Broye fribourgeoiseLe Canton de Fribourg place Gletterens sous tutelle
La Commune ayant enregistré un énième refus de son budget 2024, le Conseil d’État a décidé de la placer sous administration exceptionnelle.

L’ajout d’un mentor aux côtés du Conseil communal (Exécutif) était considéré comme la dernière chance pour la Commune de Gletterens (FR), en février. Cinq mois plus tard, force est de constater que la mesure instituée par Nicolas Kilchoer, préfet de la Broye fribourgeoise, n’a pas porté ses fruits. Malgré ce regard extérieur, le budget 2024 de l’entité a été une nouvelle fois refusé il y a quelques semaines. Face à cette situation, le Conseil d’État a décidé de placer la Commune sous administration exceptionnelle lors de sa séance du 24 juin.
«Il s’agit d’une des décisions les plus lourdes que le Conseil d’État peut prendre», note Didier Castella, directeur des Institutions, de l’agriculture et des forêts, qui précise toutefois ne vouloir sanctionner personne. L’Exécutif cantonal a toutefois dû constater que le dialogue est rompu entre l’Assemblée communale, réunissant tous les citoyens, et le Conseil communal de ce village touristique, voisin de Grandcour, Missy et Chevroux.
Blocage institutionnel
«Le blocage institutionnel entre le Conseil communal et l’Assemblée met en péril la bonne administration de Gletterens. Ce nouveau refus du budget, après que plusieurs amendements ont pourtant été validés, montre qu’il n’y avait pas d’autre issue», assure le préfet. Au fil des mois, l’édile avait institué une enquête préliminaire, puis une enquête administrative sur le fonctionnement local. Celle-ci a montré quelques difficultés de facturation. Mais, si ces soucis sont en voie de régularisation, le blocage persiste.
Sur proposition du préfet, le gouvernement a nommé Willy Schorderet, ancien préfet de la Glâne et mentor depuis cinq mois, Christophe Chardonnens, ancien préfet de la Broye, avocat et député, et Christophe Burri, actuel administrateur communal de Montagny démissionnaire, pour intégrer la commission administrative. «Le premier assurera la continuité de la gestion. Le deuxième connaît parfaitement la région, tandis que le troisième s’occupera de la conduite technique», commente Nicolas Kilchoer.

«La commission dispose des attributions du Conseil communal et de l’Assemblée et a aussi pour mission de rétablir un climat de confiance», communique le Canton de Fribourg. En résumé, les quelque 1200 habitants n’auront pas voix au chapitre sur leurs impôts, leur budget, leurs comptes ou tout autre dossier.
L’action de la commission sera levée lorsque le bon fonctionnement des organes communaux sera assuré. Elle n’est donc pas liée à la fin de la législature, au printemps 2026. «Quand la mesure s’arrêtera, il faudra que cela fonctionne. La durée dépendra donc des rapports que l’on recevra», conclut le préfet de la Broye.
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