Coûts de la santé
Il est temps que tout le monde apprenne à compter
Monsieur Jacques-André Haury explique qu'«il est temps que les médecins apprennent à compter» («24 heures» du 3 septembre). S’il a absolument raison sur le fait que la question des coûts que génèrent les actes médicaux et la finitude des ressources à disposition doivent faire partie de la formation des médecins dès les premières années d'études, sa vision nous semble trop parcellaire en se focalisant sur ce seul problème.
S’il est juste de rappeler à la Faculté son rôle crucial (bien que les médecins soient maintenant bien informés des principes de smarter medicine et que les seuls gaspilleurs ne se trouvent pas en milieu universitaire), il faut aussi mentionner celui joué par certains parlementaires qui, influencés par divers lobbys, freinent des réformes très utiles (baisse des coûts des médicaments, prévention du tabagisme, limitation du sucre dans les boissons, par exemple) et la mise en place d’un système de régulation par le médecin de famille.
Identifier un seul coupable vise une cible trop étroite, l’explosion des coûts étant le résultat de multiples facteurs et donc l’affaire de tous. Les Engagés pour la santé, association non partisane composée de professionnels de la santé, de patients, d’assureurs et de politiciens de tous bords, ont identifié 36 actions qui permettraient d’attaquer le problème globalement. L'association vient de lancer une pétition demandant au Conseil d’État de geler les primes dans le canton de Vaud et de se pencher par le biais d’assises de la santé sur ces propositions pour développer une stratégie cohérente impliquant tous les acteurs.
Ce n’est pas en stigmatisant un seul de ceux-ci, mais plutôt en nous mettant tous à l’œuvre, qu’il sera possible de maîtriser ce problème majeur qui nous conduit déjà à des soins qui ne sont plus accessibles à toutes et tous.
Philippe Conus, président des Engagés pour la santé, Lausanne
Société
Remerciements aux chantres du « toujours plus »
A qui profite l’accroissement incessant de notre population? Nouveaux logements à construire, densification, toujours plus de béton, atteinte à l’environnement. Nos routes sont quotidiennement engorgées, en plus des nouveaux logements à construire, il faudra davantage d’écoles, de crèches, de structures hospitalières, sans oublier les infrastructures eau, épuration, besoins énergétiques.
L’argument entendu: il faut du monde pour les besoins hospitaliers, les EMS, etc. Mais, à leur tour, ces nouveaux arrivants viendront agrandir ces besoins évoqués. Sans parler des coûts de la santé.
Tout cela a un coût additionnel. Qui va assumer la progression des coûts? Les influenceurs de la gauche médiatiques ont la solution: faire payer les riches, peu importe la maîtrise des coûts, en matière de santé, il faut introduire la prime en fonction du revenu.
A n'en pas douter, ce serait un assommoir pour la classe moyenne et supérieure. A la place de slogans simplistes de gauche ou de droite, recherchons sereinement des solutions équitables, sans stigmatiser une catégorie de population. Réfléchissons sur les causes, et non sur les effets.
Colette Bihler Grangier, Epalinges
Primes maladie
Cessons de parler, agissons!
Que de palabres inutiles depuis des années. Les primes augmentent et augmenteront irrévocablement. Le système est esclave du profit au détriment du service aux citoyens. Ceci est la dure réalité de l'économie néolibérale de marché. Ce dernier et un dogme dominant reléguant les citoyens au rang de simples consommateurs obligés.
Dès lors il faut passer à l'action. En conséquence, dès janvier 2024, sans changer de caisse maladie, refusez l'augmentation et payez les montants 2023. Plus nous serons, plus la réaction sera importante.
A vous de choisir, la résilience éternelle ou le refus car le compte est bon
Gilbert Jolliet, Renens
Après la tempête, que faire?
L'accès aux soins de base devient de plus en plus difficile. Ainsi, pour enrayer la surcharge des urgences ainsi que les consultations directes chez les spécialistes, il faudra enfin un système de triage de grande qualité, semblable à un GPS pour le système de santé. Ainsi par exemple, les prestations en pharmacie comme entrée au système de soins sont discutées depuis de nombreuses années et pourraient être une solution simple à réaliser.
