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Un documentaire savoureuxCes vieux Italiens qui chassent la truffe avec passion

«The Truffle Hunters» suit une série de traqueurs qui entretiennent une relation d’amour avec leur chien dans un marché devenu trop chic pour eux.

A 88 ans, Carlo n’a qu’un seul amour, Titina.
A 88 ans, Carlo n’a qu’un seul amour, Titina.
PRAESENZ FILMS

Présenté au Sundance Film Festival ce début d’année, «The Truffle Hunters» sera à l’affiche du Cinéfestival la semaine prochaine. Michael Dweck et Gregory Kershaw y suivent une série de vieux chasseurs de truffes blanches des collines du Piémont. Avec beaucoup de délicatesse et sans voix off, les réalisateurs américains les laissent parler, en fait surtout à leur chien. Car, avant même de quête du précieux champignon, ces hommes ont l’amour de leur chien, comme Carlo qui s’inquiète de ce que ce dernier deviendra après sa mort. Ou l’autre qui lui donne «une poire par jour éloigne le vétérinaire».

«Les jeunes ne veulent plus jouer avec leur chien ou passer du temps dans la nature, ils veulent juste de l’argent.»

Enrico

Entre ces anciens partant en forêt comme un sport et la nouvelle génération, il y a un fossé, comme le dit Enrico qui a arrêté la chasse: «Les jeunes ne veulent plus jouer avec leur chien ou passer du temps dans la nature, ils veulent juste de l’argent.» Eux y allaient comme on va aux champignons dans le Jura, par plaisir, pour en ramener une au coiffeur ou au curé du village qui va jusqu’à bénir à l’église l’odorat du chien.

Mais l’argent, en effet, a tout gâché. Carlo traque de nuit pour éviter d’être repéré et parce qu’il aime le chant des chouettes. Carmelo s’inquiète parce que des jaloux laissent des appâts empoisonnés pour détruire les chiens de la concurrence. On suit bien sûr ces marchands qui scrutent les truffes à la lumière des phares ou au coin du cimetière, comme un dealer de drogue, pour répondre à un marché mondialisé. Et on admire le marché d’Alba où le champignon a droit à un coussin en velours rouge.

Cinétoile, Malley. Dimanche 8 novembre, 14 h.