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Voile – 85e Bol d’Or Mirabaud
Le «sorcier du lac» enrôle trois Mettraux pour un 10e succès

Decision 35 class "W-Team" sailboat lead by Swiss skipper Christian Wahl is pictured at the start of the 84th "Bol d'Or" sailing race, in front of the Geneve water fountain (jet d'eau de Geneve) on Lake Geneva, in Geneva, Switzerland, Saturday, June 10, 2023. 421 boats registered for this weekend's Bol d'Or, the largest sailing race held on a lake in Europe. (KEYSTONE/Valentin Flauraud)
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Les Mettraux sont presque insaisissables. La fratrie paie le prix fort de sa compétence et de son appétit des grands espaces. Fait assez unique dans l’histoire de la voile, les cinq enfants de cette famille de Versoix sont devenus des marins professionnels. Qui sur le lac, qui sur la mer. Peu importe le plan d’eau, pourvu qu’il y ait l’ivresse du travail bien fait, du bord parfait, de voiles réglées au millimètre. C’est sur un bateau familial que le plaisir de glisser sur l’eau a été répandu comme une traînée de poudre, il y a une trentaine d’années. Du Léman à l’océan, Elodie, Justine, Bryan, Laurane et Nelson sont devenus des géants. Acteurs incontournables du milieu. Depuis plus de dix ans, chacun a tracé sa route, intégrant les projets les plus variés. Mais toujours en regardant vers le haut.

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Le club des cinq passe sa vie sur l’eau. À Versoix, Lorient, Hyères. Aux quatre coins du monde, aussi, en fonction de leurs engagements sur les courses et les championnats les plus relevés. Ils ne font que se croiser de temps à autre au hasard d’un ponton concomitant. «C’est presque un exploit et une victoire en soi d’avoir réussi à en réunir trois au sein de mon équipe, s’amuse Christian Wahl. L’idée est venue d’eux. Aux environs de Noël, j’ai reçu un message de Nelson, me disant que trois Mettraux étaient partants pour l’édition 2024 du Bol d’Or. J’ai d’abord cru à une blague mais très vite la confirmation est venue de chacun d’entre eux.»

Tout avait pourtant commencé sur une sorte de boutade. Après la 9e victoire du «sorcier du lac», acquise avec un équipage hétéroclite pour les besoins du projet Sailing Squad de Mirabaud, sponsor titre de la plus importante régate en bassin fermé du monde, que faire en 2024? «On s’est regardés et on s’est dit: j’ai gagné le Bol d’Or neuf fois, ce serait sympa d’aller chercher la dixième avec que des Mettraux à bord, raconte Christian Wahl. J’ai gagné avec tous les frères et sœurs de la famille. Mais une seule fois, il y en avait plus d’un à bord. C’était en 2010, sur le Ladycat de Dona Bertarelli avec Justine et Elodie. Sinon, c’était une fois avec Bryan, une fois avec Nelson et une autre fois avec Laurane.»

Une histoire commune

De la boutade lancée à la cantonade à sa réalisation, il n’y aura eu que l’impossibilité de réussir la passe de cinq. Elodie est retenue en Bretagne sur un projet de Trophée Jules Verne 100% féminin. Nelson, lui, est engagé sur le TF35 Ylliam 17, propriété de Julien Firmenich, et participe au Bol d’Or en tant qu’adversaire. C’est donc un trio qui sera réuni sur le D35 de Christian Wahl. «C’est vraiment un projet qui coule de source, dit-il. Nous avons une histoire commune et je les ai vus grandir sur le lac avant de devenir tous d'excellents navigateurs. C’est un réel plaisir de les réunir tous les trois. Pas besoin de long discours pour savoir que tout se passera bien à bord. Ils connaissent tous le bateau et même si Bryan et Justine n’ont plus navigué dessus depuis longtemps, cela ne posera pas de problème.»

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Le D35, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie heureusement pas. «Ce sera mon premier Bol d’Or depuis 2011, souligne Justine Mettraux. Je suis vraiment contente de retrouver cette course et ce bateau performant. D’autant plus que cela va se passer avec Christian, mon frère et ma sœur, ainsi que Matthieu Cadei et Romuald Hausser, deux navigateurs genevois que je connais très bien depuis de nombreuses années. Pour moi, le calendrier était serré avec deux transats ce printemps, dont la dernière s’est terminée mardi aux Sables-d’Olonne. J’ai juste le temps de sauter dans un avion pour rejoindre l’équipe car une invitation de Christian Wahl, ça ne se refuse pas.»

Même son de cloche chez Bryan, l’un des piliers d’Alinghi Red Bull Racing. «J’ai obtenu la possibilité de venir ce week-end à Genève pour le Bol d’Or malgré un emploi du temps très chargé à Barcelone. C’est un super projet et sans doute la seule occasion pour moi de naviguer cette année sur le lac. J’ai déjà trois Bol d’Or à mon actif, en 2012 et 2015 avec Tilt, et en 2018 déjà avec Christian Wahl. Mais aller chercher la dixième pour lui et la quatrième pour moi, en famille et avec des amis, aurait une saveur toute particulière.»

Alors, trois Mettraux sur un bateau, ça donne quoi? «Ça va très bien se passer, s’amuse Laurane, qui rempile après le succès de l’an passé. Nous avons tous nos qualités et nous n’avons pas besoin d’en rajouter pour nous comprendre et collaborer avec tout le monde à bord. On est vraiment dans le plaisir de se retrouver, mais une fois en régate, je n’ai aucun doute sur le fait que le naturel va revenir au galop et qu’on sera tous en mode performance.»

La référence Wahl

Tout devrait donc être fluide. C’est aussi le souhait de Christian Wahl, qui a besoin de cette zénitude pour être en harmonie avec le lac. «Christian, c’est la référence absolue, témoigne Bryan. J’adore naviguer avec lui car c’est un homme de peu de mots. Il observe, analyse, décide, communique. Pour moi, ce n’est pas le «sorcier du lac», comme on le surnomme, c’est plutôt le «savant du lac». Il n’y a pas de magie derrière toutes ses victoires mais une vraie science.»

Un pragmatisme qui colle parfaitement avec l’esprit de la famille Mettraux, laquelle a su séduire le monde de la voile à force de volonté et de travail. Course au large, Coupe de l’America, Sail GP, et Bol d’Or, bien sûr, rien ne résiste aux Mettraux. Au point d’en devenir insaisissables aussi pour leurs adversaires.