Cependant, la procrastination de l’OFSP retarde tout sans raison valable. Comment expliquer cette durée de plus de 10 ans pour transformer une loi en une réalité quotidienne, d'autant plus urgente que l'accès aux soins est un vrai défi ? La question se pose: notre démocratie est-elle en train de succomber à une intoxication administrative?
En ce qui concerne les primes de l'assurance obligatoire des soins (AOS), le calcul en soi est simple: les coûts doivent être entièrement financés par les primes. Donc, pour sortir du cycle infernal, une analyse en profondeur, neutre et objective des coûts est incontournable. Sinon, comme les années précédentes, nous aurons la même «surprise» en septembre 2024.
La différence des primes entre les cantons est extrêmement intéressante à cet égard et montre clairement que l'offre induit la demande, contrairement à tous les autres secteurs de l'économie. La reconnaissance de ce fait est cruciale pour les discussions à venir: la mise en concurrence à elle seule ne peut pas être la solution, mais seulement un aspect d'un système avec des conditions-cadres beaucoup plus larges.
Le débat sur les coûts de la santé doit enfin s'éloigner des intérêts particuliers, prendre de la hauteur et avoir le bien commun comme objectif. Afin d'établir de manière consensuelle ces conditions-cadres, nous devons travailler avec une Constituante pour la Santé.
Jan von Overbeck, candidat PLR au National, Saint-Prex
Les lobbyistes nous imposent leur loi
Concerne l'articles sur les lobbyistes aux Chambres fédérales («24 heures» du 3 octobre).
Félicitations aux journalistes pour leur article concernant les lobbyistes des milieux pharmaceutiques, du monde médical ainsi que des assurances maladie. C’est une vraie enquête journalistique qui met en lumière les dessous du gouvernement, un courageux article de fond comme j’aime en lire, car on y apprend quelque chose.
113 lobbyistes sur 244 membres des deux Chambres fédérales! Quasi un sur deux! Comment voulez-vous, dans ces conditions, que quelque chose change? Nous croyons avoir un système vraiment démocratique, mais c’est un leurre: nous sommes dirigés par les très puissants milieux économiques et leur avidité en matière de profits souvent éhontés! Et nous, le peuple suisse, nous voyons obligés d’accepter ce qu’on nous impose, la hausse des primes des assurances maladie en particulier. Alain Berset, qui avait acheté des dizaines de millions de vaccins qu’il a fallu jeter, a osé dire qu’on ne pouvait rien faire pour baisser les coûts de la santé.
Est-ce que les futurs élus empoigneront le grave problème du lobbyisme au gouvernement? Je trouve que c’est une vraie maladie du système qu’il faut absolument canaliser et contrôler étroitement.
Colette Hein Vinard, Les Bois
Richesse
Ils écrèment notre économie
Nous vivons dans un pays qui, chaque année, augmente sa productivité, dont le PIB est absolument remarquable et dont la droite ne cesse de répéter qu’il est l’un des plus riche du monde. Pourtant, selon Caritas, près d’un million de personnes vivent dans la pauvreté.
Très nombreux sont ceux qui ne peuvent pas faire face financièrement à un accident ou à une facture non prévue. Les collectivités publiques tirent la langue. La politique sociale est freinée. Comment comprendre cette situation ? C’est en somme assez simple. Au moment où la distribution de la richesse produite dans l’année doit être distribuée, il n’y a que les actionnaires et leurs conseils d’administration qui ont droit au chapitre. En 2022, les dividendes ont crû de 6,2% pour atteindre 44,2 milliards. Après cette «rafle», il n’y a plus rien pour compenser la perte du pouvoir d’achat de la population.
Les pays scandinaves et l’Allemagne exigent que dans les entreprises, à partir d’une certaine taille, les travailleurs soient représentés dans les conseils d’administration. Lors de la distribution des bénéfices de l’exercice, ils sont là pour rappeler que le capital ne sert à rien s’il n’a pas été mis en valeur par le travail et mille compétences qui méritent aussi d’être récompensées.
Voilà peut-être pourquoi ces pays se retrouvent toujours en tête des pays les moins gangrenés par la corruption et parmi ceux où la justice sociale est la moins compromise. N’est-ce pas une réponse à tous ces déséquilibres? Mais c’est hélas les puissances financières qui dirigent ce pays et elles ne sont pas prêtes à céder leur capacité à écrémer l’effort de tous.
Pierre Aguet, Vevey
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