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L’invitéCes failles qu’il faut éviter d’élargir encore plus

Christophe Reymond regrette les fractures créées au sein de la population par la crise.

Ce début d’année est hélas toujours marqué par la crise et par des mesures inspirées trop souvent du docteur Knock et de Franz Kafka. Il en résulte un moral et une économie en berne, des libertés en tenaille, ainsi que des failles qui ne cessent de se creuser au sein de notre société.

On assiste ainsi au renforcement des inégalités entre les détenteurs d’actifs financiers et les personnes qui tirent leur revenu du travail. Les banques centrales ont créé d’énormes quantités de monnaie destinées à acheter les dettes que consentent les États pour lutter contre la crise économique. Une bonne partie de cet argent ne s’en vient pas irriguer l’économie réelle, qui a peu envie de consommer et encore moins d’investir, mais va se nicher sur les places boursières. Les investisseurs en profitent pour l’heure, même si de gigantesques «bulles Covid» sont susceptibles d’éclater à tout moment.

«Toute l’économie mondiale repose sur l’argent magique des banques centrales, source d’instabilité et d’inégalités multiples.»

Une deuxième fracture tient à ceci que la crise économique touche exclusivement le secteur privé. Dans le public, il n’y a eu aucune diminution des revenus, ni aucune suppression d’emplois. Et il en va d’ailleurs largement de même pour le (vaste) secteur subventionné.

Dans les entreprises privées en revanche, les chiffres d’affaires et les résultats sont presque partout affectés et l’on se fait à l’idée qu’il faudra faire autant, ou mieux, avec moins. Le monde qui n’est pas abrité a d’ores et déjà commencé à diminuer les effectifs, pour survivre mais aussi parfois parce qu’il a découvert qu’il pouvait fonctionner avec moins de personnel.

Mais le fossé le plus béant est probablement celui qui se crée entre les générations, que le Covid-19 semble dresser les unes contre les autres. D’abord sur le plan médical, en revêtant dans la quasi-totalité des cas un aspect parfaitement bénin chez les jeunes mais en faisant des ravages chez les personnes âgées.

Sur le plan économique, la pandémie se montre tout aussi «générationnellement» inégalitaire, mais dans un sens opposé. Les populations âgées bénéficient de revenus intacts qui les immunisent largement contre une récession qui frappe en revanche les jeunes de plein fouet.

Jeunes entravés

Ils sont des milliers ces jeunes gens entravés dans la recherche de leur premier emploi, privés de stages, d’une partie de leurs études, de leur job d’appoint. Ajoutons qu’ils sacrifient plus que d’autres leurs loisirs et leur vie sociale, à un âge auquel ceux-ci comptent tant. On a fait donner les forces de l’ordre parce qu’ils disputaient des matches de foot ce printemps ou parce qu’ils dansaient à Nouvel-An…

Il ne faut bien sûr désespérer de rien, en particulier pas de réduire ces failles qui se manifestent. La condition première sera de dessiner une stratégie forte de sortie de crise, emmenée par des gouvernants qui regardent vers l’avant et qui ne tremblent pas.

4 commentaires
    Corboz Frédéric

    Oui. Vif intérêt toujours à vous suivre dans vos analyses. Passons sur les commentaires "bobo". De grâce, avec une telle exigence de commentaire sur l'actualité, laissez les terrains de foot ... et essayez de nous les épargner ... qu'est-ce qu'ils viennent ajouter à la tenue de votre analyse ? (Quel cynisme de ma part !)