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AboClimat
Canicules et incendies rendent l’air de plus en plus irrespirable

Cet été, les mégafeux au Canada ont enveloppé New York d’un brouillard de fumée orange, exposant les habitants à des gaz nocifs.
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L’image des New-Yorkais masqués dans une ambiance de fin du monde est peut-être celle que nous retiendrons de cet été caniculaire et incendiaire. Au-delà du bilan catastrophique pour l’environnement, c’est notre santé qui est en jeu. La qualité de l’air que nous respirons se détériore à mesure que le réchauffement climatique déploie ses effets sur la planète.

«Le changement climatique et la qualité de l’air ne peuvent être traités séparément. Ils vont de pair et doivent être abordés ensemble pour briser ce cercle vicieux», a insisté mercredi le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas. En clair, ce ne sont pas seulement les températures élevées qui constituent un danger pour l’humanité, mais aussi les effets de la pollution qui en résulte, souvent négligés mais tout aussi pernicieux.

«Le changement climatique et la qualité de l’air vont de pair et doivent être abordés ensemble pour briser ce cercle vicieux.»

Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM

Ce sont justement ces vagues de chaleur de 2022 qui sont au cœur de son bulletin annuel sur la qualité de l’air et du climat. Causant des incendies dans le nord-ouest des États-Unis, elles ont, à l’instar des canicules accompagnées d’intrusions de poussières du désert en Europe, abaissé dramatiquement la qualité de l’air l’année passée.

Si les observations se reportent à l’année 2022, «ce à quoi nous assistons en 2023 est encore plus extrême, prévient Petteri Taalas. Le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré, avec une chaleur intense dans de nombreuses zones de l’hémisphère Nord, une situation qui s’est poursuivie en août». Et les incendies aux Canada sont «responsables d’un abaissement de la qualité de l’air à des niveaux dangereux pour des millions de personnes et du déplacement de panaches de fumée dans l’Atlantique et jusqu’en Arctique».

Cocktail nocif

Le rapport de l’OMM conforte les observations actuelles de Cathy Clerbaux, chercheuse au CNRS au Latmos à Paris et professeure à l’Université libre de Bruxelles, qui suit par satellite la circulation des fumées des incendies. «Les fumées du Canada sont mesurées tous les jours à cinq kilomètres au-dessus de nos têtes. Ces feux sont impressionnants dans la durée et sans comparaison avec les incendies de 2022.»

«Les feux du Canada sont impressionnants dans la durée et sans comparaison avec les incendies de 2022.»

Cathy Clerbaux, chercheuse au CNRS au Latmos à Paris et professeure à l’Université libre de Bruxelles

Outre le CO₂ qui va poser à long terme un problème pour le climat, les particules de carbone suie, les composés organiques volatiles et le monoxyde de carbone sont particulièrement nocifs pour l’être humain. «Mais c’est surtout le cocktail de l’ensemble qui est mauvais», note la chercheuse.

Les habitants de Pékin font face à des taux élevés de pollution. 6 mars 2023.

Lorenzo Labrador, responsable scientifique de l’OMM au sein du réseau de la Veille de l’atmosphère globale, qui a rédigé le bulletin, évoque un autre exemple très parlant, celui de l’augmentation des concentrations d’ozone au niveau du sol liée à la vague de chaleur qui a touché l’Europe en 2022. Des centaines de sites de surveillance de la qualité de l’air ont enregistré des niveaux supérieurs à la limite préconisée dans les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (soit de 100 μg/m3 par jour).

«Cette situation s’est d’abord produite dans le sud-ouest de l’Europe, puis en Europe centrale et enfin dans le nord-est, à la suite de la propagation de la vague de chaleur sur le continent. Cela se voit très clairement sur nos graphiques, le lien est évident.»

L’ozone en surface, principalement émis par le trafic routier et les activités industrielles, est responsable d’infections respiratoires et d’accidents vasculaires cérébraux. «Tous ces gaz en général affectent surtout les personnes fragilisées, par exemple les bébés prématurés ou les personnes âgées ou asthmatiques», rappelle Cathy Clerbaux.

Les campagnes de réduction de la vitesse sur les autoroutes peuvent faire baisser les pics d’ozone, comme ici à Colmar, en France, en été 2022.

L’ozone impacte également l’agriculture. Au niveau mondial, les pertes de récoltes dues à l’ozone oscillent en moyenne entre 4,4% et 12,4% pour les cultures vivrières de base, les pertes de blé et de soja pouvant atteindre 15 à 30% dans les principales régions agricoles de l’Inde et de la Chine, note le bulletin.

Végétaliser les villes

La tendance des villes à s’agrandir exacerbe également les problèmes de pollution et d’îlots de chaleur, rappelle l’OMM. Des observations recueillies récemment à São Paulo, au Brésil, ont montré l’effet positif des espaces verts sur la baisse des températures et la réduction des émissions de CO₂. «Mais les villes ne sont pas toutes égales face à la planification et aux moyens accordés à ces espaces verts, rappelle Lorenzo Labrador. Certaines restent des îles de béton.»

Les villes cherchent aussi à améliorer la qualité de l’air en poussant les gens à abandonner les véhicules polluants. Londres a récemment multiplié par 18 sa zone à faibles émissions, devenue ainsi la plus grande du monde. Mesure impopulaire mais qui pourrait réduire de 20% les taux d’oxyde d’azote et de particules fines.

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