Passer au contenu principal

SportCent ans de foot à Prilly envers et contre tout

Pandémie oblige, le FC Prilly attendra un an pour célébrer son épopée, faite de succès, d’épreuves et de beaux souvenirs.

Deux générations d’enfants du FC Prilly dirigent ou ont dirigé le club: Georges Borer, Georges Ayer (ancien président), Michaël Dufour et Fabian Spoerri (de g. à dr.).
Deux générations d’enfants du FC Prilly dirigent ou ont dirigé le club: Georges Borer, Georges Ayer (ancien président), Michaël Dufour et Fabian Spoerri (de g. à dr.).
Florian Cella

Les discours étaient prêts depuis des mois. Ça aurait dû être la fête, mais le Covid-19 en a décidé autrement. Cet été, FC Prilly-Sport passe le cap des cent ans. Autant dire qu’il en a vu d’autres. «Les célébrations seront pour l’année prochaine. On appellera ça les 100 ans + 1», sourit Fabian Spoerri. Membre du comité, le trentenaire est la nouvelle génération de dirigeants de ce club de passionnés, véritable bastion du foot amateur en terres vaudoises.

Comme bien d’autres avant lui, il a passé son adolescence à user les terrains de la Fleur-de-Lys, mais ces dernières années, il a surtout connu le revers de la médaille. En 2018, les vestiaires et la buvette ont brûlé et le club dégringolé en 4e ligue. Pas de quoi déprimer. «On a toujours été un club formateur. Grâce à ça, on repart de la base et on a de très bons juniors. La mayonnaise reprend.»

Gamins dingues de foot

L’une des mémoires vivantes du FC Prilly, Georges Borer, sait comme lui, ce que le club doit aux gamins dingues de foot. Il avait 16 ans en 1959, quand les portes de la 2e ligue se sont ouvertes. «C’était un moment extraordinaire. Avec trois autres jeunes de mon âge, nous étions en équipe avec des gars d’une trentaine d’années. On leur disait sans arrêt des «bonjour monsieur.» Devenu président dans les années 1970, il a développé les équipes juniors. «On a créé un terrain sur un champ de patates et en faisant juste un peu de pub, on a eu les inscriptions de 110 gamins. On est un peu devenu la garderie du coin.»

«On a toujours été un club formateur. Grâce à ça, on repart de la base et on a de très bons juniors. La mayonnaise reprend.»

Fabian Spoerri, membre du comité du FC Prilly-Sport

Il y a vingt-cinq ans, Georges Borer a retracé l’histoire du FC Prilly à l’occasion de ses trois-quarts de siècles. Les curieux retrouveront une partie de ces annales sur le site internet du club, et apprendront entre autres qu’il a été fondé en 1920 par deux enfants du village, les frères Mignot. Habitués à taper dans le ballon sur la place du Collège, au grand dam de leur père agent communal, ils ont fini par louer un terrain agricole. Le Prilly-Sport a intégré le championnat vaudois dans la foulée, devenant champion de série B huit ans plus tard. L’un des frères deviendra arbitre en ligue nationale, l’autre député au Grand Conseil.

Toutes ces années, les amateurs de foot vaudois se sont retrouvés à Prilly le week-end. «Quelle que soit la ligue, ça a toujours été une tradition de jouer le dimanche matin et ça restera pendant longtemps», sourit Michaël Dufour, la trentaine, actuel président du club et lui aussi joueur depuis le berceau. «C’est vrai qu’aujourd’hui, le foot n’est plus qu’une option parmi d’autres pour les enfants. Les parents les déposent en voiture et repartent, mais si cela s’arrêtait, 250 jeunes devraient trouver autre chose.» Grâce aux cotisations et aux donateurs de la Confrérie du FC Prilly, cette histoire n’est pas finie. Et avec les investissements de la Commune, des vestiaires et une buvette neufs devraient être sur pied dans un an. «D’ici là, nous serons en 3e ligue», parie Michaël Dufour.