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ONUCassis défend la candidature de la Suisse au Conseil de sécurité

Ignazio Cassis a dévoilé vendredi à Genève le slogan «Un plus pour la paix» que la Suisse veut incarner.

Pour le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis, siéger en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas incompatible avec la neutralité suisse (archives).
Pour le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis, siéger en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas incompatible avec la neutralité suisse (archives).
KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

La candidature suisse pour le Conseil de sécurité de l'ONU en 2023 et 2024 est entrée «dans sa phase finale». Pour les 75 ans de la Charte des Nations Unies, Ignazio Cassis a dévoilé vendredi à Genève le slogan «Un plus pour la paix» que la Suisse veut incarner.

Après neuf ans de candidature, «nous allons redoubler nos efforts» pour la défendre sur la scène internationale et elle «deviendra davantage visible dans les deux prochaines années, a affirmé à la presse le conseiller fédéral. Le slogan dévoilé vendredi aurait dû être révélée à New York, mais la pandémie a contraint de revoir ces plans.

Un prochain lancement officiel aura lieu en octobre dans la ville américaine, siège de l'ONU, en présence de la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et de M. Cassis. Le reste de la séquence doit encore être articulée par le Conseil fédéral, notamment le scénario d'une valorisation de cette candidature lors du sommet du G20 en novembre en Arabie saoudite, s'il a lieu, pour valoriser cette candidature. «Nous utiliserons toutes les possibilités qui s'offrent à nous», a dit à Keystone-ATS M. Cassis.

Pour le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la Suisse peut apporter «sa longue expérience en termes de bons offices». Mais aussi sa stabilité et sa neutralité, dont M. Cassis répète qu'elle n'est pas, selon le Conseil fédéral, contradictoire avec un siège au Conseil de sécurité.

Rôle de facilitateur

A ceux qui en doutent, y compris au sein de son propre parti, il affirme «qu'il n'y a pas un seul thème qui fasse l'unanimité» en Suisse. Dans la presse de vendredi, il estimait que «les avantages sont plus importants que les risques». Il n'exclut pas que la Suisse puisse se retrouver dans des situations délicates, mais le Conseil fédéral pourrait s'en occuper le cas échéant. La Suisse pourrait alors s'abstenir de voter. Selon lui, ce scénario ne serait que rarement, voire jamais, nécessaire.

Malte et la Suisse sont candidats aux deux sièges du bloc régional européen à l'élection de juin 2022. Les 10 membres non permanents de l'organe exécutif de l'ONU doivent «faciliter le dialogue» au milieu des tensions politiques entre les cinq grandes puissances au sein de l'organe exécutif onusien, dit M. Cassis. Il est convaincu que la Suisse peut aider sur cette question.

Berne veut mettre en avant «son profil bien établi à l'ONU» avec son attachement à l'humanitaire et à la paix, mais aussi au développement durable et à l'innovation. «Nous voulons être un plus pour la paix», ajoute M. Cassis en référence au slogan désigné après des centaines de propositions reçues des collaborateurs de son département.

«Fierté» sur la Genève internationale

La Suisse est préoccupée par la situation actuelle du multilatéralisme, ciblé par plusieurs Etats, mais elle considère que celui-ci est toujours indispensable mais doit être adapté. Sans en nommer, il relève «qu'aucun pays ne peut faire face seul aux défis» mondiaux. Il relève aussi que les réformes entamées par le secrétaire général Antonio Guterres «vont dans le bon sens».

A Genève, il est venu également affirmer la «fierté» suisse pour la Genève internationale et a salué la collaboration avec ses entités pendant la pandémie. Il est moins inquiet qu'il y a quelques années face à ceux qui souhaiteraient attirer des agences onusiennes.

La crise va encore probablement étendre le recours au numérique pour les réunions internationales, une situation favorable à l'environnement, affirme le conseiller fédéral. Il veut faire de Genève un centre mondial sur la gouvernance du numérique.

ATS/NXP