Sorties cinémaQuels films aller voir en salles cette semaine?
Un documentaire sur Joan Baez, une comédie coquine, un premier film dans l’air du temps, et Godzilla qui retrouve King Kong.
«Joan Baez – I am a Noise»

Joan Baez, sa vie, son œuvre. Enfin pas tout à fait. Ce documentaire, relativement peu hagiographique, fait surtout la lumière sur la relation de la chanteuse folk avec ses sœurs, sur des secrets d’enfance et des pans peu connus de sa vie - se souvenait-on qu’elle avait vécu deux ans avec une femme? A contrario, il est ici relativement peu question de musique. On la voit lors de sa dernière tournée, en 2018 et 2019, ou à travers quelques documents d’archives. Ce portrait la filme loin du showbiz, ce qui est tout à fait raccord avec le personnage, et dans une certaine isolation qu’on sent désirée.
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Cosigné par Miri Navasky, Karen O’Connor et Maeve O’Boyle, coproduit par Patti Smith, «Joan Baez – I am a Noise» reste par exemple relativement silencieux et discret sur la romance de la chanteuse avec Bob Dylan. Le film situe aussi son activisme politique, cet engagement qui a valeur de combat. En début de métrage, une citation de Garcia Marquez donne le ton: «Tout le monde a trois vies : la vie publique, la vie privée et la vie secrète.» À travers les propos de Joan Baez, on ressent en tout cas certaines confusions entre les trois. C’est peut-être dû au fait qu’elle a débuté extrêmement jeune, à 18 ans, propulsée dans un monde sans doute trop large pour elle. «Pour une raison quelconque, j’étais la bonne voix au bon moment», raconte-t-elle en évoquant comment elle est devenue star du jour au lendemain, suite à une prestation au Newport Folk Festival.
Le portrait intime finit de toute évidence par dominer ce métrage qui ne cesse de s’éloigner des pistes biographiques qu’on pourrait s’attendre à y trouver. Il s’agit aussi pour elle de solder son propre passé devant une caméra, de s’affranchir de souvenirs trop lourds. A contrario, certains éléments de sa vie sont absents du métrage, telle sa liaison avec Steve Jobs. Dans le même ordre d’idées, les chansons sont dans l’ensemble peu présentes. Mais le regard sonne juste et le film impose son point de vue.
Note: ***
«Godzilla x Kong – le nouvel empire»

Répétitif et assourdissant. «Godzilla x Kong – le nouvel empire» n’est que technique, effets, cris et destruction. Pas une seconde on ne souffle dans ce long métrage. En revanche, on voyage. Rome, l’Égypte, Rio de Janeiro. Lieux idylliques ou majestueux aussitôt saccagés par les combats de bêtes primitives et pataudes qui reproduisent sempiternellement les mêmes hurlements, les mêmes expressions.
Ce monde-là, qui appelle l’exploration – le mythe de la terre creuse alimente un scénario trop sommaire –, se complaît au contraire dans l’extermination. Ce qui est lassant et peu esthétique. Pour apprécier le résultat, il faut aimer les combats de dégénérés. Entre deux séquences titanesques, des scientifiques, une petite fille muette et un aventurier bellâtre, qu’on croirait sorti de «Koh-Lanta», font semblant de s’intéresser à ce qui se passe. Mais la fascination pour le vide a ses limites.
Note: °
«Et plus si affinités»

Des voisins qui invitent leurs voisins à dîner. Deux couples, quatre personnages, pour un huis clos où la gêne le dispute à la libération. Car de fil en aiguille, la discussion ne va pas tarder à se fixer sur une envie, pas nécessairement partagée, et une proposition que les uns font aux autres. Soit des velléités d’échangisme. La proposition est inédite, elle génère des moments cocasses dans un film tourné dans un lieu unique, comme une pièce de théâtre, avec quatre comédiens qui ne s’enfuient jamais de ce dispositif.
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Les mœurs des uns déteindront-elles sur celle des autres? Tel est le dilemme posé dans ce film cosigné par Olivier Ducray et Wilfried Meance, et porté par les prestations de quatre comédiens qui prennent leurs rôles à bras-le-corps. «Et plus si affinités» est en réalité le remake d’un film espagnol. Afin de ne pas se priver d’une réaction possible en contrechamp, il a été tourné à deux caméras. Et à l’épaule. Résultat tonique et détonant.
Note: **
«Levante»

Une jeune joueuse de volleyball, bisexuelle et membre d’une équipe inclusive, apprenant qu’elle est enceinte la veille d’un grand championnat, a l’intention de se faire avorter illégalement. Mais un groupe fondamentaliste la prend pour cible. On ne peut pas dire que cette trame ne coche pas toutes les cases d’une certaine bien-pensance actuelle. Il n’en manque à vrai dire aucune dans ce portrait d’une jeune femme bourré de tonus et d’énergie mais assez mal servi par une mise en scène brouillonne.
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Lillah Halla, réalisatrice brésilienne, signe avec «Levante» un premier long-métrage dans lequel on sent bien qu’elle a envie de tout mettre. Mais qui trop embrasse mal étreint, et sa vitalité un peu foutraque n’a pas valeur de signature. Le film charrie les défauts d’un premier film, sans cette plus-value prometteuse qu’on peut déceler dans certains métrages. Décevant, surtout lorsqu’on sait l’engouement qu’a suscité le film l’an passé à la Semaine de la critique à Cannes.
Note: *
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