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Violences urbaines à Yverdon«Ce n’est pas à nos policiers de mettre leur vie en péril là-bas»

Le bilan des désormais usuels affrontements entre jeunes et agents le 1er août dernier à la Villette est lourd. Plus d’un millier d’engins pyrotechniques ont été saisis. La Ville n’en peut plus.

D’ordinaire calme, le quartier populaire de la Villette, à Yverdon, est la scène de provocations et d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre depuis plusieurs années. En 2020, indique la Ville, plus de 1100 engins pyrotechniques ont été saisis. C’est 300 de plus qu’il y a deux ans.  (24 Heures/Christian Brun)
D’ordinaire calme, le quartier populaire de la Villette, à Yverdon, est la scène de provocations et d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre depuis plusieurs années. En 2020, indique la Ville, plus de 1100 engins pyrotechniques ont été saisis. C’est 300 de plus qu’il y a deux ans. (24 Heures/Christian Brun)
CHRISTIAN BRUN

Plus d’un millier d’engins saisis, dont des pétards bricolés en «petites bombes», une dizaine d’arrestations, des policiers et pompiers pris pour cible, des travailleurs sociaux pliant bagage, leur bus «caillassé par des fusées»… le bilan de la dernière nuit d’affrontements au cœur du quartier populaire de la Villette, à la sortie d’Yverdon, la nuit du 1er août 2020, est plutôt inquiétant, a indiqué jeudi la Ville qui répondait à une question de l’UDC Pascal Gafner.

«Ce qu’on attrapait il y a quelques années, c’était des feux d’artifice qui passaient sous le manteau. Maintenant on saisit, dispersé dans le quartier, quantités indécentes d’engins, avec parfois des tubes modifiés avec des matières explosives. Le risque d’avoir des blessés, des deux côtés, augmente, s’inquiète la municipale PLR Valérie Jaggi-Wepf. Ce n’est pas à nos policiers de mettre leur vie en péril là-bas.»

Calme voire trop calme 364 jours par an, le quartier de la Villette se transforme depuis plusieurs années en terrain de guérilla urbaine, selon les mots des agents et des élus, qui en font maintenant un enjeu politique local, voire plus large. Premiers à dégainer, les Verts y ont lancé fin septembre leur liste pour les prochaines élections, appelant à une politique de quartier plus active. «Plus de sécurité, oui, mais aussi un travail de fond, avec les meneurs locaux, pour qu’ils défendent autrement ce quartier, avance Younes Segrouchni. C’est aussi comme ça qu’on comprendra mieux.» Le parti a été suivi du PS, et maintenant de l’UDC. «Je réagis à la réalité du terrain, c’est tout, explique Pascal Gafner, candidat à l’Exécutif. On a l’impression que la Municipalité se sent impuissante. Passé un moment il faut un appui du Canton, des forces d’intervention – le DARD si besoin – et une vraie discussion, dès maintenant. On ne parviendra pas toujours à éviter le pire.»

Appel au Canton

La municipale en charge de la Sécurité abonde: «Les renforts de la police cantonale sont arrivés, mais à un moment de la nuit où la situation était entre-temps sous contrôle. Nous avons besoin d’un partenariat fort et privilégié avec les instances supérieures. Ce qui se passe est une addition de facteurs: une vieille tradition qui devient une sorte de mythe, des mineurs qui risquent peu, quelques meneurs, des engins très faciles d’achat et intraçables, et des jeunes qui viennent des banlieues de France voisine seulement pour en découdre avec les forces de l’ordre. Nous, nous avons fait tout ce qu’on pouvait. La réponse ne peut pas être que sécuritaire.»

Un appel du pied au Canton, mais aussi aux services sociaux du municipal Jean-Claude Ruchet (PS), par ailleurs habitant du quartier. «Le travail de fond fonctionne, j’en veux pour preuve qu’avant les débordements et les pétards duraient pendant 15 jours. Aujourd’hui il y a ce rituel du 1er Août, où sont impliqués des jeunes qui ne sont majoritairement pas du quartier, c’est extrêmement compliqué. Impossible de dialoguer avec eux.» Le dicastère baisse les bras donc? «Non. Ce qu’on dit c’est que passé une certaine heure, ce n’est plus la peine d’exposer des travailleurs sociaux et des familles en organisant des événements simplement pour occuper le terrain le 1er Août. Nous essayons d’éviter que les plus jeunes du quartier prennent la relève. Pour le reste, les réflexions sont en cours.»

Le plan de bataille de l’an prochain? Peu filtre pour l’heure. Mais l’idée de base est d’incarcérer et de sanctionner le plus vite possible les fauteurs de troubles. «La commission de police peut maintenir au poste quelqu’un pour infraction au règlement communal quelques heures, tout au plus, soupire Valérie Jaggi-Wepf. Ce n’est pas assez dissuasif. Nous avons demandé, mais pas obtenu pour l’instant, qu’un procureur soit délégué sur place. Lui seul peut, si besoin, incarcérer directement quelqu’un, surtout si son casier est déjà chargé.» Elle poursuit. «Il faut enrayer la situation complètement, et maintenant.»

27 commentaires
    Seb Jaquet

    a quand une police unique ????