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ÉditorialCeux qui gèrent Malley doivent être payés

Daté du 28 avril, le document a été mis en ligne sur le site lausanne.ch dans l’alanguissement généralisé de juillet. En catimini, ou presque, «24 heures» ayant été averti la veille que ce rapport qu’il réclamait depuis des mois serait enfin rendu public. Il ne s’agit pas de l’audit de Vicario Consulting sur les conditions de travail à la Vaudoise aréna, mais d’un second document tout aussi important: un rapport d’audit interne mené par le Contrôle des finances de la Ville de Lausanne (CFL) auprès du Centre Sportif de Malley dès la fin de l’année 2019.

Lire aussi: Le rapport qui accable la gestion de la Vaudoise aréna

Alors que les auditeurs s’activaient dans ses locaux depuis sept semaines, le président du conseil d’administration du centre sportif, Jean-Jacques Schilt, avait déclaré devant les employés en décembre dernier qu’il regrettait l’époque où ce type de document n’était pas rendu public. Cela évitait que la presse, toujours à la recherche de «scandale» selon l’ancien syndic de Lausanne, ne mette son nez dans des affaires que l’on préférait gérer entre soi, quand bien même il s’agit de l’argent du contribuable.

«Même délesté de ses parties caviardées, le rapport de 31 pages pointe de nombreux dysfonctionnements»

Quelques mois et une importante pression médiatique plus tard (la transparence est un combat de longue haleine), l’on comprend mieux les appréhensions du président. Même délesté de ses parties caviardées, le rapport de 31 pages pointe de nombreux dysfonctionnements, contestés en partie par le conseil d’administration. Contraventions à la loi sur les marchés publics, non-respect des statuts de la société, absence du suivi du personnel, planification financière défaillante: cet audit dresse le portrait d’administrateurs dépassés mais sûrs de leur bon droit, qui justifient leurs manquements par le manque de temps à disposition et peinent à se remettre en question.

Par le passé, Jean-Jacques Schilt et Alain Gillièron, vice-président, n’ont cessé de mettre en avant leur implication bénévole dans ce projet à 230 millions, en mode «vous nous cherchez des poux alors que nous donnons de notre temps gratuitement». Ce n’est donc pas une surprise que le conseil d’administration balaie d’un revers de la main la recommandation du CFL de rémunérer les administrateurs du centre sportif, de même que celle de les former. Car être formé et être payé, c’est devoir rendre des comptes. Et il est plus confortable de rester un amateur… de hockey.