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Mot romand de l’année 2022«Boycotter», une action collective qui sait se faire entendre

De nombreuses voix se sont élevées récemment pour appeler à boycotter la Coupe du monde de football au Qatar qui a lieu actuellement (photo d’illustration).
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«Boycotter» est le mot romand de l’année 2022. Il devance «sobriété» et «souffle», selon la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW).

«Boycotter» est «un verbe pour ne pas rester inactif», a indiqué mardi la ZHAW. Le terme renvoie à une action collective basée sur un mode d’engagement passif, le refus de participer. «Paradoxalement, le fait de boycotter permet pourtant de donner de la voix».

«C’est la première fois qu’un verbe devient le mot romand de l’année», précise Nicolas Pepin, linguiste à la ZHAW, cité dans le communiqué. Le mot n’est pas nouveau, mais on l’utilise maintenant dans de nombreux domaines, comme pour la Coupe du monde de football au Qatar actuellement, et il concerne tous les milieux sociaux.

Forte médiatisation

Boycotter est «un acte qui se propage rapidement sur les réseaux sociaux et présente l’avantage d’une forte médiatisation à peu de coûts». En choisissant le verbe boycotter comme mot de l’année, le jury pose aussi la question de savoir si une action passive dont on attend qu’elle produise des résultats peut vraiment être couronnée de succès, écrit la ZHAW.

Placé en deuxième position, le terme de sobriété a pendant longtemps renvoyé presque exclusivement au fait de ne pas consommer d’alcool. Aujourd’hui, souligne la ZHAW, ce mot «n’est plus l’apanage des ligues de vertu».

Face aux menaces environnementales, la sobriété devient la norme. Avec la guerre en Ukraine, les prix de l’électricité et du gaz s’envolent et les autorités appellent à davantage de sobriété économique. Même dans le domaine des finances publiques, la sobriété est de mise dans un contexte économique incertain.

Métaphore

En plaçant le mot «souffle» en troisième position, le jury a fait le choix d’une métaphore. «Après avoir asphyxié nos sociétés durant deux ans, la pandémie de Covid-19 s’est légèrement essoufflée en 2022, ce qui a représenté un espoir et une bouffée d’air frais pour de nombreuses personnes et de nombreux secteurs d’activité».

Le mot de l’année en Suisse alémanique est «Strommangellage» qui signifie «pénurie d’électricité. Il est suivi par «Frauen-Ticket», le ticket féminin dont on parle beaucoup pour l’élection au Conseil fédéral, et par «Schutzstatus S», le statut de protection S dont bénéficient actuellement les Ukrainiens en raison de la guerre déclenchée par la Russie.

Le mot italophone de l’année est «penuria», pénurie. Il est suivi par «invasione», invasion, et «coraggio», le courage. Le mot romanche de l’année est «mancanza», le manque. Viennent ensuite «Status S» et «19 grads», 19 degrés, soit la température à laquelle il faudrait chauffer les appartements en cas de pénurie d’énergie.

Le mot de l’année existe en Suisse alémanique depuis 2003. Le mot romand de l’année est apparu en 2017 et le mot italophone en 2018. Le mot de l’année romanche, élu en partenariat avec la Lia Rumantscha, est apparu en 2019.

Pour trouver le mot de l’année, les chercheurs de la ZHAW compilent des textes suisses afin d’établir une liste de mots particulièrement fréquents. Cette liste et les propositions du public servent de base aux délibérations des jurys dans les quatre langues.

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