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Éditorial – Votations fédérales et cantonale
Climat, un petit oui pas très rassurant

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Quelle est la brochure la plus ennuyeuse sur les deux votations dominicales sur la protection du climat? En toute subjectivité, on s’embête encore plus en lisant le livret vaudois que son cousin fédéral. Mais c’est peut-être bien parce que le contre-projet indirect à l’initiative sur les glaciers a le mérite d’être beaucoup plus explicite sur les solutions et les moyens mis en œuvre.

Mais, pour précipiter les gens aux urnes sur la question, on repassera. L’objectivité de la neutralité carbone ne peut pas se contenter de chiffres apocalyptiques, anxiogènes et d’un vocabulaire jargonneux étalé sur des phrases qui font cinq lignes. La crise actuelle mérite mieux qu’une communication empruntée au siècle passé. Soyons ludiques et imaginatifs, même sur une question aussi complexe.

Par rapport à la loi sur le CO2 (59,7%), le taux de participation chute de 18 points. La question du climat mobilise moins même quand, ce 18 juin, la température flirte avec les 30 degrés. Certaines poches qui avaient dit non il y a deux ans, y compris dans le canton de Vaud, ont glissé vers le oui.

Plus simpliste que simple, l’UDC a abattu trois cartes. Dont celle, paradoxale pour un parti souverainiste, de préférer aller acheter ailleurs et meilleur marché l’énergie polluante. Seul contre tous, le parti a brandi la menace de nouvelles taxes, mais l’argument des investissements, notamment en Suisse, a pris le dessus.

L’UDC n’a pas totalement perdu

Enfin, nous faire croire qu’une centrale nucléaire est plus jolie dans le paysage que des éoliennes, des barrages ou du solaire est une vaste escroquerie esthétique tant tout ça est subjectif. D’ailleurs, les habitants d’Anniviers, dans le beau val éponyme, ont plébiscité un parc de panneaux photovoltaïques, juste à côté de l’arrivée d’un télésiège de Grimentz, où la vue sur la nature est déjà un peu «gâchée».

«Pourtant, si l’UDC n’a pas gagné, elle n’a pas totalement perdu.»

Pourtant, si l’UDC n’a pas gagné, elle n’a pas totalement perdu. Moins de 60% de votes positifs pour une loi «carotte» qui caresse le porte-monnaie dans le sens du poil plutôt que de le hérisser, c’est loin d’être un blanc-seing pour les camps gagnants. Qui ont cette fois-ci habilement tiré les conséquences de l’échec de la loi sur le CO2.

Mais on ne baissera pas la température sans renforcer, à un moment ou un autre, le principe du pollueur-payeur. Et ce sera compliqué, car l’argument «Not in my crapaud» paie encore. Dimanche, sur une initiative cantonale visant à multiplier par trois la rénovation énergétique des anciens bâtiments, six Argoviens sur dix ont dit non, notamment parce que ça allait coûter cher au citoyen.