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ÉditorialCette crise ne fait pas le jeu de la cause climatique

Les combattants de la décroissance l’appelaient de leurs vœux. Un coup d’arrêt à la course folle de la mondialisation, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Chiche? L’année 2020 leur aura permis de faire l’expérience – jusque-là théorique – à l’échelle planétaire. Au prix d’une pandémie qui a déjà fait plus d’un million de victimes.

Les premiers résultats de cet exercice de sobriété énergétique ont été donnés mardi par l’Agence internationale de l’énergie. Le pétrole? 8% brûlés en moins cette année. Le charbon? Réduction de 7% des quantités consommées. Et surtout, surtout, des émissions de CO₂ en déclin de 7%; de quoi revenir aux niveaux affichés dix ans en arrière. Cette sobriété sera-t-elle l’une des leçons positives de cette catastrophe sanitaire? Même pas. «Une croissance économique faible n’est pas une stratégie pour limiter les émissions de gaz à effet de serre», préviennent les spécialistes de l’AIE. Ces derniers voient en effet la boulimie d’énergie revenir à son niveau d’avant la crise dès 2023 – ou 2025, en fonction de l’élimination du Covid-19.

Un répit de quelques années qui ne change rien à l’ampleur de la tâche: limiter le réchauffement climatique d’ici à la fin du siècle. «Sans impulsion politique, pas de déclin du recours au pétrole», ajoute l’AIE. Les avancées sur ce front ne devront pas grand-chose à la grande décroissance provoquée par le coronavirus. Mais au progrès technique et à la volonté politique qui ont lancé la course aux sources d’énergie renouvelable. Ces dernières représenteront les huit dixièmes de l’électricité supplémentaire requise par la planète ces dix prochaines années, esquisse l’Agence internationale de l’énergie, qui intronise le solaire bon marché en «roi de l’électricité».