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Prix littéraireChloé Delaume décroche le Médicis

L’écrivaine française, 47 ans, remporte avec «Le cœur synthétique» le seul prix attribué pour l’heure dans l’Hexagone, les autres jurys préférant attendre la réouverture des librairies françaises.

L’écrivaine française Chloé Delaume en 2016 à Paris.
L’écrivaine française Chloé Delaume en 2016 à Paris.
Joel Saget/AFP

La rentrée littéraire s’accompagne habituellement de ses nombreux prix, tous plus prestigieux les uns que les autres. Mais les attribuer fait-il encore sens alors que les librairies françaises sont obligées de fermer? Certainement non, a fortiori quand on sait l’impact sur les ventes qu’occasionne l’élection des Goncourt, Renaudot, Femina ou Interallié. Or, en cet automne 2020, si tous les jurys ont choisi d’attendre la réouverture des magasins, il en est un, en tout cas, qui a préféré jouer à part: le Médicis a certes pour vocation première de mettre en avant le texte d’un auteur peu ou pas connu, sinon mésestimé. Est-ce un moindre mal, dans ce cas, d’avoir annoncé l’heureux élu?

Le Médicis 2020, catégorie roman français, va à Chloé Delaume pour son roman «Le cœur synthétique», édité au Seuil. Fameuse auteure qui mérite en effet qu’on la découvre plus avant. L’écrivaine française, née en 1973, signe depuis le début des années 2000 une série ininterrompue de romans, récits et nouvelles bien installés dans le régime de l’autofiction, notamment le remarqué «Le cri du sablier» en 2001. Mais aussi foule d’ouvrages explorant des styles narratifs divers et variés tel que le livre jeu («La nuit je suis Buffy Summers» en 2007, d’après la série télé «Buffy contre les vampires») ou l’écriture dite numérique, mêlant textes, images et sons pour «Alienare» en 2015. En 2019, l’autrice publiait enfin «Mes biens chères sœurs», manifeste en faveur de la sororité. Artiste polyvalente, Chloé Delaume a écrit également pour le théâtre ainsi que pour la musique, au sein du groupe Dorinne Muraille.

Le Médicis du roman étranger a quant à lui été attribué à l’Espagnol Antonio Muñoz Molina pour «Un promeneur solitaire dans la foule», également au Seuil. Le prix essai échoit au Norvégien Karl Ove Knausgard pour «Fin de combat».