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L’invitéCHUV: mieux vaut une gouvernance efficace que moderne

Bernard Decrauzat se réjouit que l’hôpital universitaire sauvegarde son statut de service de l’État.

Tout un chacun peut mesurer les conséquences de l’épidémie Covid sur l’accès aux soins et le fonctionnement du CHUV. L’importance de la gouvernance de notre hôpital universitaire, un service public en relation directe avec l’État, prend sa pleine dimension. Or, l’objet de la gouvernance du CHUV est traité dans le préavis du Conseil d’État en réponse à l’initiative parlementaire «Pour une gouvernance moderne au CHUV», qui souhaitait l’autonomiser.

Il en résulte un contre-projet, fruit d’un consensus politique assurant la cohérence et la stabilité institutionnelles. Le CHUV sera ainsi doté d’un Conseil stratégique de neuf personnes choisies hors des élus en fonction de leur intérêt et de leur expertise.

«L’enjeu est de développer et pérenniser les missions de soins, d’enseignement, de formation et de recherche.»

La modernité n’est pas un critère de gouvernance mesurable; c’est la meilleure efficacité au service de la population qui doit être recherchée. L’enjeu est de développer et pérenniser les missions de soins, d’enseignement, de formation et de recherche universitaires au travers d’objectifs stratégiques validés par les instances politiques. Il s’agit aussi de doter le CHUV de moyens humains, techniques et financiers lui permettant de dispenser des prestations de qualité en accord avec ses valeurs éthiques.

À cet effet, les avantages d’un service de l’État doté d’une autonomie de gestion large l’emportent sur ceux d’un statut nécessitant un conseil d’administration et donc un niveau de décision supplémentaire, source de problèmes avérés. C’est notamment le cas dans un environnement hospitalier confronté à une crise sanitaire, à des contraintes légales croissantes, à la pression économique et à des attentes sociétales nombreuses. De surcroît, le modèle actuel ne limite pas le contrôle parlementaire, ni les collaborations avec les instances sanitaires publiques et privées. Mieux vaut donc une gouvernance efficace que moderne.

L’essor du CHUV, entre forces et faiblesses, est dû à un processus constant de questionnement et d’amélioration. Le contre-projet confirme cette voie en créant cette instance indépendante.

Renforcer l’excellence

Si certains estiment la modernité insuffisante, le CHUV bénéficiera, lui, d’une réelle plus-value, à savoir: un regard extérieur analytique et prospectif, une force de proposition et de préavis, une fonction d’appui et d’accompagnement. Aux membres de ce futur conseil d’exercer leur mandat sans se départir d’une écoute de celles et ceux qui recourent et contribuent aux soins et au fonctionnement du CHUV. Ils renforceront ainsi l’excellence de l’hôpital universitaire vaudois.

Il convient de relever avec satisfaction tant le contre-projet du gouvernement que la vision pragmatique des initiants qui l’ont rallié. Le résultat privilégie l’efficience à des solutions qui peuvent faire impression sur le moment mais dont l’issue n’est pas une garantie de réussite. C’est l’occasion pour le soussigné de se souvenir, d’encourager et de saluer avec reconnaissance le personnel du CHUV.

4 commentaires
    DF

    Rien compris.