AboMon animal et moiChantal et sa jument «Élégante» vivent une idylle parfaite
Le Marché-Concours de Saignelégier s’ouvre dans quelques jours. Rencontre avec une amoureuse de la race franches-montagnes à Damvant (JU).

Depuis toute petite, Chantal Juillard-Pape est passionnée par les chevaux. C’est dans son ADN. À 8 ans, elle reçoit son premier équidé. L’histoire continuera de plus belle. Aujourd’hui, sa famille élève 150 spécimens à Damvant (JU). «Ma première jument avait des rhumatismes et avait mal aux muscles quand il pleuvait. Elle se mettait à boiter et ne pouvait pas aller trop vite et mettre la petite fille que j’étais en péril», sourit la Jurassienne avec l’émotion du souvenir dans la voix.
En 1980, l’enfant d’Ajoie, en robe traditionnelle, assiste à son premier défilé du Marché-Concours de Saignelégier. Chantal ne manquera dès lors presque aucune course franc-montagnarde. «Sauf quand j’étais très enceinte», précise cette mère de trois enfants. Tous partagent ce même engouement pour les chevaux de la seule espèce indigène de Suisse.
Mais qu’a-t-il de si spécial, ce cheval de la race franches-montagnes? «C’est le champion du monde des chevaux de loisirs. Les Steve Guerdat (ndlr: cavalier professionnel jurassien et champion olympique) qui montent des pur-sang ne sont pas légion.»
En gros, c’est le cheval pour les nuls. «Peut-être car tout le monde n’est pas hyperdoué, il faut bien l’admettre. Si on veut juste se faire plaisir avec une balade, le franches-montagnes est adapté. C’est un animal intelligent, facile, docile et polyvalent. C’est le cheval de famille par excellence.» Et ça coûte combien, un franches-montagnes? «Entre 10’000 et 12’000 francs en moyenne.»
Une progéniture hors pair
La rencontre entre Chantal la jument Élégante remonte à une vingtaine d’années. Un coup de foudre. «Mon mari me l’a achetée au concours des petits poulains en Ajoie. Une vraie pouliche, un peu légère et moderne. Nous avons suivi toutes les étapes pour son épanouissement (débourrage, attelage, etc.) et la jument donnera son premier poulain à l’âge de 4 ans. C’était la plus belle. Dans toutes les manifestations, elle tapait dans l’œil des professionnels et du public.»
Depuis, Élégante a eu une quinzaine de poulains. «Sa progéniture est exceptionnelle, assure Chantal. À chaque gestation, j’ai plusieurs clients qui réservent déjà le prochain «bébé». C’est incroyable.»
«C’est une jument rare. À 4 ans, elle faisait déjà les courses d’attelage du Marché-Concours de Saignelégier.» Elle est aujourd’hui à la retraite et vit paisiblement dans les pâturages de Haute-Ajoie.
Confiance réciproque
«Le mercredi et le samedi, elle est encore montée par les enfants, qui l’adorent. Et c’est pareil pour ses poulains: tout le monde se bat pour se balader avec eux.» Quel est le caractère d’Élégante? «C’est une battante de 500 kilos. Elle ne sait sûrement pas pourquoi, mais elle va toujours en avant. Elle tire toujours. C’est une éternelle impatiente avec un cœur énorme.»
«Notre relation est basée sur la confiance, décrit Chantal. Je ne trouve pas les mots. C’est presque inexplicable. Si je suis sur son dos, ma confiance est à 300% et le feeling est entier, alors que, quand c’est un ou une jeune, ce n’est vraiment pas pareil. Il y a une façon de la tenir et de la conduire, un équilibre de force à mettre. C’est peut-être la clé avec elle. Ou ma voix, ma façon de la caresser et de prendre soin d’elle.» Le meilleur moment de la journée? «Lorsque j’arrive le matin avec la nourriture.»
Leurs indispensables




Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.













