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Ces expos qui font du bien
Le Musée Forel mène «Le bal»

La Genevoise Albertine a transplanté son univers dans une pièce du Musée Alexis-Forel devenue salle de bal.
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Les musées d'art ont aussi leurs humeurs, et celle du Musée Alexis-Forel à Morges est en mode festive, la légèreté de sa nouvelle exposition «Le bal», pleinement assumée. Si le feel good, cette envie de se faire du bien au contact de la culture, occupe déjà le cinéma, la littérature, la musique, alors, pourquoi pas les expositions d'art contemporain?

Certains artistes osent même le revendiquer sur une scène où l'art critique et interrogateur fait encore loi. «Ça suffit d’étaler de la noirceur sur des murs, plaidait ce printemps le plasticien jurassien Augustin Rebetez, alors en expo à La Ferme des Tilleuls à Renens et au Kunsthaus d'Aarau. J’aimerais, espérait-il, que les gens sortent d’ici shootés à l’adrénaline et se sentent mieux.»

Dans le même intervalle, la Vaudoise Maya Rochat, exposée à la Maison européenne de la photographie à Paris, défendait un désir de beauté: «J’ai de la colère face à l’exploitation et face à la destruction de notre écosystème, mais plus on nourrit cette dynamique, plus elle se renforce. Alors, petit à petit, me sont venues cette joie de la beauté et une volonté de me concentrer sur ce qui fait du bien.»

Partie prenante du «Bal» donné au Musée Alexis-Forel, les figures de Mirjana Farkas engagent dans une rythmique débridée.

Sans parler de tendance, un constat: cette façon antidéprime de voir les choses se propage. L'été dernier, la triennale d'art contemporain Bex & Arts songeait certes à l'avenir, mais en laissant vivre l'espoir! Et en cultivant l'imaginaire. Un dessein qui traverse «Immersion», l'actuel carton que le Musée cantonal des beaux-arts à Lausanne réalise avec une expo décomplexante. Sur un projet né dans le bonheur de voir le public se ruer dans les musées après les fermetures et les contacts virtuels imposés par la crise sanitaire.

Entrons dans la confidence

À Morges, la première page de ce carnet de bal s'est écrite dans la même veine, début 2022. «On se disait que, enfin, tout ça était derrière nous. Mais très vite après, rappelle Yvan Schwab, codirecteur du Musée Alexis-Forel, sont arrivés la guerre en Ukraine et cette succession de crises que nous connaissons. Alors on a eu envie d'un musée, espace de légèreté.»

Claire Nydegger a choisi le pastel pour aller guincher en plein air.

D'un étage à l'autre de la demeure, on dirait même que se joue une silent party. Un peu comme si on en était les invités privilégiés. Cinq artistes et maîtres d'univers très différents, tous lancés sur des tempos techniques singuliers, participent à cette danse collective.

La plasticienne vaudoise Claire Nydegger, qui a «toujours aimé voir danser les gens», orchestre un bal populaire sur une longue frise qui célèbre le mouvement. Alors que dans une autre œuvre, elle se souvient d'être allée, gosse, dans la région italienne du Frioul, dévastée par le tremblement de terre de 1976, et d'y avoir vu les gens danser dans un réflexe de vie après avoir tout perdu.

Observatrice amusée des liens que crée la danse, la Genevoise Albertine a pris possession d'une salle peinte aux couleurs de célèbres macarons. C'est festif. Incarné. Surprenant. Sortis des pages imprimées, ses personnages ont pris une ampleur romantique, qu'ils dansent tout collés. Ou dépareillés. Fiévreux, Désireux. Rêveurs. Une vraie comédie humaine! Pendant inopiné de la tapisserie imprimée de l'illustratrice vaudoise, Adrienne Barman, qui nous plonge dans une nature opulente où les animaux n'ont qu'une envie: guincher.

Adrienne Barman fait danser la nature opulente et en pleine santé.

Ce désir se perpétue dans les découpages collés sur fonds monocolores par la Genevoise Mirjana Farkas, qui déverse ainsi une foule composite. Élastique. Débridée. Prête à faire tourner toutes les têtes. Reste une dernière ronde, elle est mise en images par le bédéiste lausannois Krel. Il s'est approprié les séquences du «Bal» d'Ettore Scola pour battre sa propre rythmique. Et dire qu'avec toutes ces danses, on n'est même pas essoufflé!

Morges, Musée Alexis-Forel, exposition prolongée jusqu’au 11 août, me au di (14 h-18 h), www.museeforel.ch

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