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«Shutdown» à la vaudoiseC’est bon, Orbe aura un budget pour 2021

Tenu depuis le début de l’année aux dépenses strictement minimales, le bourg a finalement réussi à valider un budget au terme d’une situation politique particulièrement tendue dans la commune. Le préfet avait dû intervenir.

Le syndic Henri Germond.
Le syndic Henri Germond.
CHRISTIAN BRUN

Orbe va pouvoir sortir de sa situation de «shutdown» à la vaudoise: sans budget pour l’année 2021, elle était tenue aux dépenses «indispensables à la bonne marche de l’administration» au sens du règlement sur les finances communales, soit autrement dit aux stricts engagements contractuels. Une situation relativement rare, dans laquelle le bourg s’est enfoncé le 10 décembre dernier. Sur fond de désaccord virulent avec la Commission des finances, l’Exécutif avait quitté la salle des débats en pleine séance. Un coup de théâtre qui avait dû se régler chez le préfet.

Le dernier acte a eu lieu jeudi soir lors du dernier Conseil avant les élections. Après que le président a précisé avoir cette fois-ci fermé la porte de la salle du casino à clé. À deux voix près, les élus ont finalement adopté le budget défendu par l’Exécutif et refusé les coupes que maintenait l’influente – avec ses 17 membres – Commission des finances. Entraînée par le gestionnaire de fonds Bertrand Gillabert (Union libre), elle demandait plusieurs centaines de milliers de francs d’économie dans les services communaux et dans les charges en personnel. À l’heure où, au contraire, la Municipalité défendait une hausse de 15% de la masse salariale de la Commune.

«Nous gagnons des habitants. Si on veut pouvoir les intégrer et éviter de devenir une cité-dortoir, il nous faut développer des prestations de qualité», défend pour sa part le socialiste Jean-Marc Bezençon, rapporteur minoritaire, face à une politique urbigène fortement divisée.

«Années Recordon»

Derrière le clivage électoral et une résistance dirigée principalement par la droite et Union Libre, la question de l’héritage des «années Recordon», durant lesquelles l’Exécutif et son ancien syndic ont creusé la dette communale afin d’assumer la place d’Orbe dans la région, notamment par le biais des infrastructures. Orbe compte ainsi aujourd’hui parmi les communes les plus endettées du canton. Une dette stabilisée et beaucoup d’indicateurs qui restent au vert, ont tenu à souligner le syndic Henri Germond. «Dans le contexte actuel, il nous faut un budget qui fait attention, mais qui permet ensuite de décider où mettre les priorités.»

«Si on veut pouvoir les intégrer et éviter de devenir une cité-dortoir, il nous faut développer des prestations de qualité.»

Jean-Marc Bezençon (PS), rapporteur minoritaire

Pas de quoi rassurer les gardiens de la bourse, qui s’alarment d’une baisse des rentrées suite à la pandémie. «Nous roulons à 120 km/h sur l’autoroute et en plein brouillard, répète Bertrand Gillabert. Nous ne savons pas si nous avons les moyens de nos ambitions. Il faut des indicateurs qui ne s’arrêtent pas en 2021.»

Il en aura sans doute quelques-uns au sortir des urnes, dans moins de quinze jours.

3 commentaires
    Jean-Marc.

    L'iceberg Gruvatiez qui coulera la ville d'Orbe.

    Ce "trop" gros quartier pour une petite ville l'entrainera par le fond !