Sorties cinémaQuels films aller voir cette semaine?
Un cru hebdomadaire assez moyen. Le Todd Haynes, «May December», sans être son meilleur film, parvient sans problème à surclasser toutes les autres sorties.
«La couleur pourpre»

Réaliser un remake, sous la forme d’une comédie musicale, d’un célèbre film dramatique de Spielberg d’il y a quarante ans s’imposait-il? La réponse est non. Même si les mentalités ont encore évolué en ce qui concerne les sujets évoqués, la condition de la femme et des Noirs, le racisme et la ségrégation. Peu compatible avec des numéros chantés, l’évocation des douleurs individuelles et de la souffrance d’un peuple se voit cantonnée, dans ce film de Blitz Bazawule, à une dimension spectaculaire et pétaradante presque gênante.
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Comme pour mettre encore davantage en péril l’entreprise, la musique elle-même (Kris Bowers) singe ce qui se fait de pire à Broadway, sans doute pour mieux nous endormir. Pour faire simple, on surnage ici dans un océan de mièvreries assaisonnées de bonne conscience et d’académisme gnangnan. Un cinéma hors d’âge sans aucun intérêt.
Note: °
«Vivre avec les loups»

Dans le documentaire animalier, le loup se taille la part du lion, si l’on ose dire. Avec les manchots, peut-être. Nous revoici en compagnie de Jean-Michel Bertrand, qui s’est fait une spécialité d’approcher, puis de filmer les loups. Après «La vallée des loups» et «Marche avec les loups», il clôt une sorte de boucle, qu’on pourrait appeler trilogie, en s’approchant au plus près de l’animal, quitte à partager non pas son habitat, mais son environnement.
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C’est toujours aussi beau, l’immersion fonctionne parfaitement, le suspens demeure et la voix du conteur/cinéaste nous entraîne à sa suite comme si on y était. Certes, l’ensemble est confortable et on sait exactement où l’on pose les pieds (ou plutôt les rétines). «Vivre avec les loups» n’atténue pas les craintes qu’on peut éprouver face à cet animal, mais il nous familiarise avec lui comme si on allait le croiser au coin de la rue. Attachant.
Note: **
«Un coup de dés»

Voici un film carré, tout du moins l’un de ces récits qui devraient s’arc-bouter sur les bonnes vieilles recettes du drame psychologique, avec amitiés trompées, vérités cachées et retournements dramatiques parfaitement orchestrés. Sauf que tout cela ne fonctionne pas vraiment. Et que le film s’égare dans on ne sait quelles promesses non tenues. Deux amis très proches (Guillaume Canet, Yvan Attal), l’un ayant sauvé la vie de l’autre, partis s’installer à Nice avec leurs femmes, semblent promus à une sorte de bonheur idéal, voire utopique.
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Mais tout dérape le jour où Attal tue par accident la maîtresse de Canet. D’un scénario noir, tiré d’un roman d’Eric Assous, Yvan Attal, qui passe pour la huitième fois derrière la caméra, se vautre dans un film paresseux duquel on ne sauvera que quelques seconds rôles. «Un coup de dés» tombe mal dans la carrière d’un acteur/cinéaste actuellement empêtré dans des déclarations pro-Depardieu et il aimerait bien voir se rétracter depuis qu’il a signé la fameuse lettre de la honte. Depuis, les gens appellent au boycott de son film. Démarche peu utile, il n’y a de toute façon rien à y voir.
Note: *
«Le voyage à Eilat»

Sorte de road trip entre un père et son fils, «Le voyage à Eilat» réunit deux destins pour un périple en forme de rencontre insolite. On traverse Israël en tracteur en moins d’une semaine, sans parler de politique même si on baigne dedans du début à la fin.
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Ce film de Yona Rozenkier est à la fois cocasse et profond, léger et dramatique. Primé au festival de Jérusalem, sélectionné l’an passé à Soleure, il a le mérite d’une certaine originalité et d’un ton neuf pour aborder certains thèmes.
Note: **
«Tout sauf toi»

Deux célibataires qui se rencontrent et ont le coup de foudre l’un pour l’autre sans le savoir. Tout est dit ou presque. Un tel ramassis de clichés, éculés et ringards, reste heureusement assez rare.
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Littéralement, rien ne fonctionne ici. Ni la mise en scène, fadasse et laide. Ni la direction d’acteurs, aux abonnées absentes. Ni les comédiens eux-mêmes, moins expressifs qu’une salade aux endives sans assisonnement. Ni la pseudo-modernité du contexte, soit un mariage entre filles pour se donner bonne conscience. À fuir.
Note: •
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