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Incendie dans un camp à LesbosBruxelles met en sécurité 400 mineurs

Une opération de sauvetage d’envergure est en cours pour maîtriser l’incendie qui ravage le camp de réfugiés de Moria, à Lesbos en Grèce. La Commission européenne a annoncé le transfert immédiat de 400 enfants et adolescents.

A l’instar de plusieurs villes suisses et d’une motion acceptée aux Chambres fédérales, les députés neuchâtelois ont approuvé une résolution qui demande au Conseil fédéral d’augmenter de manière conséquente le quota de réfugiés de Moria qui seront accueillis. (Mercredi 30 septembre 2020)
A l’instar de plusieurs villes suisses et d’une motion acceptée aux Chambres fédérales, les députés neuchâtelois ont approuvé une résolution qui demande au Conseil fédéral d’augmenter de manière conséquente le quota de réfugiés de Moria qui seront accueillis. (Mercredi 30 septembre 2020)
Keystone
Quelque 6000 des quelque 13’000 réfugiés chassés par l’incendie du camp de Moria, sur l'île de Lesbos, ont été installés dans un nouveau camp provisoire. (Vendredi 18 septembre 2020)
Quelque 6000 des quelque 13’000 réfugiés chassés par l’incendie du camp de Moria, sur l'île de Lesbos, ont été installés dans un nouveau camp provisoire. (Vendredi 18 septembre 2020)
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La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle prenait en charge le transfert immédiat vers la Grèce continentale de 400 enfants et adolescents se trouvant dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, en proie à un énorme incendie.

«Mettre en sécurité et à l’abri toutes les personnes se trouvant à Moria est une priorité», a tweeté la commissaire chargée des Affaires intérieures Ylva Johansson, précisant être en contact avec les autorités grecques.

Une opération de sauvetage d’envergure était en cours mercredi dans ce plus grand camp de réfugiés de Grèce, qui abrite plus de 12’000 migrants, ravagé par un énorme incendie.

«Nouveau Pacte sur la migration et l’asile»

«J’ai déjà donné mon accord pour financer le transfert immédiat et l’hébergement vers le continent des 400 enfants non accompagnés et adolescents se trouvant encore» sur place, a ajouté Mme Johansson.

Le Grec Margaritis Schinas, vice-président de l’exécutif européen, a également indiqué sur Twitter avoir assuré le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis que la Commission européenne était prête à aider son pays.

Enorme incendie dans un camp de migrants à Lesbos.
Enorme incendie dans un camp de migrants à Lesbos.
KEYSTONE

La situation du camp de Moria illustre l’urgence d’une réforme de la politique migratoire dans l’UE, qui bute depuis des années sur les divisions des Européens. La Commission européenne doit présenter à la fin du mois sa proposition, plusieurs fois repoussée, de «nouveau Pacte sur la migration et l’asile».

L’exécutif européen coordonne par ailleurs depuis plusieurs mois un programme de relocalisation vers une dizaine de pays de l’UE de quelque 2000 mineurs non accompagnés arrivés dans les camps de réfugiés grecs.

Jusqu’à présent, seules quelque 640 personnes (enfants, adolescents et familles d’enfants malades) ont été relocalisées dans sept pays (Belgique, France, Luxembourg, Allemagne, Irlande, Portugal, Finlande).

Ravagé mercredi au petit matin par un énorme incendie, le camp de Moria qui abrite plus de 12’000 migrants sur l’île grecque de Lesbos, est surnommé «la jungle».

Voici quelques éléments sur le plus grand camp de réfugiés de Grèce devenu, selon des ONG, «une honte pour l’Europe entière».

D’un camp de transit à la «jungle»

Le camp de Moria ouvre en 2013 sur un site militaire désaffecté: il sert alors de centre d’enregistrement administratif pour quelques centaines de migrants n’y faisant qu’une halte sur leur route vers l’Europe du Nord.

Deux ans plus tard, dans le sillage de la guerre en Syrie, Lesbos et ses 85’000 habitants voient affluer plus de 450’000 chercheurs d’asile en un an. Moria, derrière ses grandes barrières de barbelés, est le seul lieu disponible où les autorités locales tentent de gérer l’afflux de migrants.

La plupart des pays européens fermant leurs frontières, Lesbos devient bientôt un goulet d’étranglement pour les réfugiés.

L’accord UE-Turquie signé en mars 2016 pour juguler le flux de Syriens venant de Turquie devait changer la donne. Mais les migrants ont continué d’affluer sur l’île grecque proche des côtes turques. Le camp, où les conditions sanitaires sont déplorables, déborde sur les oliveraies avoisinantes.

En 2020, la mégastructure de Moria est devenue, selon plusieurs ONG, une «honte pour l’Europe entière": prostitution, viols, enlèvements de mineurs, trafic de drogue et violences en tout genre deviennent le quotidien des réfugiés. Certains se suicident, d’autres sont brûlés dans leur tente. De janvier à août, cinq personnes ont été poignardées dans plus de 15 attaques.

AFP/NXP