant à la vitamine D, l’Anses avait averti la population en 2023 de cas de surdosage chez des nourrissons, liés à la prise de compléments alimentaires.

Business fondé sur la «peur»

«On pense à tort que ce ne sont que des vitamines, que c’est inoffensif, mais ce ne sont pas des bonbons», rappelle Océane Sorel. L’agence sanitaire avait également averti en 2023 que des compléments alimentaires à base de plantes pouvaient présenter des risques – parfois graves – pour la santé.

«Certaines substances peuvent aussi interagir avec des médicaments, les rendant plus toxiques ou inefficaces», prévient la Pr Margaritis.

L’aloe vera est par exemple contre-indiqué en cas d’occlusion intestinale et de maladie inflammatoire intestinale, entre autres; l’échinacée en cas de pathologie du système immunitaire ou de prise de médicaments affectant le système immunitaire; le ginkgo biloba en cas d’épilepsie notamment.

Le secteur global est pourtant en pleine expansion. «Le business du «boost de l’immunité» capitalise sur la peur des gens», avance Océane Sorel.

Il existe toutefois d’autres moyens de prévenir les infections hivernales, dont la grippe: la vaccination – «seul vrai moyen de booster son immunité», soutient la virologue –, mais aussi les gestes barrières, l’aération, et le lavage des mains.

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